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Le putsch pour imposer Saadani échoue

La réunion du comité central (CC) du FLN n'aura finalement pas lieu aujourd'hui. Ni à l'hôtel El Aurassi ni à El Riadh. Elle se tiendra ultérieurement, à une date qui sera fixée par Abderrahmane Belayat et ses collègues du bureau politique. Ces derniers viennent  d'obtenir gain de cause auprès du Conseil d'Etat, qu'ils avaient sollicité, avant-hier, pour annuler l'autorisation accordée par le ministère de l'Intérieur à leurs adversaires. Le verdict de cette instance n'est tombé que dans l'après-midi d'hier.   Cette annonce est un coup de massue sur la tête des partisans de Ahmed Boumehdi qui s'affairaient, durant toute la journée, à parachever les préparatifs de leur conclave devant se terminer par l'intronisation de Amar Saadani à la tête du secrétariat général de l'ex-parti unique. Tout est tombé à l'eau, vers 17h. Le Conseil d'Etat annule l'autorisation délivrée par la wilaya d'Alger au groupe de Ahmed Boumehdi et demande aux autorités concernées de l'appliquer sur le champ. «La République algérienne démocratique et populaire invite et ordonne le ministre, le wali ou le président de l'APC et tout autre responsable de l'administration (...) à appliquer cette décision», lit-on dans le verdict du Conseil d'Etat, dont nous avons obtenu une copie. L'annonce de cette nouvelle a redonné espoir aux membres du bureau politique du parti et son coordinateur, Abderrahmane Belayat. «La réunion du CC est annulée. Donc, il ne se tiendra pas demain (aujourd'hui ndlr)», déclare Abderrahmane Belayat à chaud quelques minutes après l'annonce du verdict en question. Le coordinateur du parti a même convoqué une conférence de presse pour annoncer «l'heureuse nouvelle» (lire l'article de Mehdi Bsikri). Si les partisans de Abderrahmane Belayat se sont réjouis, le groupe mené par Ahmed Boumehdi a adopté un profil bas. Aucun des animateurs de ce clan, qui ont inondé les médias de déclarations, durant toute une semaine, n'étaient joignables hier après-midi. Leurs téléphones sonnent, mais personne ne répond. Le putsch qu'ils ont préparé pour introniser Amar Saadani, avec la complicité du frère cadet du président Bouteflika, Saïd, vient tout simplement d'échouer. Il n'y aura donc pas de remake du scénario de 2004 où la justice et l'administration avaient pris partie avec les redresseurs pour déloger Ali Benflis et ses proches. L'option de Amar Saadani, décidée à la fin de la semaine dernière, est devenue caduque. Saïd Bouteflika, qu'on soupçonne d'être l'artisan des dernières man½uvres au sein du FLN, perd ainsi sa première bataille en prévision du rendez-vous présidentiel de 2014. Pourra-t-il rebondir encore après cette volée de bois vert qu'il vient de recevoir ? Difficile de répondre à cette question, d'autant plus que de nouveaux rebondissements sont attendus dans la scène politique dans les jours ou les semaines à venir. En tout cas, le FLN, qui a des fonctions importantes au sein du système politique algérien, a été sauvé de justesse. Puisque le risque d'une grave division du parti était présent jusqu'aux dernières heures de la journée d'hier. Le coup de force allait même être imposé à tous les membres du CC avec la décision de fermer le siège national du FLN dès ce matin. Les proches de Belayat et les membres du mouvement de redressement qui s'y sont réunis durant la journée d'hier commençaient même à sombrer dans le désespoir comme le témoignent les déclarations de Abdelkrim Abada avant l'arrivée du verdict du Conseil d'Etat. «Nous avons décidé de boycotter la réunion d'El Aurassi et de tenir une rencontre au niveau du siège. 130 membres du CC devraient venir au siège demain. Mais selon des échos, il y a une décision de fermer le siège», indique-t-il. Selon lui, cela démontre le parti pris de l'administration et du ministère de l'Intérieur qui s'est «impliqué dans la crise du FLN».

El Watan

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