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Le tronçon Lakhdaria-Bouira de nouveau en travaux

D'inauguration récente, le tronçon connaît pourtant des opérations répétées de réfection, ce qui pousse à poser de nombreuses questions sur la qualité de sa réalisation. Le tronçon autoroutier Lakhdaria-Bouira se trouve, depuis des années, dans un état de dégradation avancée, mettant la vie des automobilistes en danger. Des dizaines d'accidents mortels y ont été enregistrés. Le département du ministre Amar Ghoul a décidé enfin de lancer les travaux de mise à niveau qui dureront 15 mois. En effet, les travaux dudit tronçon, reliant Lakhdaria à Bouira sur 33 km, ont été entamés mercredi. Au premier jour du lancement de cette opération tant attendue par les usagers, de nombreux embouteillages ont été enregistrés sur plusieurs kilomètres, notamment à proximité des deux tunnels de Aïn Chriki, dans la commune de Djebahia, a-t-on constaté. Des panneaux jaunes installés en plusieurs endroits, sur les deux voies, d'est en ouest, prévenaient les automobilistes sur la dégradation de la chaussée et l'installation des chantiers. Les usagers qui empruntent quotidiennement cette route sont de nouveau confrontés à l'enfer de la circulation sur cette zone. Nombreux sont ceux qui évitent cette route dégradée en empruntant l'ancien itinéraire, par la RN5 traversant les villes de Kadiria et de Lakhdaria en passant par Beni Amrane, dans la wilaya de Boumerdès. De leur côté, les services des travaux publics supervisant le projet ont procédé à la déviation de la circulation routière à l'entrée des communes de Lakhdaria et de Kadiria, et ce, justifient-ils, pour faciliter la tâche aux entreprises en charge de cette opération. Le projet en question est confié au groupe ETRHB Haddad et à l'entreprise Altro. Pour rappel, l'entreprise spécialisée dans les travaux publics ETRHB avait obtenu, selon des informations, le marché de gré à gré. Les procédures d'attribution des marchés publics ont-elles été appliquées ? Cette opération avait suscité beaucoup d'interrogations. Le coût global du projet est estimé à 10 milliards de dinars, a précisé un responsable de la DTP de Bouira dans une déclaration à l'APS. Le délai de réalisation des travaux est fixé à 15 mois, ajoute la même source. Circulation infernale à Aïn Chriki Dans le but d'assurer le bon déroulement des travaux et de ne pas perturber la circulation, le même responsable tente de se justifier en affirmant que l'opération de mise à niveau sera effectuée par sections. D'ailleurs, une partie du tronçon vers l'est a été fermé au niveau de Lakhdaria, où les engins de l'entreprise retenue sont mobilisés. Les deux entreprises sont appelées, selon la même source, à «traiter les zones d'instabilité et les sections dégradées et refaire les enrobés au niveau du tronçon». Les désagréments n'en finissent pas. Un bouchon monstre se forme à l'entrée du grand viaduc sur l'oued Rekham et à Aïn Chriki, dans la commune de Djebahia. Les travaux d'un chantier mis en place il y a plusieurs mois, visant à consolider le sol, avance à pas de tortue, causant ainsi des désagréments aux usagers. Malgré la déviation des poids lourds depuis l'ouverture du tronçon Larbatache-Lakhdaria, la chaussée présente de véritables pièges pour les automobilistes qui sont invités, à l'occasion du lancement de ces travaux, à emprunter l'ancienne route et retrouver le calvaire vécu durant des années. Par ailleurs, d'autres travaux sont en cours depuis plusieurs mois au niveau des deux tunnels de Bouzegza, dans la wilaya de Boumerdès. Livrés avec des lacunes, il y a de cela deux ans, la circulation automobile y est dangereuse. Une entreprise allemande, Schneider Electric, a été selon nos sources, retenue pour achever les installations électriques au niveau des deux ouvrages. Des ouvrages d'art menacés Des fissures menacent certains ouvrages d'arts du tronçon autoroutier traversant la wilaya de Bouira sur 101 km. En effet, une fissure qui s'étend sur des dizaines de mètres est visible sur le tablier d'un pont, à la sortie est du chef-lieu de la wilaya. L'ouvrage d'art en question a été réalisé par des entreprises étrangères, à l'instar de l'italienne Todini et la chinoise Citic-CRCC. Des exemples qui confirment le laisser-aller des services censés veiller à la bonne exécution des travaux de cette autoroute, que les autorités présentent comme «le projet du siècle».