mis à jour le

Oncle maternel : UN CONFIDENT ET UN COMPLICE

Des liens d'affection, de solidarité et une très grande tendresse se tissent entre lui et la fille ou le fils de sa s½ur

L'adage dit que l'enfant turbulent se refugie dans la famille de ses oncles quand ça chauffe pour lui dans la famille paternelle. L'accueil y est toujours chaleureux. L'oncle traite comme un roi ou une reine le fils ou la fille de sa s½ur. Cette coutume reste en vigueur partout au Mali. Dans notre société l'oncle maternel appelé en bambana « Binké », en sonrhaï « Hassey», en Bozo « kéou », en Peul « Kaou », est le père social des enfants de sa s½ur. Il joue un très grand rôle dans la vie de son neveu ou de sa nièce. L'enfant entretient généralement avec les membres de sa famille maternelle des rapports privilégiés. Des liens d'affection, de solidarité et une très grande tendresse se tissent entre l'oncle maternel et le fils de sa s½ur tout au long de sa vie. On ne retrouve pas tels rapports entre le neveu et les frères et s½urs de son père. L'oncle maternel participe très tôt à l'éducation des enfants de sa s½ur. Que celle-ci soit mariée ou non, il les nourrit, les habille, les soigne, les éduque et se donne de la peine pour eux sans pour autant se substituer à leurs pères. Généralement le père est une figure autoritaire, distante et crainte alors que l'oncle maternel est surtout le confident, le complice du neveu ou de la nièce, le partenaire de jeu idéal. Ce partenaire rend toujours heureuse sa nièce en perdant les jeux de devinette, de cartes, de Ludo. La fillette ou la jeune fille passe toujours une journée radieuse à côté de son oncle. Cette relation entre l'oncle maternel et le neveu ou la nièce a une valeur sentimentale. Elle est l'inverse de celle qui unit le père et son fils, dans les sociétés où cette relation d'oncle maternel à neveu prévaut. Dans une situation où le rapport entre le père et sa fille se manifeste de façon stricte, l'oncle au contraire se comporte en ami de sa nièce. Il tolère toutes les incartades. Il est familier et plein de tendresse. La femme conformément à nos coutumes passait quelques moments dans sa famille après son accouchement. Durant ce séjour l'oncle maternel est tenu responsable de la santé de la nièce. Il assure les rites de l'enfant. Ainsi, les premières images, les premières personnes, les premières scènes de vie fixées par la mémoire de cet enfant sont celles du patriclan de sa mère. Les premiers contacts de la nièce avec le monde sont ceux du village de sa mère. Le premier nom assimilé par l'enfant est celui du frère de sa mère. L'initiation à l'amour et aux sentiments est faite par la mère et sa famille. Ces personnes prévenantes aident l'enfant à assimiler cette notion. L'éducation, l'humanisation de la nièce reposent fondamentalement sur la femme et sa famille. Sacrées. Le sociologue Fako Diarra, explique que l'enfant de la s½ur appartient plus au grand frère ou au petit frère de cette dernière. Ils remplacent entièrement la s½ur dans tout ce que la société présente comme cérémonies entre les hommes. Le scientifique Fako déclare que « les relations entre l'oncle maternel et sa nièce sont très sacrées » dit-il. La nièce ne sort jamais bredouille, lorsqu'il demande un service à son oncle. En contre partie ce dernier peut demander n'importe quel service à sa nièce. Celle-ci exécute ce désir indéniablement. Notre interlocuteur précise que l'oncle peut également aider financièrement sa nièce. La relation entre la fille et son oncle maternel est privilégiée. Elle est toujours la bienvenue dans sa famille maternelle. Mais contrairement au garçon, le sociologue indique que, l'oncle maternel n'est pas autorisé à donner la main de sa nièce en mariage. Il n'est pas le décideur dans ce domaine. Mais s'il cherche la main de sa nièce pour son fils la demande est acceptée d'avance. Ne dit-on pas que les cousines sont faites pour les cousins. L'éminent traditionnaliste, le Dr Mamadou Fanta Simaga constate que les rapports entre l'oncle maternel et sa nièce sont cordiaux. Il a expliqué qu'autrefois l'héritage étant physique la femme ne pouvait pas hériter. Seuls les hommes avaient le droit d'hériter des biens du père. Il précise que dans ce cas les frères vont en retour léguer la part de leur s½ur à ses enfants. Ce privilège accordé par la famille maternelle fait que la nièce jouit d'un statut de reine chez son oncle. Elle est chouchoutée plus que la propre fille de tonton. « Dans la société bambara on disait que le cheval du neveu devait être plus beau que celui du fils  de son oncle» révèle le Dr Simaga. Autrefois les neveux comptaient beaucoup aux yeux de leur oncle. Ce dernier ne pouvait rien refuser à une nièce. Les deux complices entretenaient des relations pleines d'amour, de confiance et de familiarité. Dans notre société la tradition maintient toujours entre l'oncle maternel et ses nièces la journée du « Binké koro fouran». Il s'agit d'aller balayer l'appartement de ses tontons. Cette tradition est pratiquée lors de Ashura le premier jour de l'année musulmane, précisément le premier jour du « Djonminai kalo » en bambara. Les nièces arrivent chez leur oncle maternel munies d'un balai. Elles s'acquittent de tous les travaux domestiques. Elles nettoient et lavent les habits des enfants de leurs oncles. A la fin de cette journée de rédemption, de retour aux sources pour renouer tous les liens familiaux, les nièces ont droit à des présents. Elles retournent dans la famille paternelle moralement requinquées, et les bras chargés de cadeaux offerts par leur oncle, les cousins et les cousines. Pendant la fête de Tabaski les nièces ont également le droit d'aller réclamer leur part de viande dans la famille de l'oncle maternel. Vaille que vaille, les valeurs sociales, particulièrement les liens familiaux ont été farouchement sauvegardés au Mali. Ce trésor culturel imbibe les esprits dans les villes et les villages. Ainsi les enfants de l'oncle maternel ne doivent rien refuser à leurs cousines. La solidarité demeurera éternellement la trame de la vie sociale de Maliba.

