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Le rappeur Weld El 15 avec sa famille et ses amis le jour de sa sortie de prison, le 2 juillet 2013 / REUTERS
Le rappeur Weld El 15 avec sa famille et ses amis le jour de sa sortie de prison, le 2 juillet 2013 / REUTERS

Après Amina, le rappeur Weld El 15 dans le collimateur de la justice

Deux rappeurs tunisiens, condamnés à 21 mois de prison ferme, ignoraient qu'ils faisaient l'objet d'un procès.

Jugé, condamné, libéré en appel puis de nouveau condamné. Le rappeur Weld El 15, alias Alaa Eddine Yacoubi, se heurte une fois de plus aux murs de la justice tunisienne. Lui et son ami Klay BBJ, ont été condamnés vendredi 30 août à un an et neuf mois de prison ferme. Motif ?  Avoir interprété en concert une chanson considérée comme insultante envers les fonctionnaires, rapporte France Info.

Les deux rappeurs n'étaient même pas présents à leur procès. Ils affirment n'avoir pas été avertis de leur inculpation ni de la tenue de l’audience, révèle le site. Arrêtés le 22 août 2013 après leur concert, les deux musiciens n’ont pourtant pas reçu de convocation du parquet à l’issue de la procédure.

Inculpés pour outrage aux fonctionnaires, atteinte aux bonnes mœurs et diffamation, ils ont été condamnés par contumace pour ces chefs d’accusation et peuvent être incarcérés à tout moment.

France Info a interrogé l’avocat des deux hommes. Pour Me Ghazi Mrabet, également impliqué dans la défense d’Amina Tyler, «cette peine de prison ferme montre que l’acharnement contre la liberté artistique, la liberté d’expression, continue». Il va tenter de faire annuler la procédure en dénonçant des vices de procédure manifestes, précise le site.

Weld El 15 avait déjà été condamné à 2 ans de prison ferme le 14 juin à cause de sa chanson «Boulicia Kleb» («Les policiers sont des chiens») et libéré en appel le 2 juillet 2013. Lors de son arrestation, le 22 août, il affirme avoir été battu par les forces de l’ordre avant d’être relâché.

Une atteinte de plus à la liberté d’expression en Tunisie, déplore le site, qui mentionne une longue liste d’outrages aux droits de l’homme: la condamnation du blogueur Jabeur Mejri à sept ans de prison pour avoir diffusé des caricatures «blasphématoires» sur les réseaux sociaux, l’arrestation de l’artiste Nasreddine Shili pour avoir jeté un œuf en direction du ministre de la Culture tunisien, et celle du caméraman Mourad Meherzi pour avoir filmé cet acte, retrace France Info.

Lu sur France Info

Slate Afrique

La rédaction de Slate Afrique.

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