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Autant le dire… : A chacun son développement local

En tournée dans le Grand Ouest alors qu'il est en vacances, le Premier ministre Luc Adolphe Tiao a rendu visite à des services de l'administration publique mais également à des privés. Il a aussi rencontré les forces vives dans certaines localités où il a dit ce que son gouvernement peut faire. Mais en retour, il a indiqué, que ce soit à Bobo-Dioulasso, à Nouna ou encore à Dédougou, qu'il revient aux filles et fils de chaque localité de créer les conditions d'un développement « chez eux ». Autrement dit, le Premier ministre a invité les uns et les autres à s'investir d'abord chez eux, de quelle que manière que ce soit, afin que le développement se fasse chez eux. Quant à son gouvernement, il vient en appui.

Le message est donc clair puisqu'il cadre bien avec l'un des objectifs essentiels de la décentralisation qui est de faire en sorte que le développement se réalise au niveau local avec l'implication des acteurs à ce niveau-là. Une fois de plus, le Premier ministre nous renvoie à nos obligations premières qui sont d'aller dans un premier temps, « chacun chez soi », pour apporter l'information vraie, encourager nos frères et s½urs, leur parler de développement et les amener à comprendre que le premier acteur de leur propre développement, c'est d'abord eux. Un peu comme les sages nous l'enseignent quand ils soutiennent que : « personne ne viendra balayer votre case à votre place ».

Il nous revient donc, nous qui savons lire et écrire, qui avons eu l'occasion d'aller voir d'ailleurs des modèles de développement, de descendre dans nos patelins pour rassurer nos « parents » sur le fait qu'il n'y aura pas de développement dans le village sans leur engagement. Il en est de même dans nos communes, où certains maires élus lors des dernières élections ne savent pas jusqu'à présent par quel bout commencer. Aussi, il faudrait faire en sorte que le citoyen de notre commune comprenne que le développement ne peut se faire sans taxes sur les charrettes, sur les armes, sur le marché, etc. Il nous incombe de leur expliquer que tant que ne régnera pas la paix dans la commune, que tant que l'entente entre nous ne sera pas effective, que tant qu'il n'y aura pas la cohésion, etc, les voies du développement seront difficiles à emprunter. En définitive, tant que les uns construisent et les autres détruisent, nos efforts seront vains. Ce sont là des conditions, entre autres, qu'il nous faut créer pour « aller de l'avant ». Mais en retour, nous devrions expliquer aux maires et à tous les acteurs du développement que tant qu'ils ne rendront pas compte de ce qu'ils font avec les taxes et les impôts que paient leurs concitoyens, il leur sera difficile de les mobiliser et de les convaincre à adhérer aux choix de développement qui seront faits. En effet, tant que les bases du développement véritable ne seront pas assises, tant que les populations « à la base » n'auront pas confiance en leurs dirigeants, ils hésiteront toujours à s'investir dans le développement.

Si cela est fait, c'est en ce moment qu'on peut attendre de l'Etat ou du gouvernement sa contribution à notre développement. Mais, de la manière dont le développement est attendu en ce moment, où tout le monde compte sur l'Etat ou le gouvernement, ou tout le monde attend tout du maire et même du député, nous aurons encore longtemps à attendre. Puisque, le soutien que nous apportent des partenaires extérieurs n'est rien d'autre que les taxes et impôts que paient leurs concitoyens. A chaque communauté donc d'imaginer son développement local et de se donner les moyens de le réaliser. Sinon,...

Dabaoué Audrianne KANI

L'Express du Faso

Le Faso

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