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Jeune mineur nigérian, 22 août 2013 / REUTERS
Jeune mineur nigérian, 22 août 2013 / REUTERS

Les mineurs d’or tanzaniens ont huit ans

Des milliers d’enfants sont employés dans le secteur minier en Tanzanie. Les droits de l’homme s’indignent.

Dès l’âge de 8 ans, les enfants tanzaniens sont envoyés dans les mines d’or pour y travailler. C’est le constat accablant fait par Human Rights Watch dans un rapport publié le 28 août, intitulé «Labeur toxique: Enfants au travail et exposition au mercure dans les mines d'or à petite échelle en Tanzanie».

La Tanzanie est le quatrième producteur d’or d’Afrique. Les enfants représentent une main-d’œuvre bon marché pour l’exploitation à échelle réduite, explique HRW. Dans les régions de Geita, Shinyanga et Mbeya, ils sont plus de 60 enfants interrogés par l’ONG à occuper un poste dans les mines homologuées mais aussi dans celles non réglementées par l’Etat.

D’après l’article, ces enfants et ces adolescents, recrutés parmi les orphelins et les plus vulnérables, acceptent cet emploi dans l’espoir d’une vie meilleure mais déchantent rapidement. Ils doivent parfois rester sous terre plus de 24 heures et transporter de lourdes charges.

Et les conséquences sont lourdes, prévient le rapport. Outre les risques d’éboulement ou d’accident mortel, les jeunes tanzaniens mettent également en danger leur santé à long terme: l’exposition au mercure ou l’inhalation de poussières toxiques peuvent provoquer des handicaps permanents. Les filles, elles, souvent contraintes à la prostitution, sont susceptibles de contracter le VIH, ajoute le site.

HRW note également un «impact négatif sur la scolarité des enfants», qui s’absentent des cours voire cessent complètement d’aller à l’école pour pouvoir se rendre à la mine. L’ONG a remarqué une corrélation entre la baisse du taux de fréquentation des écoles et l’ouverture de mines d’or à proximité.

La législation tanzanienne interdit pourtant le travail des enfants dans les mines, mais «le gouvernement a fait bien trop peu d'efforts pour la faire appliquer», déplore Janine Morna, chercheuse sur les droits des enfants à HRW.

L’ONG recommande donc au gouvernement tanzanien «d’étendre les possibilités d'accession à l'école secondaire et à la formation professionnelle» pour détourner les enfants du chemin de la mine.

Lu sur Human Rights Watch

Slate Afrique

La rédaction de Slate Afrique.

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