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Oudalan : La Croix-Rouge vole au secours des populations rurales

La Croix-Rouge burkinabè et le Comité international de la Croix-Rouge ont procédé les 23 et 24 août dernier, à la distribution de vivres aux populations rurales de certains villages dans la province du l'Oudalan.

En juin dernier, la Croix-Rouge burkinabè (CRB) et le Comité international de la Croix-Rouge (CICR) procédaient à la distribution de vivres aux populations démunies du fait non seulement des caprices pluviométriques, mais aussi de leur générosité envers les réfugiés maliens arrivés massivement dans ces villages du sahel burkinabè. En effet, précise Lazare Zoungrana, président de la CRB, les « braves populations » de l'Oudalan « ont malheureusement été confrontées à de graves difficultés pluviométriques des années précédentes, et également à l'arrivée massive de réfugiés maliens ». Avec ces derniers, elles ont été « très accueillantes avec le peu qu'elles avaient, et finalement elles se sont elles-mêmes retrouvées davantage dans des situations de précarité », à en croire M. Zoungrana. Au même moment, « nous avons constaté que beaucoup d'aides allaient du côté des réfugiés », a-t-il ajouté.

Et comme la mission de la Croix-rouge, « c'est toujours apporter du soutien à ceux qui sont en détresse », les responsables du CICR et de la CRB ne se sont faits prier pour déclencher cette opération de distribution de vivres. La présente phase de l'opération - la deuxième - se trouve motivée surtout par les échos enregistrés à l'occasion d'un suivi de la première phase, et selon lesquels « les vivres ont été bien appréciés et utilisés par les bénéficiaires », a confié Moussa Ouattara, chef du bureau du CICR au Burkina. Mais, précise M. Zoungrana, « c'est une assistance ponctuelle pour les aider à sortir de cette situation de précarité ».

Tout comme à la première phase, chaque famille inscrite sur les listes de bénéficiaires a reçu un sac (50 kg) de mil, un sac (10 kg) de haricot, un bidon (5 litres) d'huile et du sel (1 kg). De quoi réchauffer les marmites quotidiennement pour environ deux semaines, à en croire les bénéficiaires. « Grâce à ces dons, les prix de produits céréaliers sur le marché ont chuté », foi de Souleymane Ag Agadi, correspondant local de la CRB à Gandafabou . Le sac 100 kg de mil est passé de 30 000 FCFA à pareil moment de l'année dernière, à moins de 25 000 FCFA actuellement, a-t-il confié. Et de rassurer, « personne ne revend les vivres qu'on nous donne ; on se connaît tous ici ».

Ce sont au total, 1 500 familles réparties sur six sites, soit environ 9 000 personnes qui ont bénéficié de ces vivres. Toutefois, certaines familles du village de Déou frauduleusement inscrites et qui ont été gratifiées à la première phase de l'opération, se verront refuser le bénéfice de cette seconde phase. Dans ce village, précise Tuo Doféré, responsable desdites opérations de distribution, « c'est un agent qui a inséré les noms de certaines personnes qui ne devraient pas être sur la liste ». Et de rassurer, « les gens qui sont sur les listes sont des gens effectivement vulnérables ».

Après ces deux phases de distribution de vivres, Moussa Ouattara dit espérer « qu'ils auront de bonnes récoltes en octobre ». Et de lancer à l'endroit des populations « Vous aurez toujours le CICR, la CRB à vos côtés pour lutter contre la souffrance, sous toutes ses formes ! ».

Des vivres, et après ?

L'intervention « en papa noël » du mouvement de la Croix-Rouge dans la région du sahel burkinabè n'a pas commencé avec l'arrivée des réfugiés maliens, mais bien avant, à en croire Lazare Zoungrana. Et elle ne se rapporte pas aux seules opérations de distribution de vivres. Des opérations de distributions de semences se sont déroulées à l'initiative du mouvement qui entend faire en sorte que les rendements agricoles s'améliorent. L'action du mouvement de la Croix-Rouge n'est donc pas prête de s'arrêter avec la fin des opérations de distribution de vivres.

« Nous avons envisagé faire également un certain nombre d'activités, notamment des activités de vaccination de bétail », a confié M. Zoungrana. En effet, les populations en question pratiquent, en majorité, l'élevage. Il s'agira donc de les soutenir dans cette activité.

