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Courtisanerie politique : L’Adéma s’offre

L'Alliance pour la démocratie au Mali du Parti africain pour la solidarité et la justice (Adéma/PASJ) a envoyé le samedi 24 août 2013 une lettre de félicitation au nouveau président de la République, Ibrahim Boubacar Kéita, dans laquelle elle dit être à la disposition d'IBK « sans calcul pour la gestion du pays ». Mais jusque-là, l'intéressé n'a pas encore répondu au parti.

 

 

L'ex-président par intérim de l'Adéma, Ibrahima N'diaye dit Iba avait, bien avant sa démission, adressé au nom du parti une lettre de félicitation au tout nouveau président de la République, Ibrahim Boubacar Kéita, pour le féliciter de sa brillante élection à la magistrature suprême en lui souhaitant bonne chance dans l'accomplissement de sa mission.

 

 

Cette lettre a été envoyée à IBK tout juste après son élection. On croyait que c'était suffisant, mais malheureusement pour le parti cette première lettre n'a pas été répondue par IBK.

Ce qui a amené le Comité exécutif de l'Adéma à décider le vendredi 23 août au cours d'une réunion à reprendre la correspondance avec des termes plus explicites. C'est ainsi que le samedi 24 août une nouvelle lettre a été envoyée au nouveau président de la République dans laquelle le parti de l'Abeille le félicite de sa victoire avant d'indiquer qu'il est à la disposition d'IBK sans calcul pour la gestion du pays.

La lettre est déjà parvenue à IBK et sa réponse est vivement attendue du côté de Bamako-Coura.

C'est dire que le parti de Dioncounda Traoré a déjà tourné dos au Front pour la sauvegarde de la démocratie et de la République (FDR) dont son candidat au second tour de la présidentielle, Soumaïla Cissé, s'est déclaré prêt à animer l'opposition avec ses alliés. Il se proposait d'être avec ses alliés une force alternative qui fera des propositions pour grandir la démocratie malienne.

 

 

Lors de la conférence de presse qu'il avait animée à l'hôtel Salam, le mardi 13 août 2013, Soumaïla Cissé, candidat du FDR au second tour de la présidentielle expliquait ceux-ci : « Avec les amis, nous allons définir notre ligne politique, notre agenda dans les jours à venir. C'est une nouvelle ère qui s'ouvre pour notre pays. La plateforme politique constituée autour du Front pour la démocratie et la République (FDR) jouera toute sa partition dans l'½uvre de régénération de notre processus démocratique, de reconstruction du pays et de restauration de la paix et de la stabilité ».

 

 

Des propos qui ont implicitement valeur de déclaration d'une opposition, mais faudra-t-il qu'il soit suivi dans cette vision par l'ensemble de ses alliés. Pour l'instant, selon les informations qui nous sont parvenues, seul Jeamille Bittar de l'Umam s'est dit prêt à animer une éventuelle opposition avec Soumaïla Cissé.

 

 

L'Adéma par cette lettre vient donc de trahir le Front en s'offrant au nouveau président de la République, si elle n'est même pas en train de se ridiculiser aux yeux de ce dernier !

 

 

Tout portait à croire que toutes les composantes du FDR allaient se retrouver dans l'opposition quand on sait que le Front ne partage pas les mêmes idéologies que le nouveau locataire de Koulouba.

Malheureusement, la course derrière les victuailles politiques est passée par là et l'Adéma a fait le choix entre les convictions et l'alimentaire.

 

D'ailleurs, ce choix avait divisé le parti bien avant aujourd'hui. On se rappelle qu'au second tour, pendant que la direction du parti appelait à voter pour le candidat du FDR, Soumaïla Cissé, le candidat malheureux de l'Adéma à la même présidentielle, Dramane Dembélé appelait à voter pour Ibrahim Boubacar Kéita.

 

C'est justement ces malentendus qui sont à l'origine de la démission du président du parti par intérim, Ibrahima N'diaye dit Iba. Dans tous les cas, l'Adéma avait cette fois-ci l'occasion de jouer un rôle de sentinelle pour la démocratie en acceptant de s'inscrire dans une opposition afin de servir de contre-pouvoir.

 

Surtout  que la démocratie malienne en a manqué cruellement ces dix dernières années à cause d'un unanimisme politique. L'Adéma a donc raté encore cette occasion de se rendre utile à la démocratie en s'inscrivant dans une opposition après le faux bond de 2002.

 

Peut-être que comme l'a dit le président Dioncounda en son temps, si l'Adéma ne soutient pas le nouveau régime, elle pourrait avoir la justice et la Sécurité d'Etat à ses trousses comme ça allait être aussi le cas avec le président Amadou Toumani Touré.

Abdoulaye Diakité

Mali Web

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