Fatoumata NAFO

Couple : S’ ENTENDRE SUR L’EDUCATION DES ENFANTS

S'il y a un objectif que partagent tous les couples de parents, c'est de bien élever leur enfant. Mais combien se disputent sur les méthodes pour y parvenir !  On peut éduquer ses enfants sans être d'accord sur tout. Seule condition : s'accorder sur les valeurs que l'on veut lui donner

Pour gronder leur enfant, il y a des parents qui vont élever la voix. Certains lui mettront une fessée. D'autres lui expliqueront en douceur ce qu'il a fait de mal. A table, certains lui feront systématiquement finir son assiette. D'autres voudront que sa chambre soit toujours rangée. Ou refuseront qu'il parte en vacances sans eux... Des méthodes éducatives, il en existe autant qu'il existe de parents. Qui sont parfois loin de partager les mêmes principes. Une source de conflits inévitable, pour Nicole Prieur, psychothérapeute. « Les deux membres du couple n'ont pas le même système de valeurs éducatives. Quand ils deviennent parents, ils ont chacun leur idée de ce que doit être un père, une mère, un enfant... forgée à partir de leur propre expérience. Ils veulent alors l'appliquer dans leur famille mais se heurtent au réel de l'autre. » A chacun, donc, de s'adapter à la conception de l'éducation de son conjoint, mais aussi, à son enfant. Objectif : « cocréer un modèle éducatif propre au couple. » Solder ses comptes avec sa famille d'origine Mais pas facile de se mettre d'accord sur la façon d'éduquer ses enfants. Surtout qu'en cas de discorde, notre premier réflexe est de penser que l'autre a fondamentalement tort. Pire, qu'il commet une erreur éducative. Trop sévère, trop permissif... Combien de disputes, notamment, au sujet de l'autorité ! « Il faut commencer par tenter de comprendre la position de l'autre, préconise Nicole Prieur. Se demander, par exemple, pourquoi il est si rigide. Peut-être a-t-il vécu sans règles dans son enfance et en a-t-il souffert. Il faut pouvoir en discuter, sans juger. Et essayer, dans ce cas, de lui faire comprendre que son enfant n'est pas son prolongement. Il est important que chaque parent aide l'autre à grandir, à solder ses comptes avec sa famille d'origine ». Et de notre côté, si nous nous demandions pourquoi l'attitude de l'autre nous gêne-t-elle à ce point ? Cela nous rappelle-t-il un père trop absent, une mère trop laxiste... ? « En discuter va nous aider à dépasser quelque chose qui a dû se coincer en nous. Devenir parent, c'est aussi se préoccuper de ce qui va nous faire du bien à nous, en tant qu'enfant de nos parents. » établir un projet éthique pour son enfant Pour la psychothérapeute, peu importent, au fond, les méthodes. « Aucun parent ne peut avoir de vision juste de l'enfant ». Pour autant, ceux-ci se doivent de clarifier, ensemble, un projet éducatif. « Ethique ». « Il faut se mettre d'accord sur ce que l'on veut faire de son enfant : un citoyen du monde, quelqu'un de tolérant, qui va se préoccuper des autres... Quel être humain a t-on envie de forger ? » Un travail important pour le couple aussi, mais qui nécessite, chose ô combien difficile, de s'extraire un moment du quotidien. « Cela nécessite de commencer par s'interroger soi-même : Qu'est-ce qui fait sens dans ma vie ? Quelles sont mes valeurs ? Pourquoi ai-je envie de cela pour mon enfant ?... Et après, en discuter avec l'autre. C'est en parlant que se constitue le couple parental ». Etre parent : un métier de tous les jours qui relève « du cheminement, du tâtonnement ». Lâcher du lest Pour durer, les parents ne doivent pas perdre de vue qu'ils sont aussi un couple... d'amants. « Dis bonjour à la dame », « Dis merci »... Votre compagnon est très à cheval sur la politesse ? Pourquoi ne pas lui laisser gérer cette sphère et vous consacrer, par exemple, à ce