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Syrie : Obama prépare une intervention militaire alors que les inspecteurs de l’ONU poursuivent leur mission

Du gaz toxique a-t-il été utilisé contre des civils mercredi 21 août près de Damas ? Alors que les inspecteurs dépêchés par les Nations unies poursuivent ce mardi leurs investigations. Lundi, ils ont essuyé des tirs de snipers. Les Etats-Unis, de leur côté, n’ont pas attendu les conclusions des experts. John Kerry, le secrétaire d’Etat américain a déclaré que l’usage d’armes chimiques est indéniable et Washington soupçonne fortement le régime syrien d’être l’auteur de ces attaques. Une conviction partagée par de plus en plus de pays  occidentaux.

Les inspecteurs de l'ONU vont retourner sur le terrain ce mardi 27 août pour de nouveaux prélèvements. Ils ont déjà collecté plusieurs échantillons dont ils se disent très satisfaits . Selon le secrétaire général de l’organisation, Ban Ki-moon, l'analyse des résultats va prendre encore un peu de temps. Il n'a pas précisé de durée, explique notre correspondant à New York, Karim Lebhour.

Puisque l'ONU a fait de cette enquête sur l'incident du 21 août une priorité, on peut espérer que l'analyse sera rapide. Encore, une fois, il ne faut pas attendre de cette mission d'enquête de désigner des coupables, simplement de dire si l'attaque était bien une attaque chimique.

Et si l'ONU le dit, cela aura un poids et une crédibilité bien supérieure à celle des agences de renseignements américaines et européennes.

Avec Moscou d'un côté et les Occidentaux de l'autre, le bras de fer diplomatique s'intensifie autour de ce dossier syrien. Depuis le troisième veto de la Russie et de la Chine au Conseil de sécurité, les diplomates onusiens eux-mêmes reconnaissent qu'il n'y a rien à attendre du Conseil sur la Syrie.

Tout se joue maintenant en dehors de l'ONU. Cela signifie que s'il y a des frappes sur la Syrie, ces frappes seront en dehors de la légalité internationale, puisque c'est le Conseil de sécurité qui donne cette légalité. Mais les Etats-Unis et les Européens pourront toujours se prévaloir d'une forme de «légitimité morale» comme cela avait été évoqué pour le Kosovo en 1999.

Il faut aussi noter que les Etats-Unis viennent d'adresser un double camouflet à l'ONU. D'abord en disant que le travail des inspecteurs ne dira rien qu'on ne sache déjà, et puis en annulant la réunion avec la Russie pour préparer la conférence de Genève, dans laquelle l'ONU était très impliquée.

Cette intervention ne sera pas déclenchée rapidement car Barack Obama ne veut pas attaquer seul, explique notre correspondant à Washington, Jean-Louis Pourtet.

Comme en Libye, le président américain veut avoir une coalition multinationale avec lui. Faute de pouvoir avoir l’aval des Nations unies, Barack Obama veut former une alliance avec l'Otan et les pays occidentaux, dont notamment la France et la Grande-Bretagne, et aussi avec certains pays arabes dont la Turquie et les Emirats du Golfe.

Barack Obama ne voulant pas envoyer de troupes au sol ni établir une zone d'exclusion aérienne, car trop dangereux, des frappes aériennes contre les installations militaires syriennes semblent être l'option favorite du Pentagone.

Ce sera une attaque d'une portée limitée. Le président américain ne veut pas mettre le doigt dans un engrenage, mais comme c'est la deuxième fois que la ligne rouge a été franchie, il est obligé de réagir s'il veut que les Etats-Unis conservent leur crédibilité sur la scène internationale.

Lundi soir, les coups de fils de Russie se sont multipliés, rapporte notre correspondante à Moscou, Anastasia Becchio. Vladimir Poutine a parlé avec le Premier ministre britannique David Cameron, auquel il a dit qu’il n’avait «pas de preuves ni de l’utilisation d’armes chimiques, ni de qui en serait responsable».

Le chef de la diplomatie russe, Sergueï Lavrov, a eu un entretien avec son homologue turc. Lors de la conférence de presse qu'il a convoquée en urgence lundi, Sergueï Lavrov, qui appelle les pays occidentaux à attendre les conclusions des experts de l’ONU avant d’agir, a estimé que l'attaque de mercredi pouvait être une provocation de l'opposition syrienne. Il n’a toutefois pas apporté de preuve pour étayer ses propos, se bornant à faire référence aux innombrables clichés disponibles sur Internet.

Sergueï Lavrov a reconnu que la situation n'incitait pas à l'optimisme. Le ministre russe des Affaires étrangères estime que l'Occident a déjà pris sa décision, tout en prévenant qu'une intervention militaire ne réglerait rien, qu'elle emmènerait un chaos encore plus grand pour la région entière, citant les exemples de la Libye et de l'Irak.

Le report de la rencontre prévue mercredi à La Haye ne devrait pas rajouter d'optimisme du côté de Moscou. Le vice-ministre russe des Affaires étrangères, Guennadi Gatilov, qui devait y prendre part, dit «regretter» cette décision. Alors que la menace d’une action armée pèse sur la Syrie, «élaborer, dit-il, les mécanismes d’un règlement politique en Syrie aurait été extrêmement utile justement maintenant».

RFI

L'essor

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