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La lutte contre la drogue s’avère inefficace

Tous les acteurs sur le terrain tirent la sonnette d'alarme. Mais aucun plan d'urgence n'a été décrété pour récupérer ces jeunes accros à la drogue. Le nombre de toxicomanes en Algérie a atteint 300 000. Ce chiffre effrayant a été communiqué par Abdelkrim Abidat, président de la Fédération des associations de prise en charge des jeunes, à l'APS. Les statistiques sont loin de refléter la réalité du terrain dans la mesure où les données des associations ne représentent que les toxicomanes ayant bénéficié d'un traitement dans les centres spécifiques. La montée de la violence qui se manifeste sous plusieurs formes dans les villes s'est étendue jusqu'aux patelins et petits bourg isolés. Tous les acteurs sur le terrain tirent la sonnette d'alarme. Mais aucun plan d'urgence n'a été décrété pour récupérer les jeunes qui se retrouvent malgré eux dépendants des stupéfiants. Selon la même source, la majorité des toxicomanes sont âgés entre 15 et 35 ans. Les femmes représentent 3% du taux global. On sniffe à l'école ! La Direction générale de la Sûreté nationale (DGSN) a organisé, en coordination avec la Fédération des associations ayant pour vocation la prise en charge des jeunes, une journée de sensibilisation à la plage de Sidi Fredj. Mais qu'est-ce une telle journée pour des personnes qui sont déjà sous l'emprise de la drogue ? Comme en témoignent certains enseignants, la drogue a été introduite dans les lycées et les collèges. La proximité dans la classe des redoublants - maintenus par le système éducatif jusqu'à l'âge de 16 ans en dépit de leurs faibles résultats scolaires et leur mauvaise conduite - avec des collégiens de 11 à 12 ans favorise la propagation de ce fléau. Le contact de ces deux groupes fait en sorte que ces derniers deviennent une proie de ceux qui font de l'école un terrain pour faire écouler leur marchandise (stupéfiants). Un enseignant du cycle moyen en retraite appelle au retour du système des classes spéciales pour les redoublants et sa généralisation aux CEM et aux lycées. Car, en plus de la perturbation de la conduite de bons élèves, c'est dans les écoles que commence la constitution des leaders qui deviennent plus dangereux une fois exclus et jetés à la rue. Ainsi, les méthodes de lutte contre ce fléau ont montré leurs limites, comme en témoignent les chiffres. C'est pourquoi «le financement des enquêtes sur le phénomène de la drogue et la prise en charge sérieuse de la question par les spécialistes : sociologues, psychologues, pédagogues... demeure l'alternative qui permet d'atténuer le phénomène», estime notre interlocuteur qui a mis l'accent sur l'importance d'offrir un cadre de vie à ces jeunes. Cet enseignant, qui souligne que la drogue a touché même les personnes aisées, insiste sur le fait que les bidonvilles et les quartiers défavorisés sont le milieu le plus propice pour la prolifération de ce genre de fléau. Ce pédagogue appelle à repenser la famille de fond en comble et à déterminer le rôle de chacun des acteurs sociaux : les parents, l'école, les centres de loisirs et sportifs et les maisons de jeunes. «Lorsque l'adolescent arrive à occuper son temps d'une manière positive, le phénomène baissera de fait», explique ce retraité de l'éducation.

El Watan

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