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Refonte de la nation : Il faut des hommes nouveaux et crédibles

L'on ne dira jamais assez que notre pays est malade de ses dirigeants. Cela est d'autant exact que sans nu doute, l'affairisme, le clientélisme, le parentalisme, l'achat des consciences, l'escroquerie, le favoritisme ont été érigés en mode de gestion et de vie dans notre pays. Ainsi :

 

 

- Dans le domaine de l'administration, il y a eu rupture entre les administrateurs et les administrés à tel point que celui qui a besoin d'un simple papier administratif est obligé de payer le dessous de table s'il n'a pas les bras longs ou il n'a pas de s½ur ou ce cousin, belle s½ur, mère aimée de haut perché.

 

 

Les recrutements dans la fonction publique sont soumis à des contrefaçons qui déshonorent notre peuple. Allez faire un tour dans les paperasses de la fonction publique pour comprendre que là-bas, la compétence est jetée à la poubelle de l'histoire.

 

 

Les responsables de ces actes frauduleux ne s'inquiétaient outre mesure. Bien au contraire ! Ils géraient tout comme leurs choses familiales. Ceux dont la faute est établie reçoivent des nominations : le chien aboie et la caravane passe. Gare à celui qui verrait mal ces contrefaçons !

 

 

Les ministères ne connaissent que des responsables, inamovibles les éternels Dieux des lieux. Notez bien ! Par exemple, au ministère de l'Education, pendant plus de 20 ans, se sont les mêmes têtes qu'on retrouve et cela s'appelle «la culture de l'excellence» !

 

 

- Dans nos hôpitaux, la corruption a atteint son point culminant. Témoin : les patients démunis son abandonnés à leur sort.

 

 

- L'accès au corps militaire était devenu une affaire d'Etat, à moins d'avoir un parent colonel, commandant, à défaut d'avoir une s½ur élue de c½ur.

 

 

- A l'Assemblée nationale, il fallait des hommes et des femmes qui chantent la même chanson. Pendant ce temps, rares étaient et rares sont les élus qui partent rechercher les avis de leurs électeurs sur tel ou tel problème touchant la vie de la Nation.

 

 

Le rejet du code de la famille par les populations en est une parfaite illustration. Ce qui intéresse les élus dans leur grande majorité c'est la masse d'argent qu'ils reçoivent à chaque fin de mois et lors des nombreuses sessions.

Pire, il y en a qui ne se rendre à l'hémicycle que pour toucher les sous. L'on comprend donc pourquoi les élections donnent lieu à des combines de toutes sortes : les coqs s'associent à des chats, des ménagères mélangent pétrole et lait pour boisson.

 

 

- Dans les mairies, on vend et revend les mêmes lots à différents acquéreurs et cela sans la moindre possibilité de protestation des populations. En tout cas, il n'y avait nulle part où se plaindre sans oublier que les pots cassés reviennent de droit aux éventuels plaignants.

 

 

- Dans le domaine de presse, on assiste à tout, sauf le respect de la déontologie du journalisme. On y assiste à l'achat des consciences à tel point que dans certains organes de presse, on se méfie de vérifier les informations avant de les publier. Allez en savoir plus : les billets de banque forment et déforment facilement l'information. Bref, le Mali est malade de ses dirigeants.

 

 

Pour une refonte de notre société, Ibrahim Boubacar Kéita (IBK) doit, sans état d'âme choisir des hommes nouveaux qui n'ont pas participé à la gestion des affaires notamment au département de l'Education, de la santé, car, l'avenir du pays en dépend essentiellement. Il doit se rendre à l'évidence qu'il n'y a pas d'élu de Dieu et que le Mali regorge de cadres compétents et crédibles. Il doit ramener tous les ministres à leur sacerdoce : servir l'Etat, le pays et non s'en servir.

 

 

Ils doivent régulièrement rendre compte de leurs activités. Et chaque fois qu'il y a défaillance, ils doivent céder leurs postes ou alors être démis, car un ministre n'est pas un surhomme. Aussi, les ministres pèsent trop sur un budget qui titube comme le notre, à l'image d'une Assemblée Nationale budgétivore aux dépens des citoyens.

 

Pour tout dire :

Il faut l'audit de tous les ministères avant que les hommes nouveaux prennent fonction. Le peuple malien doit savoir les gâchis causés à son nom et à ses dépens. Aussi, il importe qu'il sache les fonds de caisse que le gouvernement de transition lègue à IBK. Sinon, des gens qui se sont trempés avec Alpha Oumar Konaré et Amadou Toumani Touré travailleront à saper tout l'espoir que notre peuple place en cet homme. S'il n'assainit pas on reposera la faute sur sa tête.

 

Ainsi, il ne doit pas chercher à soigner la plaie sur du pu. Il faut un Premier ministre serviteur de l'Etat et un Président de l'Assemblée Nationale au service de notre peuple laborieux.

 

 

Les responsables de l'éducation, tous ceux y ayant déjà travaillé pendant 05 ans, doivent céder leurs places, si nous voulons une école nouvelle pour fonder l'avenir du Mali.

 

 

Aussi et enfin, IBK se doit de mettre les Maliens au travail : réunir les conditions de travail et exiger des résultats probants. Cela est d'autant indispensable qu'au Mali, on revendique les droits plus que l'on accomplisse les devoirs.

Pour réussir le pari du changement, il faut absolument des hommes non seulement nouveaux, mais aussi crédibles.

Fodé KEITA

 

 

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