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Ghana: pas d'extradition du porte-parole de Gbagbo vers la Côte d'Ivoire

Un tribunal ghanéen a rejeté vendredi la demande d'extradition de la Côte d'Ivoire concernant Justin Koné Katinan, porte-parole de l'ex-président ivoirien Laurent Gbagbo, considérant que les charges retenues contre lui étaient "politiques".

"Je vais procéder au rejet de la demande d'extradition", a déclaré le juge Aboagye Tanor, mettant fin à une année de bataille juridique. Les charges retenues contre M. Koné Katinan "ne peuvent pas être dénuées de motivations politiques", a-t-il précisé.

Arrêté au Ghana en août 2012, M. Koné Katinan est recherché par la Côte d'Ivoire pour crimes économiques durant la sanglante crise post-électorale, qui a fait environ 3.000 morts, déclenchée par le refus de Laurent Gbagbo de céder le pouvoir à son rival Alassane Ouattara, après sa défaite à la présidentielle de novembre 2010.

Quelques partisans de M. Koné Katinan présents dans la salle d'audience ont applaudi à l'énoncé de la décision, et celui-ci a souri et s'est réjoui à son tour.

M. Koné Katinan a dit à l'AFP souhaiter rester au Ghana pour le moment et "se remettre au travail" en tant que porte-parole de M. Gbagbo, qu'il considère toujours comme le président des Ivoiriens. 

"Le président Gbagbo m'a demandé de travailler pour lui et je vais travailler pour lui, pour expliquer au monde que nous souhaitons la réconciliation et la paix dans notre pays", a-t-il déclaré.

M. Gbagbo, qui a été arrêté en avril 2011 à Abidjan, est détenu depuis fin 2011 à La Haye où il doit être jugé par la Cour pénale internationale pour crimes contre l'humanité.

Interrogé sur la différence de traitement entre M. Koné Katinan et Charles Blé Goudé, l'ex-chef des "jeunes patriotes" pro-Gbagbo, extradé vers la Côte d'Ivoire en janvier, le procureur Mathew Amponsah a dit à l'AFP que M. Koné Katinan bénéficiait, lui, du statut de réfugié au Ghana.

Ancien ministre ivoirien du Budget, acteur-clé de l'ère Gbagbo, M. Koné Katinan est sous le coup de 20 chefs d'accusation de complot et de vol. 

Selon les organisations de défense des droits de l'homme, le régime du président Ouattara a poursuivi des centaines de partisans de M. Gbagbo mais très peu de ses propres partisans pour les crimes commis pendant la crise post-électorale.

AFP

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