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Tunisie: les jihadistes accusés de chercher

Les autorités tunisiennes ont accusé mercredi les jihadistes du groupe Ansar Ashariaa de préparer les assassinats d'une vingtaine de personnalités et des attaques pour achever de déstabiliser un pays miné par une crise politique et paralysé par l'absence d'institutions pérennes.

Le ministère de l'Intérieur a indiqué que le groupe jihadiste, longtemps toléré, comptait parmi ses cibles Mustapha Ben Jaafar, le président de la Constituante, Ameur Larayedh, un responsable du parti islamiste Ennahda et frère du Premier ministre, les opposants Taïeb Baccouche et Maya Jribi ainsi que les journalistes Sofiane Ben Farhat et Naoufel Ouertani.

Ansar Ashariaa a jusqu'à présent toujours démenti mener des actions armées, disant considérer la Tunisie comme une terre de prédication.

Des suspects arrêtés "ont confirmé l'existence d'une aile secrète (d'Ansar Ashariaa) pour la préparation d'assassinats et d'actes terroristes", a expliqué le ministre Lotfi Ben Jeddou lors d'une conférence de presse.

Selon le ministre, la police a pu déjouer cinq assassinats. 

"Ansar Ashariaa prévoit d'exploiter l'instabilité dans le pays et d'attaquer des cibles sécuritaires et militaires", a ajouté le directeur général de la sûreté publique, Mustapha Ben Amor.

Les responsables du ministère de l'Intérieur n'ont pas voulu dire combien de suspects étaient détenus, expliquant que l'enquête étai toujours en cours. La loi antiterroriste adoptée en 2003 sous le régime du président déchu Zine El Abidine Ben Ali est toujours en vigueur bien qu'elle soit décriée en raison des atteintes aux droits de l'Homme qu'elle permet, selon les ONG.

Le ministère a néanmoins diffusé des aveux filmés d'un homme présenté comme l'un des chefs de l'aile militaire d'Ansar Ashariaa, Mohamed Akari, récemment arrêté.

"J'ai formé l'organe sécuritaire (d'Ansar Ashariaa) qui collecte les informations (...). On surveille les politiciens, les journalistes, on surveille les cibles", déclare cet homme dans la vidéo en se présentant comme un vétéran d'Al-Qaïda en Irak et un proche d'Abou Iyadh, le chef du mouvement jihadiste.

Le ministère de l'Intérieur a aussi assuré qu'Ansar Ashariaa était bien lié au groupe armé traqué depuis décembre au mont Chaambi à la frontière algérienne et à Al-Qaïda au Maghreb islamique (Aqmi).

Selon le ministère, Abou Iyadh ainsi que les tueurs présumés des opposants Chokri Belaïd et Mohamed Brahmi, Kamel Gadhgadhi et le Franco-Tunisien Boubakeur El Hakim, sont tous allés à Chaambi, où les combattants islamistes ont tué une quinzaine de soldats ces derniers mois.  

Le Premier ministre Ali Larayedh avait annoncé mardi que Ansar Ashariaa, longtemps toléré par le parti islamiste Ennahda au pouvoir, était désormais considéré comme un groupe terroriste lié à Aqmi.

"La classification d'Ansar Ashariaa comme organisation terroriste signifie que ses activités, l'appartenance (au groupe), son financement constituent un crime", a souligné M. Ben Jeddou.  

Selon la police, cette organisation est responsable des assassinats de M. Belaïd en février et du député Brahmi en août.

L'assassinat de M. Belaïd avait entraîné la chute d'un premier gouvernement dirigé par Ennahda. Celui de M. Brahmi a provoqué une profonde crise politique toujours en cours, l'opposition réclamant la mise en place sans délai d'un cabinet apolitique, ce que les islamistes refusent.

La Tunisie est paralysée sur le plan institutionnel, deux ans et demi après la révolution de janvier 2011, faute de consensus sur la future Constitution et sur une loi électorale permettant l'organisation d'un scrutin.

Partisans et détracteurs du pouvoir n'ont pour le moment signalé aucune percée vers une sortie de crise.

Le chef d'Ansar Ashariaa, Abou Iyadh, de son vrai nom Saif Allah Bin Hussein, est en fuite depuis septembre 2012 et l'attaque de l'ambassade américaine à Tunis.

Avant son emprisonnement (2003-2011) sous M. Ben Ali, il était l'un des chefs du Groupe Combattant Tunisien en Afghanistan, la cellule d'Al-Qaïda qui avait organisé l'attentat suicide ayant coûté la vie deux jours avant les attentats du 11 septembre 2001 au commandant Massoud, le chef de la résistance aux talibans.

AFP

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