mis à jour le

Colony Capital s’empare d’Accor, quelles conséquences pour RISMA ?

Gros coup de tonnerre dans le ciel déjà passablement agité du groupe hôtelier international Accor. Sébastien Bazin, jusqu'à présent président pour l'Europe du fonds d'investissement Colony Capital, prend les commandes du groupe, dont la direction était assurée provisoirement jusque-là par Yann Caillère (dit « le Marocain »). On se rappelle que ce dernier, né à Agadir et par ailleurs président du conseil de surveillance du fonds RISMA, avait succédé en juin 2013 à Denis Hennequin, lequel n'avait tenu que deux ans et demi à peine à la tête du groupe fondé par Gérard Pélisson et Paul Dubrule.

Cette nouvelle configuration à la tête d'Accor est le dernier rebondissement d'une crise qui dure depuis plusieurs années entre le top management et les deux actionnaires de référence que sont Colony Capital et Eurazeo, qui détiennent solidairement 21,4 % du capital du groupe et occupent quatre des dix sièges du conseil d’administration d'Accor.

En effet, le groupe hôtelier a vu trois de ses patrons remerciés en l’espace de huit ans et le dernier, Denis Hennequin, a sans doute été sanctionné pour avoir visiblement renâclé à mettre en oeuvre les cessions et les externalisations d’actifs hôteliers réclamées par les deux fonds, qui ont opté pour une stratégie « d'Asset Light », axée essentiellement sur la gestion hôtelière sans la possession des murs.

C’est aussi sous la pression du binôme Colony-Eurazeo que le groupe s’était séparé de ses activités de services, rebaptisées Edenred, mises en Bourse en juillet 2010.

Des conséquences pour Risma ?

Connaissant la volonté de Colony Capital et Eurazeo de miser essentiellement sur le rendement de l'action Accor en bourse alors que Bazin et son associé américain d'origine libanaise Tom Barrack ne sont pas particulièrement connus pour leur esprit philanthropique, on ne manquera pas de s'interroger sur les éventuelles répercussions de ce bouleversement au sein d'Accor sur le fonds RISMA, premier opérateur hôtelier du Royaume.

Il est évident, en effet, que Yann Caillère, qui compte de nombreux amis et appuis au Maroc, et qui avait succédé à Gérard Pélisson à la présidence du Conseil de Surveillance de Risma, ne pourra se maintenir à ce poste au regard de la position minoritaire d'Accor dans le capital de ce fonds, où dominent désormais les institutionnels marocains emmenés par le président Othman Benjelloun (RMA Watanya).

D'autre part, il existe un passé relativement chargé entre Colony Capital (notamment Barrack et Bazin) et les autorités marocaines à cause du fiasco de Taghazout, lorsque Colony Capital, adjudicataire de la station touristique proche d'Agadir, « avait baladé » pendant plusieurs années le gouvernement marocain, mais aussi les banques (BMCE notamment), avant d'être « remercié » assez abruptement pour non respect des clauses contractuelles. On avait d'ailleurs compris à l'époque (où M. Bousaïd dirigeait le département du Tourisme), que Colony Capital voulait essentiellement faire financer la construction de la station de Taghazout par les banques locales, ne prévoyant d'injecter qu'un minimum de capital dans le projet tout en réduisant fortement « la voilure » du cahier des charges…

C'est donc une nouvelle configuration qui pourrait s'imposer au niveau de RISMA avec un tour de table où les institutionnels nationaux dominent (voir encadré infra), sous l'autorité diligente du président Othman Benjelloun qui a eu l'heur et la volonté d'inviter la CIMR, la MAMDA-MCMA à participer au développement de ce fonds avec les actionnaires nationaux initiaux que sont RMA Watanya, CFG group ou encore T Capital Group.

On devrait donc s'attendre dans les semaines à venir à la désignation d'un nouveau président à la tête du conseil de surveillance de Risma, et nul doute que les autorités marocaines seront très attentives au choix qui sera fait…

Ce qui est également prévisible, eu égard au poids de RISMA dans l'économie touristique nationale, alors que le secteur fait preuve d'une remarquable résilience, c'est que le fonds s'engage encore plus dans une politique de développement de son parc hôtelier par l'arrivée de nouveaux actionnaires nationaux, notamment des institutionnels de renom.

Connaissant les liens qui unissent FinanceCom, navire amiral du président Othman Benjelloun, au Groupe CDG, notamment au niveau de l'opérateur télécoms Méditel ou encore du capital de BMCE Bank (à hauteur de 8 %), il ne serait pas étonnant que le groupe dirigé par M. Anass Houir Alami s'intéresse de plus près à cette locomotive du tourisme marocain. Une éventualité que renforcent à la fois la cession des parts de la CDG dans le capital de Club Med international, mais aussi les axes stratégiques du groupe Accor très largement orientés vers l'Asset light.

Un nouveau challenge donc pour RISMA, plus que jamais indispensable à la stratégie de développement de l'industrie touristique du Royaume, à son tour de table majoritairement national (RMA, CIMR, MAMDA…) et à son management emmené par MM. Amine Echcherki et Marc Thepot.

Afifa Dassouli

 

Encadré :

Tour de table de RISMA au 30 juin 2013

Accor Sa : 33,21 %

RMA Watanya (à travers plusieurs fonds) : 27,92 %

Flottant en bourse : 13,08 %

CIMR : 10,11 %

MAMDA-MCMA : 6,65 %

T Capital Group : 6,0 %

CFG Group : 3,02 %

La Nouvelle Tribune

Ses derniers articles: Peinture : Patrick Jolivet  Le Maroc renforce ses capacités de production en énergie solaire  Plus de 51.000 bénéficiaires de l’Initiative royale “Un million de cartables” 

capital

AFP

Mondial: match capital pour le Brésil face

Mondial: match capital pour le Brésil face

Actualités

Le capital décès de Mohamed Brahmi par l'ANC est de 500 dt

Le capital décès de Mohamed Brahmi par l'ANC est de 500 dt

LNT

OCP rachète 50 % du capital de

OCP rachète 50 % du capital de