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Autant le dire… : Le Sénat, de retour pour toujours ?

Après quelques deux semaines sans Sénat comme véritable plat de résistance, le temps pour le Comité de suivi et d'évaluation de la mise en ½uvre des réformes politiques et institutionnelles de se retrouver et de faire des recommandations et des propositions au chef de l'Etat, le Sénat est de retour dans les débats politiques. Et ce, depuis ce vendredi 30 août quand Bongnessan Arsène Yé, ministre d'Etat, ministre chargé des relations avec le Parlement et des reformes politiques et les membres du comité sont allés remettre les conclusions de leurs travaux à Blaise Compaoré.

En attendant de connaître très prochainement la décision finale que va prendre Blaise Compaoré, Bongnessan Arsène Yé a relancé les débats en ces termes : « Le Comité de suivi et d'évaluation, salue la sagesse et la clairvoyance dont vous avez toujours su faire preuve afin d'assurer la paix et la stabilité de notre pays. Il fonde l'espoir que l'exploitation des résultats de ces travaux vous permettra de dégager des solutions dont la mise en ½uvre favorisera l'opérationnalisation du Sénat dans un climat social apaisé et contribuera au raffermissement de la stabilité, de la cohésion sociale, de la paix et de l'approfondissement de la démocratie au Burkina Faso ». En clair, et pour ne pas une fois de plus devancer la décision qui sera prise, le Sénat sera maintenu. Mais sans doute pas sous sa forme actuel. Et ce d'autant plus que, contenu dans la Constitution, sa non mise en ½uvre demande qu'il soit d'abord mis en place pour être ensuite dissout. C'est pourquoi, toujours selon le ministre Arsène Yé, « les membres du Comité de suivi et d'évaluation de la mise en ½uvre des réformes politiques consensuelles ont travaillé dans un climat de sérénité, d'écoute et de respect mutuel. Conscients de la gravité de leur mission et des attentes que fondent les populations sur les résultats de leurs travaux, ils ont fait montre d'un sens élevé de responsabilité en faisant de la recherche du consensus un principe cardinal ».

Malheureusement, l'opposition politique regroupée autour du chef de file Zéphirin Diabré ne reconnaît pas ce consensus. Et cela peut se comprendre car, depuis son prédécesseur Maître Bénéwendé Sankara, cette partie de l'opposition boycotte d'une façon générale les réformes politiques. En tout cas, celles dans lesquelles elle n'a pas ses intérêts dont principalement le Sénat. Et non pas l'augmentation du nombre des députés qui a permis d'avoir plus de représentants à l'Assemblée nationale ; le vote du discours de politique générale qui sert d'investiture du Premier ministre, etc. On peut bien la comprendre mais, en diabolisant ainsi le Sénat sans que les Burkinabè qui s'y opposent n'en sachent grande chose, l'opposition a manqué de jouer une partie de son rôle qui est de former et sensibiliser ses militants et sympathisants sur la politique d'une façon générale. En ce moment, du Sénat, ils sont très nombreux, surtout dans les rangs des anti qui ne savent pas en réalité ce que c'est ; encore moins son rôle. De son côté, le pouvoir, faut-il le faire remarquer, a manqué lui aussi de sensibilisation et d'information sur les raisons de la création du Sénat. De son organisation à son fonctionnement, de sa composition à son budget et même des émoluments des sénateurs, on n'en sait pratiquement rien. Alors que le débat est tel qu'il faut tout dire aux Burkinabè afin de ne pas laisser s'installer une certaine suspicion.

C'est dire que réussir une opérationnalisation apaisée du Sénat à l'heure où nous en sommes, il faut nécessairement expliquer aux Burkinabè ce que c'est réellement, les convaincre que le Sénat ne vient pas augmenter leurs souffrances quotidiennes et qu'au contraire, il contribuera à associer tout le monde à la construction de la nation. Car, s'il était (ce Sénat-là) aussi mauvais qu'on veut le faire comprendre, aucun pays au monde n'oserait l'instituer. Ce qui n'est pas le cas, même en Afrique.

Dabaoué Audrianne KANI

L'Express du Faso

Le Faso

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