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Soudan du Sud - Du manioc pour faire couler la bière

Les paysans sud-soudanais seraient-ils en passe de trouver la formule magique afin de développer des débouchés intéressants pour leurs cultures? Selon le Guardian, qui a effectué un reportage dans les terres arides de Liwala, à deux heures de route de Juba, la capitale du Soudan du Sud, la culture du manioc semble le nouveau sésame des petits agriculteurs. Le manioc, est en effet, l’une des rares ressources qui résistent le mieux aux conditions défavorables du sol dans ce pays. Une idée, appuyée notamment par les nouvelles autorités du pays, vise à en planter davantage pour pouvoir produire… de la bière!

Le quotidien britannique explique que, avec l’appui de certaines ONG, les agriculteurs s’initient à de nouvelles méthodes, plus efficaces, de culture du manioc et autres tubercules comme la patate douce, riches en amidon. Ces organisations leur fournissent une formation et le matériel nécessaire. Ils sont ainsi plus de 2.000 agriculteurs que l’ONG Farm-Africa tente de persuader de changer de méthode de plantation, même si cela suscite pour l’instant quelques réticences et réclamations de la part de ces paysans, longtemps réfugiés dans des camps.

«C'est difficile pour eux maintenant. Dans les camps, ils comptaient sur les agences d'aide pour tout, et cela a engendré un sentiment de dépendance», Stéphanie Wachira de Farm-Africa qui coordonne le projet au Soudan du Sud.

Les nouvelles techniques qui consistent à faire planter des boutures de 20 à 30 cm de long de manière horizontale dans des trous peu profonds et espacées de un mètre chacun, paraissent simples, mais peu pratiques pour les paysans. Pourtant l’Africa Enterprise Challenge Fund, qui finance l’opération soutient que c’est le meilleur moyen d’obtenir des récoltes qui pourraient produire un manioc de qualité pour produire de la bière.

La Southern Sudan Beverages Limited, la seul brasseur et seule veritable industrie au Soudan du Sud s’est également impliquée dans le projet. La société, souligne le Guardian, a investi dans des machines de traitement mobile qui fera tourner le manioc en amidon pour ses bières. L’objectif pour le brasseur est d’obtenir entre 1.200 et 1.500 tonnes de manioc lors des prochaines récoltes pour remplacer l'orge qu'elle utilise pour sa production de bière annuelle,  qui est actuellement  de 250 000 litres/hectares. Un chiffre qu'elle entend doubler, car il semble que, à Juba, les Soudanais du Sud aiment bien quand la bière coule à flots..

Lu sur The Guardian