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Police municipale de Ouagadougou : Un sit-in pour de meilleures conditions de vie et de travail

Les agents de la police municipale de la ville de Ouagadougou ont observé un sit-in au sein de leur siège, situé à la Patte d'oie, le lundi 26 août 2013. Ils réclament de meilleures conditions de vie et de travail.

Des acclamations dès la vue du véhicule du journal Sidwaya. « J'ai tenté de t'appeler, mais ça ne passait pas », a lancé un policier, visiblement en colère, à notre photographe, à notre arrivée. « Venez, venez ! Entrez, ça ne va pas ! », s'agitaient d'autres, arrêtés à l'entrée de la porte. Voilà les premières impressions que des agents de la police municipale, attroupés devant le siège, ont présentées ce lundi 26 août 2013. Dans la cour, ce sont des policiers dispersés un peu partout. Le motif, ces agents observent un sit-in pour réclamer la régularisation de leur situation.

La goutte d'eau qui a fait déborder le vase est la lettre-circulaire de la mairie adressée à tout agent de la commune de Ouagadougou : « Il est porté à la connaissance de tous que pour compter du mois de septembre 2013, il sera procédé à la retenue de la taxe de résidence des agents de la commune de Ouagadougou pour les années 2006, 2007, 2008, 2009, 2011, 2012... ». Les manifestants estiment qu'ils ne perçoivent que des per diem comme salaire, pour que la mairie veuille retenir cette taxe.

A entendre ces manifestants, ils ne refusent pas de payer la taxe, mais ils réclament d'abord la régularisation de leur situation. L'un des manifestants, qui a requis l'anonymat, explique : « Nous avons rencontré le président (Ndlr : Président du Faso) en 2011. Il nous a promis un statut particulier et a donné des instructions au ministre, en son temps. Mais, il est parti sans rien faire pour nous ». Et ce manifestant d'ajouter : « 7000 FCFA comme indemnité de logement, ici, à Ouagadougou, quand même ! Comment peut-on lutter contre la corruption avec cela ? On a des arriérés là-bas. Au lieu de s'occuper de cela, ils veulent encore nous couper ».

Par ailleurs, les manifestants qui n'ont pas voulu dévoiler leurs noms, ont indiqué que les victimes du camion qui avait heurté le mur de la police municipale en 2011, n'ont toujours pas été dédommagées. En outre, les policiers municipaux ont déploré les conditions dans lesquelles ils travaillent chaque jour. « Rien que dans le bureau de poste de renseignement, plus d'une dizaine d'agents y travaillent », ont-ils fait observer.

Selon eux, le véhicule dans lequel ils sont transportés en ville pour veiller à la sécurité des citoyens est dans un état déplorable. Ils exigent, à cet effet, de nouveaux véhicules.

Approché en vue de recueillir son avis sur les raisons de la manifestation des agents, le directeur de la police municipale, Clément Ouongo, a préféré ne pas s'exprimer sur la question. Il a recommandé de recourir au maire de Ouagadougou, Marin Casimir Ilboudo, pour avoir de plus amples informations. Cherchant à savoir jusqu'à quand le sit-in va continuer, dans la soirée du lundi 26 août 2013, les manifestants nous ont donné rendez-vous pour ce matin, afin de donner leur position.

Bakary SON
Somborigna Djélika DRABO


Réaction du maire de Ouagadougou à propos du sit-in

"Il s'agit bel et bien d'une première. Mais, je suis aussi étonné. Il ne s'agit pas d'une mesure de la commune de Ouagadougou. Il s'agit d'une mesure de l'Etat. Et la taxe de résidence est payée par chaque agent du public comme du privé, qui a un emploi et qui vit dans la ville de Ouagadougou. Chaque année, vous vous souviendrez que, par moments, vous recevez des avis à tiers-détenteurs qui vous invitent à payer. Par moments, il arrive qu'on vous rappelle que vous devez payer les années antérieures.

Tous les ordonnateurs reçoivent, chaque année, des avis à tiers-détenteurs pour inviter leurs agents ou les personnels qui sont sous leur responsabilité à se présenter devant les guichets des impôts pour pouvoir satisfaire au paiement de ces taxes. Nous, nous ne sommes qu'une courroie de transmission. Je ne fais que répondre à cette exigence. Et en tant qu'ordonnateur, selon la loi, si je reçois des avis, et que je ne m'exécute pas, c'est sur mes fonds que je dois payer la taxe de tout le personnel qui est sous la responsabilité du maire de la commune. Et ce n'est pas une première. En 2006, quand j'étais encore à l'arrondissement de Baskuy, je recevais des avis de tiers-détenteurs. Je les appliquais aux agents qui allaient s'exécuter. Ce n'est donc pas une décision qui est adressée uniquement à la police municipale.

Cette mesure concerne l'ensemble des agents de la commune de Ouagadougou. Il nous reviendra d'aller vers les services des impôts pour pouvoir honorer cette charge, cette taxe. Voilà ce que je peux dire sur la question. Avez-vous déjà vu un contribuable qui est prêt à payer sa taxe avec plaisir ? Cela n'existe pas. Vous pouvez être de bonne ou de mauvaise foi. Si vous allez vous exécuter, les services des impôts peuvent vous accorder des facilités de paiement. Si vous refusez, cette taxe vous poursuivra tout le temps que vous serez en vie. Toutes les fois que vous recevrez des avis, on vous rappellera que telle ou telle année vous n'avez pas payé. Il ne me revient pas, en tant que coordonnateur, de dire que les agents de la commune de Ouagadougou ne paient pas la taxe...

Il y a eu effectivement certains des agents qui ont évoqué d'autres problèmes, j'ai circonscrit l'objet de notre venue, parce que vous vous souviendrez qu'à la veille de ma passation de service, nous avons effectué des sorties dans toutes les grandes directions, y compris celle de la police municipale. En son temps, c'était une sortie de prise de contact. Et du reste, nous avons promis à l'occasion, que nous reviendrons à eux après la réorganisation des services pour échanger sur toutes les questions et préoccupations, non seulement de l'ensemble des agents, mais aussi de celles de la police municipale, en particulier.

Quand nous avons reçu la notification des agents des impôts par le biais de la direction générale des impôts, nous avons demandé à ce que cela soit matérialisé par une circulaire, plutôt qu'une démarche. Nous n'avons pas voulu opérer la retenue à la source, parce que nous estimons qu'il faut aller dans ce sens pour permettre à chacun d'apporter des justificatifs, plutôt que de faire à leur insu en procédant à la retenue à la source. Voilà l'objet de notre démarche.A propos des arriérés de salaires, vous m'apprenez une information dont je ne disposais pas. Je dois préciser que nous sommes là depuis le 12 mars 2013.

J'ai dit, en son temps, à travers leur responsable, qu'il était opportun qu'on nous donne le temps de nous organiser, de comprendre les dossiers avant de prendre des décisions. Nous pensons que le dialogue n'a pas été rompu. En tout cas, pas à mon niveau".

Propos recueillis par B.S & S.D.D

Sidwaya

Le Faso

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