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Frappes sur la Syrie : La 3è guerre mondiale va peut-être commencer !

La probabilité d'une intervention militaire directe des grandes puissances occidentales contre le régime syrien de Bachar Al Assad se fait chaque heure plus forte. Washington, Londres, Paris, entre autres, veulent « punir » le dernier représentant du clan baathiste au pouvoir à Damas pour le terrible massacre d'Al Ghouta, dont la responsabilité lui est imputée malgré ses dénégations véhémentes.

Et la volonté d'intervenir directement est telle que ces capitales occidentales affirment qu'elles n'ont rien à attendre des conclusions de la mission d'enquête que l'ONU a dépêchée sur les lieux. Ce qui rappelle furieusement la position de George Bush Jr. lorsqu'il s'agissait d'intervenir militairement contre Saddam Hussein et l'Irak en 2002-2003…

Si défendre Bachar Al Assad est une position intenable pour tout démocrate (et ce depuis fort longtemps), faut-il pour autant croire que l'indignation occidentale après le massacre de plusieurs centaines de civils syriens au moyen d'armes chimiques est la seule raison de la prochaine et imminente intervention de l'Occident en terre arabe et islamique ?

Le régime actuel en Syrie, que soutiennent Moscou et Téhéran, (avec Pékin plus mollement), n'est ni démocratique, ni respectueux de la vie humaine et encore moins des droits de l'Homme. Le clan Al Assad, depuis qu'il règne sur la Syrie (1970), a largement sévi contre son propre peuple et dans son environnement régional. On peut donc voir dans la menace d'intervention militaire des Etats-Unis, de la Grande-Bretagne et de la France, se profiler la préoccupation de protéger à la fois les intérêts du premier allié de Washington qu'est Israël, mais aussi la paix et l'équilibre communautaire fragile qui existent encore pour l'instant au Liban… En outre, éliminer Al Assad, c'est réduire l'influence et la présence de l'Iran des ayatollahs dans cette région, un objectif que poursuivent avec assiduité plusieurs capitales du Golfe, heureuses également de pouvoir se débarrasser du dernier bastion du « socialisme arabe » laïc et républicain…

Mais, pour autant, punir le régime syrien doit-il se faire au prix d'une intervention militaire occidentale contre un Etat indépendant, souverain et en prenant pour cible tout un peuple au lieu de chercher les vrais moyens d'abattre une poignée de ripoux assassins ?

Réunion-du-Conseil-de-sécurité-de-l'ONU-sur-la-Syrie,-le-31-janvier-2012,-à-New-York

La boîte de Pandore

Alors qu'il n'est pas assuré que l'ONU (où les vétos russe et chinois s'exercent au Conseil de Sécurité), donne un vernis de légalité internationale à cette probable intervention, on sait déjà que les états-majors alliés envisagent essentiellement des frappes aériennes. Cette option, la moins coûteuse en hommes pour des gouvernements soucieux de ménager leurs opinions publiques respectives, est, par contre, terriblement lourde pour les populations civiles. Les frappes aériennes, y compris au moyen d'armes sophistiquées, (bombes à guidage laser, missiles Tomahawk, drones, etc) entrainent toujours des « dommages collatéraux », un terme pudique pour signifier que des victimes innocentes seront à déplorer.

Or, la Syrie est un pays à forte densité démographique et les installations stratégiques de l'armée syrienne (bases aériennes, sites radar, locaux de commandement, etc) sont bien souvent inclus dans le paysage urbain ou à proximité d'agglomérations. Les frappes aériennes des F 18 et autres Rafale feront immanquablement des dégâts humains parmi les civils…

Mais, plus encore, pour quel véritable objectif l'Occident s'apprête-t-il à bombarder la Syrie ?

Ce pays est une mosaïque de communautés, religieuses notamment, mais également ethniques. Druzes, Arabes, Arméniens s'y côtoient, et si la majorité est faite de Musulmans, sunnites, chiites et alaouites, on y compte également des Chrétiens, orthodoxes ou catholiques, des Juifs, etc. Dans l'affrontement qui oppose aujourd'hui Assad et son clan aux groupes d'insurgés, il y a d'ailleurs une réelle césure confessionnelle puisque l'opposition est majoritairement constituée de Sunnites, tandis que les Druzes, les Alaouites, les Chiites et les Chrétiens se rangent plutôt du côté du régime.

L'intervention militaire occidentale, telle qu'envisagée actuellement, ne réglera certainement pas le problème de fond, celui de l'éviction de Bachar Al Assad. Par contre, très probablement, elle induira l'éclatement de la Syrie en communautés  qui s'organiseront en entités autonomes, à l'image de la Bosnie Herzégovine aujourd'hui, permettra à Israël de poursuivre son occupation illégale des plateaux du Golan, n'empêchera pas les groupes armés d'Al Qaïda de faire régner leur terreur.

Et si, par malheur, Assad et ses troupes faisaient preuve de longues capacités de résistance, alors tout le Moyen-Orient pourrait s'embraser…

Obama, Cameron et Hollande prennent un gros risque et un grand pari sur l'avenir du monde, pour « avoir la peau » de Bachar Al Assad !

La troisième guerre mondiale va peut-être commencer…

 

Fahd Yatamoustache7

La Nouvelle Tribune

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