mis à jour le

Déclaration d’Ali Laârayedh : Les sympathisants d’Ansar al-Charia ripostent

Le chef du gouvernement Ali Laârayedh s’en est pris aujourd’hui mardi 27 août lors d’une conférence de presse à Ansar al-Charia, en déclarant : « Nous avons décidé de classer Ansar al-Charia comme une organisation terroriste. »
Sur les réseaux sociaux, les réponses des sympathisants d’Ansar al-Charia n’ont pas tardé. Tantôt menaçants, tantôt moqueurs, les salafistes ripostent à l’attaque du chef du gouvernement.

7

Photo : Page Facebook du Hizb ut-Tahrir

Pour les salafistes du Hizb ut-Tahrir, les déclarations d’Ali Laârayedh « sont conformes aux demandes de Béji Caïd Essebsi suite à sa rencontre avec le chef du parti Ennahdha Rached Ghannouchi à Paris ». Le mouvement « accuse les renseignements étrangers d’être derrière ces déclarations », et regrette que les salafistes soient devenus les « boucs-émissaires » du gouvernement.
« Ansar al-Charia n’est pas une organisation mais un groupe ouvert. Et assimiler tout le monde à la pratique du terrorisme pourrait générer des problèmes dans les quartiers et les mosquées en Tunisie », ajoute le Hizb ut-Tahrir.

Page Facebook des Cheikh salafistes en Tunisie

Page Facebook des Cheikhs salafistes en Tunisie

Ce photomontage publié sur la page Facebook des Cheikhs salafistes en Tunisie assimile le chef du gouvernement au dictateur déchu Ben Ali :
« Nom : Ali Laârayedh
Surnom : Mridh
[le malade]
Profession : Zine el-Abidine Ben Ali »

4

Photo : Page Facebook des Cheikhs salafistes en Tunisie

Sur la même page (Cheikhs salafistes en Tunisie), on trouve un autre photomontage, représentant Ali Lârayedh sur un fauteuil roulant, assorti de ce commentaire : « Ali “Mridh”, handicap au niveau du cerveau. »

2

Photo : Page Facebook des Cheikhs salafistes en Tunisie

Enfin, toujours sur la page des Cheikhs salafistes en Tunisie, ce photomontage figurant des bras de fer entre les politiciens (Hamma Hammami contre Ali Laârayedh, et Béji Caïd Essebsi contre Rached Ghannouchi), avec ce commentaire : « C’est nous qui en payons le prix. »

Photo : Page Facebook des Salafistes à Douar Hicher

Sur la page Facebook des Salafistes à Douar Hicher, qui qualifient Ali Laârayedh d’ « ennemi de Dieu », on peut lire : « Nous sommes tous Ansar al-Chariaa, et nous déclarons obéissance totale à notre émir Abou Iyadh. »
Le salafiste Abou Iyadh est recherché par les autorités tunisiennes, suspecté d’être impliqué dans plusieurs actes de violence et d’avoir orchestré l’attaque de l’ambassade américaine à Tunis le 14 septembre 2012.

8

Capture d’écran d’une vidéo publiée sur la page Facebook « Je suis musulman et fier de l’être ».

En guise de réponse aux accusations du chef du gouvernement, la page Facebook « Je suis musulman et fier de l’être » publie une vidéo signée Ansar al-Charia, sous le titre : « Message au chien Ali Laârayedh » (à l’origine, la vidéo n’était pas destinée au chef du gouvernement).

Il s’agit d’un prêche disant : « L’Islam vaincra, grâce à Dieu. Ils ne nous arrêterons pas, de la Tunisie à La Mecque [...] Même jusqu’à Rome, jusqu’en Andalousie. [...] Fais ce que tu veux : maintenant l’Islam s’est réveillé. »

6

Photo : Page Facebook pro-Nahdha « Tous avec le mouvement Ennahdha (L’union des pages du mouvement Ennahdha) »

Mais il n’y a pas que les salafistes qui réagissent sur les réseaux sociaux. Ainsi, sur la page Facebook pro-Nahdha « Tous avec le mouvement Ennahdha (L’union des pages du mouvement Ennahdha) », on peut lire : « Je serais le premier à classer Ansar al-Charia dans la liste des organisations terroristes, mais après que vous ayez jugé ceux qui incitent à la sédition, au chaos, les putschistes, les falsificateurs, les assassins qui créent la fitna [discorde], la terreur et sèment la peur dans les esprits des citoyens à travers les médias de la honte. »
Sont désignés, entre autres, Mohamed Brahmi (assassiné le 25 juillet), Béji Caïd Essebsi (qualifié de « leader des traîtres »), Tahar Ben Hassine (le patron de la chaîne El Hiwar Ettounsi), et le syndicaliste de Gafsa Adnène Hajj.

Enfin, l’avocat Hassan Ghodhbani, qui fut l’un des fondateurs du Mouvement de la tendance islamique (devenu Ennahdha), a déclaré sur Mosaïque FM : « Je rappelle à Ali Laârayedh que je l’ai défendu en 1991 alors qu’il était accusé d’appartenir à une organisation terroriste [Ennahdha]. »

Perrine Massy en collaboration avec Lilia Weslaty