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Pluralisme syndical : les mauvaises raisons

Le pluralisme syndical est incontestablement un signe de démocratie dans la société. Je pense que même ceux qui s'y opposent actuellement en Tunisie, le font surtout au nom d'une unité autour de la lutte en faveur des ouvriers et des fonctionnaires dont les intérêts risquent d'être compromis dans les périodes de confusion ou de transition, par trop de considération pour les calculs de politique politicienne.

Ce n'est d'ailleurs pas exclu que la poussée de nouvelles organisations syndicales en Tunisie, à partir de 2011, ait pour principal objectif d'atténuer l'impact d'une centrale syndicale, l'UGTT, jugée par trop puissante, au point d'infléchir de son poids les principales décisions concernant la gestion et la gouvernance du pays et de la société. De ce fait, il n'est sans doute pas erroné de pressentir la force politique qu'il y a toujours derrière la création d'une nouvelle organisation syndicale. Il est encore moins erroné de repérer on ne peut clairement le centre de décision qui pousse vers la dernière organisation en date, l'Organisation Tunisienne du Travail (OTT).

Tout cela peut se comprendre dans la tempête des tiraillements politiques actuels et notamment dans la vraie bipolarisation politique dont on évite de parler, celle entre le gouvernement et l'UGTT. Mais une nouvelle organisation syndicale, même si elle prétend corriger la voie de la centrale-mère (par refus de la règle de démocratie interne), est d'abord redevable d'une politique sociale spécifique et d'une stratégie de lutte caractérisée, afin de prétendre à une vraie raison d'être. Or voilà que, pour donner la raison d'être de son organisation et pour annoncer sa création, un dirigeant de l'OTT, le dissident de l'UGTT Mohamed Boukhari, avance l'argument qu'un dirigeant de l'UGTT aurait appelé à exclure tout syndiqué qui commencerait son propos par « Bismillah Errahman Errahim » (Au nom de Dieu Clément et Miséricordieux) !

C'est dire que la naïveté (pour ne pas dire la bêtise) est le défaut qui paraît le plus partagé entre certaines gens ! L'argument est-il suffisant, vraiment, pour provoquer une dissidence organisationnelle ? Un acte isolé et personnalisé (s'il en est ! et tout injustifiable qu'il est) remet-il en question une structure historique dont le destin est étroitement lié à celui de la Tunisie contemporaine ? Il faut reconnaître qu'en ces temps sans repères, tout devient possible et n'importe qui peut chercher à s'ériger en nouveau héros national !

Par Mansour Mhenni

Séquence de la conférence de presse . La nouvelle organisation défend la « char3ia » ( légitimité ) des islamistes

Réponse de Sami Tahri ,membre du bureau exécutif de l’UGTT