Ces activités de vaccination, tout comme les autres qui auront été arrêtées, profiteront à la fois aux réfugiés et aux populations burkinabè qui les ont accueillis.

A terme, le mouvement de la Croix-Rouge s'active « pour aller dans le sens de ce que nous appelons le relèvement », a confié M. Zoungrana. Mais, précise-t-il, « c'est de façon progressive que nous sommes en train d'intervenir en faveur de ces populations ».

Et qu'en est-il de l'assistance aux réfugiés ?

Les réfugiés maliens au Burkina Faso continuent de bénéficier de l'assistance du mouvement de la Croix-Rouge. L'action du mouvement est toutefois concentrée sur le site de Saagniogniogo dans la commune rurale de Pabré, en partenariat avec les autres acteurs humanitaires. Ces réfugiés bénéficient, précise Lazare Zoungrana, « de la distribution de vivres et de non-vivres ». En effet, le mouvement de la Croix-Rouge s'active avec ses partenaires sur le terrain, en matière d'eau, d'hygiène, d'assainissement, de la prise en charge sanitaire, dans le domaine de la sensibilisation.

Mais en plus du site de Pabré, le mouvement de la Croix-Rouge intervient sur le site des réfugiés de Goudebo dans le sahel. Au niveau de ce site, confie M. Zoungrana, « nous travaillons dans le domaine de la protection psycho-sociale pour les enfants des réfugiés ». Et de poursuivre, « avec l'appui de l'UNICEF (Fonds des Nations-Unies pour l'enfance) et du HCR (Haut-commissariat des Nations-Unies pour les réfugiés), nous avons mis en place un certain nombre d'infrastructures permettant de travailler dans l'épanouissement de ces enfants qui subissent eux aussi les conséquences du statut de réfugiés de leurs parents ».

Et avant de rejoindre les sites de distribution des vivres ce 23 août 2013, l'équipe du mouvement de la Croix-Rouge a fait escale sur le site des réfugiés de Dibissi où une partie de la délégation est restée pour appréhender avec les locataires des lieux, la question du rétablissement des liens familiaux entre réfugiés et leurs proches qui se seraient retrouvés ailleurs. A l'occasion, le chef du site, Mohamed Issouf, a soulevé quelques problèmes tenant entre autres à l'état de leurs habitats qui coulent en ces périodes de pluies.

La question des prisonniers arrêtés dans le contexte de la guerre - originaires du Nord Mali surtout - entre les mains de l'Etat maliens, a également été abordée par Mohamed Issouf qui a confié s'inquiéter du sort de ces prisonniers. Pour lui, ils devraient être libérés conformément à l'accord préliminaire signé le 18 juin dernier à Ouagadougou. « Certains ont été libérés, mais parmi eux, personne de chez nous », s'insurge-t-il, avant de relever avoir appris récemment que ces prisonniers sont divisés en trois catégories (islamistes, narcotrafiquants, mouvements rebelles) et de souhaiter voir leur libération.

Ce ne sont pas les difficultés qui manquent dans l'acheminement des vivres

Les difficultés tiennent surtout à la question de l'accessibilité des sites et des bénéficiaires. « L'état des routes est tellement dégradé que pour accéder aux bénéficiaires, c'est un parcours du combattant », a relevé M. Zoungrana.

Le moins que l'on puisse dire, c'est cette seconde phase de l'opération de distribution de vivres a été pénible au cours de l'acheminement. A environ six kilomètres du site de distribution de Ferrerio, le camion transportant les vivres s'est embourbé. Il a fallu le décharger et acheminer les vivres par d'autres véhicules de capacité moindre.

Même situation à Gandafabou. Là, les deux camions ont été vidés et les vivres distribués au lieu où ils se sont embourbés. Après ce site, c'est une des voitures de transport de personnes qui s'est embourbée dans un « fleuve sable ».

Au total, d'importants enseignements : des véhicules tout-terrain, et des chauffeurs qui connaissent bien le terrain, pour conduire à bien de telles opérations en pareils moments.

Fulbert Paré

Lefaso.net

Le Faso

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