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Le ministère de l’Éducation préfère temporiser

L'application des mesures d'amendement des réformes de l'éducation en vigueur depuis une dizaine d'années ne se fera pas en 2013. Le ministère de l'Education nationale a adopté quelques mesures visant l'allègement du volume horaire pour les élèves du primaire et du moyen et la réduction du poids du cartable pour les élèves de la première et de la deuxième années primaires. La tutelle avait le choix entre l'édition du manuel scolaire en deux parties et la révision de la liste des fournitures scolaires et le travail selon un emploi du temps fixe. La confection d'un nouvel ouvrage impliquerait des moyens logistiques et financiers et ne pourrait donc se faire dans l'immédiat, a laissé entendre le ministre.    Les mesures «urgentes» n'incluent pas, selon le ministre de l'Education, Abdelatif Baba Ahmed, des changements dans les programmes «qui se feront sur le long terme». Intervenant hier lors des travaux de la conférence nationale sur l'éducation tenue au lycée des mathématiques à Alger, le ministre a expliqué que la Commission nationale du programme a proposé, dans le cadre du débat sur l'évaluation des réformes, «une refonte totale, voire radicale, des programmes. Le ministère a émis des réserves, estimant que la révision des programmes se fera sur le long terme». Le dossier de la révision des programmes, vu son importance et son poids, est toujours ouvert. Le débat sur l'évaluation de la réforme et les projets d'amendement continueront donc à être débattus durant cette année, affirme le même responsable en expliquant que le ministère tient toujours à organiser une rencontre sur les résultats des travaux des différentes commissions chargées  de la réforme. «L'application se fera selon les délais et les moyens financiers que ces amendements impliquent», précise M. Baba Ahmed. Interrogé à maintes reprises en marge de cette conférence, le ministre ne donnera pas plus de détails sur les propositions émises par la commission spécialisée, ni sur les points refusés par la tutelle, qui se garde ainsi de porter atteinte aux réformes réalisées au temps de Benbouzid. La généralisation de l'informatique et l'introduction d'une troisième langue au choix pour la filière des langues étrangères seront donc parmi les mesures qui seront intégrées dès la rentrée prévue dimanche 8 septembre. L'Etat continuera dans sa politique de soutien scolaire. Ainsi, selon le même responsable, 3 millions d'élèves recevront une prime de soutien scolaire de 3000 DA. Concernant les craintes exprimées quant à la surcharge des classes, le ministre a minimisé l'ampleur. Tout en détaillant les chiffres concernant les projets réceptionnés (voir l'encadré), le ministre expliquera que des «poches» de surcharge seront enregistrées dans quelques wilayas. Alger est la plus concernée par cette situation. Des classes continueront donc à fonctionner avec des effectifs de 40 à 45 élèves, explique M. Baba Ahmed. Les raisons sont imputables au retard accusé dans la livraison des structures. «Des walis nous ont confirmé que certains projets sont en phase de finalisation (90% de réalisation), mais nous ne les avons pas inclus dans nos calculs. Plusieurs structures pourront être réceptionnées en octobre prochain», explique le même responsable qui estime que concernant la capitale, la priorité a été donnée à d'autres secteurs comme l'habitat, mais celui de l'éducation n'a pas été destinataire de beaucoup de projets, atteste-t-il. Dans d'autres wilayas, l'indisponibilité du foncier ou le manque de capacités de réalisation sont derrière le problème de la surcharge des classes qui concernera 3% des groupes pédagogiques.