qui vous tient à c½ur : l'heure de coucher ? « Il faut se partager les domaines d'autorité. Mais sans demander à l'autre de se comporter tel que l'on ferait. Apprenons à lâcher du lest. On ne peut pas exiger que l'autre change si l'on ne lâche rien de son côté ». Et après tout, qu'importe si sa fille préfère faire du karaté, comme son père lui a suggéré, alors qu'on la rêvait danseuse étoile ? Etre parent est avant tout une négociation permanente. Un bel exemple pour l'enfant. « C'est pédagogique aussi pour lui. Toute sa vie, il va devoir négocier. Et il a besoin de voir que chaque parent lui apporte des choses différentes. » Le plus souvent, les rôles se répartissent naturellement au sein du couple. Sachant qu'il y en a toujours un qui sera plus sévère que l'autre. « Dans l'idéal, il faudrait laisser faire celui qui semble avoir le plus de bon sens. Si une femme ne supporte pas de laisser pleurer son bébé et que son compagnon lui demande d'attendre une demi heure avant de courir vers lui, ne peut-elle pas essayer de le laisser pleurer cinq minutes ? En général, il vaut mieux entendre la personne la plus sévère : l'enfant a besoin d'intégrer les lois et les règles ». Faire front commun face à l'enfant Vous ne serez jamais tout à fait d'accord... Tant mieux, les différences ont toujours du bon ! A condition, toutefois, de ne pas entrer en conflit devant vos enfants. « Comment peuvent-ils alors vous considérer comme des guides ? Les disputes les perturbent, les angoissent, les font culpabiliser, puisque l'on se dispute à cause d'eux. » Sans compter qu'ils peuvent tirer parti de ces oppositions. « Ils risquent d'en jouer et de prendre une position de pouvoir. Ils sauront très bien à qui demander telle ou telle chose et cela détruira l'autorité de l'autre parent ». Tout comme le fait de mettre en doute la parole de papa ou de maman devant l'enfant ou de lui autoriser ce qu'il ou elle vient précisément de refuser. Deux attitudes à bannir. Mais si le couple doit faire front commun devant les enfants, il doit aussi leur montrer qu'il peut y avoir des désaccords. « Il faut leur apprendre qu'il peut y avoir des différences, mais que, quoiqu'il arrive, on respecte la position de l'autre. Que l'on vive ensemble ou séparés, il faut toujours donner de l'importance à l'autre, lui laisser une place. » Parents divorcés, familles recomposées : un difficile équilibre « Ton père t'as encore laissé sortir ? », « Ta mère n'a jamais su faire à manger... » Qu'il est parfois difficile de ne pas céder à la tentation de critiquer, disqualifier l'autre, quand on vit séparé du père ou de la mère de ses enfants... Pour Nicole Prieur, « il faut pourtant absolument respecter la position de l'autre. Et renoncer à avoir une vision commune, cesser de vouloir tout contrôler. On ne sera jamais d'accord sur l'éducation au quotidien ». Commençons donc par accepter que cela puisse se passer autrement chez l'autre. « Sans renoncer au projet éthique, à ce que l'on veut faire de votre enfant ».

www.psychologie.com

L'essor

Ses derniers articles: Mopti : Transport de viande, un casse-tête sanitaire  Promotion de la femme : RACHELLE DJANGONE MIAN S’EN VA  Sécurité alimentaire : DES CEREALES A 

oncle

[email protected] (Monica NKODO)

Oncle Otsama revient

Oncle Otsama revient

group promo consulting

Scandale foncier à la  Saly Portudal : l’ancien Dg Youga Sakho bradait les terrains à 77F le m2 à son oncle Me Abdoulaye Wade

Scandale foncier à la Saly Portudal : l’ancien Dg Youga Sakho bradait les terrains à 77F le m2 à son oncle Me Abdoulaye Wade

El hadji Ndiagana MBAYE

Après 25 ans passés aux USA : Kébé rentre et se découvre abusé par son oncle et son cousin

Après 25 ans passés aux USA : Kébé rentre et se découvre abusé par son oncle et son cousin