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Des casques bleus accusés de viol en Haïti

Les casques bleus, violeurs en série? L’ONU, déjà embarrassée par des accusations d’abus sexuels à l’encontre de ses soldats en Côte d’Ivoire vient d’ouvrir une enquête sur des faits similaires en Haïti, indique RFI le 7 septembre 2011.

Cinq casques bleus uruguayens sont en effet mis en cause dans le viol d'un jeune Haïtien de 18 ans, Johnny Jean, dans la base onusienne de Port-Salut (sud du pays). La scène aurait été filmée à l’aide d’un téléphone portable, mais l’organisation internationale affirme ne pas avoir encore de preuves formelles. Sur la vidéo, qui circule sur Internet, on peut voir des militaires rire en plaquant le visage d’un jeune homme sur un matelas.

«Nous ne connaissons pas l'origine ni l'authenticité de la vidéo», a déclaré Eliane Nabaa, une porte-parole de l’ONU, refusant de commenter les images. «Nous enquêtons.»

Côté haïtien, le magistrat Paul Tarte a également ouvert une information judiciaire. Il a par ailleurs annoncé enquêter sur le cas d'adolescentes haïtiennes qui seraient tombées enceintes après avoir eu des relations sexuelles avec des soldats de l'ONU.

En attendant, le chef du bataillon uruguayen de la mission onusienne en Haïti (Minustah) a été démis de ses fonctions, et les cinq violeurs présumés confinés dans leur caserne. Ils devraient être rapatriés dans leur pays dans le courant de la semaine.

«Si les faits sont avérés, les casques bleus seront traduits en justice», a ajouté Eliane Nabaa.

Un millier de personnes s’étaient rassemblées lundi 5 septembre devant les locaux de la base onusienne de Port-Salut, pour dénoncer les abus divers commis par les soldats uruguayens cantonnés dans cette région, rapporte le site Haiti Press Network.

«Qu’on le veuille ou non, la Minustah doit partir», martelaient les manifestants.

Une hostilité populaire qui pourrait aller en croissant, alors que l’ONU se trouve régulièrement confrontée à des affaires d’abus sexuels impliquant ses soldats.

D’autres accusations ont été portées mi-août contre des casques bleus chargés du maintien de la paix en Côte-d’Ivoire (Onuci). Une enquête est en cours sur plusieurs cas de viols de mineures perpétrés dans l’ouest du pays.

«Si ces allégations sont fondées, il reviendra aux pays d'origine de ces casques bleus de prendre les mesures appropriées contre les personnes concernées», a déclaré l’Onuci dans un communiqué, le 2 septembre.

Quoi qu’il en soit, les Nations unies ont promis une «politique de tolérance zéro» à l’égard des auteurs de violences sexuelles.

Lu sur RFI, Panapress