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La présidente du Groupe Benso, Mme Macalou Bintou Koné :

Très engagée dans le combat pour une participation effective des femmes et des jeunes au processus démocratique, Mme Macalou Bintou Koné n’est plus à présenter car militante active de plusieurs associations parmi lesquelles la COREN, le réseau Trait d’Union et le Groupe Benso dont elle est la présidente. C’est, d’ailleurs, à ce titre qu’elle nous a reçus pour échanger sur les attentes du Groupe Benso suite à l’élection d’IBK à la magistrature suprême du pays.

 

 

Mme Macalou

L’Indépendant : Votre association, le Groupe Benso  » vient de participer activement à la campagne de sensibilisation pour l’élévation du taux de participation. Résultat : ce taux a battu tous les records dans notre pays. Qu’attendez-vous maintenant du président élu ?

Mme Macalou Bintou Koné : C’est vrai que nous nous sommes battus, les jeunes et les femmes rassemblés au sein du Groupe Benso, dans le District de Bamako, Kati et Moribabougou, en expliquant d’abord aux populations quels sont les enjeux de cette élection et demander aux femmes de sortir massivement pour retirer leurs cartes NINA. Nous avons fait du porte-à-porte et les gens ont bien apprécié. Comme vous avez pu le constater, le taux de participation des femmes a été beaucoup plus élevé par rapport aux autres années.

 

 

IBK a été plébiscité à l’issue de cette élection et les défis auxquels il doit faire face sont, naturellement, énormes. Quelles sont les attentes du Groupe Benso ?

Les défis sont vraiment nombreux pour le président élu. Nous saluons ce plébiscite. Mais la question que je voudrais poser est de savoir ce que nous devons, nous-mêmes, faire pour accompagner le président élu pour qu’il puisse relever ces défis. Quand je dis nous, il s’agit de la population, de la communauté, la société civile, les femmes, les jeunes. Je voudrais alors exhorter toutes ces couches à travailler, à changer notre manière de voir les choses, à changer de comportement.

 

Nous nous plaignons toujours de l’Etat. Mais il faut que nous fassions d’abord notre propre autocritique. Il faut que nous nous interrogeons, chacun à son niveau au lieu de travail et dans la famille, ce que nous avons fait ou faisons pour cet Etat, pour ce pays. Parfois, je me demande si nous voulons réellement le changement. Tout le monde dit changement, renouveau, refondation, renaissance. Nous faisons de la résistance contre nous-mêmes. Alors que ce renouveau ne peut se faire sans nous-mêmes. Si nous osons, les choses vont changer.

 

 

A propos de changement, beaucoup de Maliens estiment que l’exemple doit venir d’en haut, c’est-à-dire des dirigeants d’abord. N’ont-ils pas raison ?

Ça, c’est la lecture de certaines personnes. Moi, je pense le contraire. Je renverse la pyramide. Je me dis qu’on va de la base au sommet. Si nous acceptons le changement, il aura lieu ; si nous acceptons de relever le défi, il le sera.

 

 

IBK aura-t-il les mains libres avec cette ruée de personnalités à son domicile ou à son QG de campagne dans la perspective d’un éventuel partage du gâteau ?

Tout est question de volonté. Nous pensons qu’il a déjà tracé la voie dans sa première déclaration après son élection. Il a dit que son pouvoir ne sera pas un partage de gâteau. Mais sur le plan individuel, ceux qui attendent un éventuel partage de gâteau devront, après les propos du président, revoir leurs ambitions à la baisse. Il faudrait donc que chacun comprenne ce message qui est un signal et un engagement fort. Etant un homme d’expérience à cheval sur les principes, d’une grande culture et d’une grande famille, IBK ne décevra pas les attentes des Maliens.

 

 

Votre mot de la fin...

Nous, les femmes, sommes en train de prendre conscience de notre devoir de citoyennes incontournables dans le processus démocratique. En tant que vecteur de paix, nous avons beaucoup compris ce qui s’est passé dans notre pays. Raison pour laquelle nous devons nous engager dans la voie du vrai changement.

Propos recueillis par  Mamadou FOFANA

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