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Un Maroco-Allemand condamné pour "terrorisme" en grève de la faim

Un Maroco-Allemand, Mohamed Hajib, dont la détention pour "terrorisme" au Maroc a été qualifiée "d'arbitraire" par un groupe de l'ONU, a entamé une grève de la faim pour protester contre sa situation, a affirmé lundi une ONG locale.

"Les Nations unies ont demandé à l'État marocain de libérer Mohamed Hajib, jugeant son procès inéquitable. Mais rien n'a été fait", a déclaré à l'AFP Anas Hellawi, un membre du Comité conjoint de défense des détenus islamistes.

"En conséquence, Mohamed Hajib a débuté une grève de la faim", a-t-il ajouté.

Ce détenu, qui se trouverait à la prison de Tiflet (50 km à l'est de Rabat), a été condamné en 2010 à 10 ans de réclusion pour "terrorisme", après avoir été arrêté l'année précédente à la frontière pakistano-afghane. Cette sentence a été ramenée à cinq ans début 2012.

Entre-temps, Berlin avait indiqué être en discussion avec Rabat au sujet d'accusations de mauvais traitement formulées par le prisonnier.

Dans son dernier rapport annuel, l'ONG Amnesty International (AI) a pour sa part souligné qu'un groupe de travail de l'ONU avait jugé (en août 2012) sa détention "arbitraire", faisant état "d'aveux qui auraient été obtenus sous la torture pendant sa détention provisoire, en l'absence d'un avocat".

Dans ce document, l'ONG basée à Londres évoque d'autre part le sort d'un autre binational, Ali Aarrass. 

Ce Belgo-Marocain arrêté dans l'enclave espagnole de Melilla en 2008, sur la base d'accusations de trafic d'armes au profit d'un réseau islamiste, purge actuellement une peine de 12 ans de prison pour "terrorisme". Il affirme lui aussi avoir signé des aveux sous la torture.

Selon AI, Ali Aarrass, emprisonné à Salé, près de Rabat, a également observé une récente grève de la faim, interrompue début août après une visite d'un représentant du Conseil national des droits de l'Homme (CNDH), un organisme institutionnel marocain.

La semaine passée, plusieurs dizaines de familles de détenus salafistes ont manifesté à Rabat afin de réclamer la libération de leurs proches, pour la plupart arrêtés après les attentats du 16 mai 2003 à Casablanca, réfutant les accusations à leur encontre.

AFP

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