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RDC: l'envoyée spéciale de l'ONU appelle le M23

L'envoyée spéciale de l'ONU pour les Grands Lacs, Mary Robinson, a exhorté lundi à Goma les rebelles congolais du M23 à "désarmer" alors que les Forces armées de la République démocratique du Congo (RDC) envisagent de poursuivre leur offensive après leur récente progression.

Le Mouvement du 23 mars (M23) "doit cesser la violence, doit se désarmer comme le Conseil de sécurité (de l'ONU) l'a demandé", a déclaré Mme Robinson après avoir rencontré Julien Paluku, gouverneur du Nord-Kivu, la province dont Goma est la capitale.

On a essayé "une réponse militaire qui a réussi", maintenant "il y a une fenêtre de possibilités politiques", a-t-elle ajouté, insistant une nouvelle fois sur la nécessité de privilégier également une résolution politique au conflit qui oppose le M23 aux forces loyalistes depuis mai 2012 dans cette province riche et instable.

"La RDC et la région ont besoin de paix, de stabilité et de développement économique. Cela ne peut être réalisé qu'en s'attaquant aux causes profondes du conflit à travers un processus politique global", avait-elle déclaré dimanche à son arrivée à Kinshasa.

Traduisant la lassitude d'une partie de la population, Julien Paluku a déclaré à Mme Robinson que les "pourparlers" étaient "inopportuns" et que, "faute d'une offensive militaire", ses administrés attendaient "purement et simplement la dissolution" du M23.

Réagissant pour l'AFP à l'appel de Mme Robinson, le lieutenant-colonel Vianney Kazarama, porte-parole militaire du M23, a déclaré : "nous sommes prêts a déposer les armes" uniquement "si le gouvernement de Kinshasa répond à notre revendication légitime".

Les rebelles luttent notamment pour une meilleure représentation des droits des Tutsis congolais.

Du 23 au 30 août, l'armée et la brigade d'intervention de la Mission de l'ONU pour la stabilisation du Congo (Monusco) ont repris l'offensive contre le M23, et la rébellion s'est repliée vendredi de la ligne de front, alors à une quinzaine de kilomètres au nord de Goma, pour regagner Kibumba, à une trentaine de kilomètres de la ville, qui semblait desserrée de son étau lundi.

Chômage

"Je suis contente (...) cela fait deux jours que les activités ont vraiment repris en ville", expliquait une commerçante, assise sur son étal au milieu de paires de chaussures de sport pour enfants. "Avant, les gens n'osaient pas trop sortir de chez eux. Mais ce n'est pas encore la fête, le M23 est toujours là. Il est tout proche encore ".

"Très content que le M23 se soit éloigné", Buabe Bunda, chauffeur de poids lourd, peste néanmoins: " Cela fait deux mois que je ne travaille plus. Normalement, je transporte des marchandises" vers le nord, "mais à cause des combats, je ne peux plus passer. C'est le chômage, c'est terrible".

Près de la nouvelle ligne de front, la situation était calme. Un officier supérieur de l'armée a affirmé sous le couvert de l'anonymat qu'une offensive sur Kibumba était prévue "dans un futur proche".

Le porte-parole de l'armée au Nord-Kivu, le lieutenant-colonel Olivier Hamuli, a affirmé pour sa part qu'après les "combats terribles" de la semaine précédente, les troupes de Kinshasa devaient "consolider l'Est sachant que le Rwanda est derrière".

Deuxième front ?

L'ONU accuse le Rwanda et l'Ouganda, voisins de la RDC, de soutenir le M23, ce que les deux pays intéressés démentent.

Mercredi, Mary Robinson doit se rendre à Kampala pour un sommet extraordinaire de la Conférence internationale sur la région des Grands Lacs (CIRGL) et, vendredi, à Kigali.

Il est "très important" que chaque pays signataire de "l'accord-cadre soit sérieux", a-t-elle encore dit, faisant référence au document signé fin février et par lequel 11 pays africains, dont le Rwanda et l'Ouganda, se sont engagés à ne soutenir aucun groupe armé dans l'Est congolais.

"Nous, nous n'attaquons pas", a assuré le lieutenant-colonel Hamuli, laissant entendre que l'armée ne faisait que repousser des attaques rebelles.

Dans un communiqué, le M23 a cependant accusé le gouvernement d'avoir "déjà amassé des troupes et des chars de combat, afin d'ouvrir un nouveau front militaire à Mabenga", localité située à quelque 90 kilomètres au nord de Goma.

Selon une source militaire occidentale, des chars de l'armée ont été déployés récemment aux abords de Mabenga, au nord-ouest de la zone de quelque 700 kilomètres carrés contrôlée par les rebelles.

AFP

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