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Magazine-Régions: Diéma : ANES OU ROIS DU MACADAM

Il n'est pas bon de laisser les ânes à eux-mêmes

L'âne a des qualités insoupçonnées. C'est un animal docile, courageux et brave. Il travaille beaucoup, ne connait jamais de repos. Il reçoit en longueur de journée des coups de bâton qu'ils ne méritent pas souvent. Nos ânes sont maltraités ceux qui les utilisent. Si un manoeuvre n'a pas envie de travailler, d'aller chercher du bois mort en brousse, il blesse intentionnellement son âne, ainsi le maître s'il est clément, le laisse se reposer jusqu' à ce que l'animal guérisse, mais dans la plupart des cas, le maître exige à ce que le manoeuvre soigne son âne, à ses propres frais, il est prêt à déduire de son salaire. La boulimie de l'âne est légendaire. « Lorsque que quelqu'un dit que vous manger comme un âne mieux vaut mourir une bonne fois » déclare Soungalo, un ânier et fin connaisseur de bêtes. Cette bête très utile est mal récompensée. Il est considéré comme un animal expiatoire sur lequel on déverse tout. On a besoin de lui seulement lorsqu' il est bien portant. Dans nos milieux, l'âne est utilisé différemment, selon les ethnies. Par exemple chez les soninkés, on s'en sert généralement pour faire le labour, pour se déplacer en charrette, pour le transport de l'herbe, du bois. En milieu peulh, on fait recours à l'âne quand il s'agit de faire la transhumance, de déménager d'un campement à un autre. Les maures eux, utilisent l'âne pour le transport, le commerce du pain de singe, la transhumance. Les fonctionnaires de Diéma emploient l'âne pour la vente de l'eau et le transport du bois de cuisine, c'est pour simplement générer des ressources. Il faut reconnaître que depuis un certain temps les ânes règnent en maître dans les rues. Les artères principales de la ville de Diéma sont envahies par les ânes. Difficile souvent de se frayer un chemin à cause de ces bêtes en divagation, sans destination précise. Ils ne cèdent jamais le passage aux usagers, même au vrombissement des engins. C'est pourquoi, il n'est pas rare de voir un conducteur sauter de son engin pour chasser la bête entêtée. D'autres, les plus impatients, surchauffés, n'hésitent pas à les heurter violemment pour passer. « Si ton âne travaille dur pendant le jour, il faut le libérer la nuit pour lui permettre de récupérer, avant la prochaine corvée », soutient Bréhima Samaké. Mais pour Bakoré Diaby paysan pilote il n'est pas bon de laisser les ânes à eux-mêmes, ils peuvent causer de fâcheux dégâts. C'est pourquoi il est de prendre des mesures adéquates pour combattre la divagation des ânes en milieu urbain. Ces des temps de nombreux accidents surviennent par la faute de ces animaux en divagation dont on ne sait plus quoi faire. Les autorités municipales devraient faire en sorte que tout âne en divagation soit à la fourrière et infliger une amende au propriétaire de l'animal. C'est par cela seulement que cette pratique néfaste et nuisible pourrait s'estomper.

O.BA

AMAP-Diéma

 

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Niono : LAVAGE DES MAINS, ENCORE DU CHEMIN A FAIRE

Ici on continue à se laver les mains dans le même récipient sans dispositions particulières

Traditionnellement dans nos familles notamment en milieu rural, les repas sont pris en groupe autour du chef de la famille, de l'oncle ou du plus âgé des enfants. Le dispositif est le même chez les femmes aux heures des repas. Qu'il s'agisse de l'un ou de l'autre groupe, avant de manger, on lave les mains à tour de rôle dans le même récipient, du plus âgé au moins âgé du groupe. Après le repas le même ordre est respecté. Il est interdit aux plus jeunes de laver leurs mains avant les aînés selon la tradition. Le contraire est considéré comme étant une désobéissance à l'égard de ces derniers. Cette pratique est toujours en vigueur dans plusieurs familles maliennes aussi bien en campagne qu'en milieu urbain. Niono n'est pas une exception. Pourquoi cette pratique demeure-t-elle vivace encore malgré l'évolution du temps et les multiples sensibilisations des populations à travers les médias, sur les maladies auxquelles s'exposent les convives d'un tel système? Une enquête que nous avons menée à Niono ville et dans quelques villages environnants, nous renseigne différemment sur les raisons profondes de la pratique. Le constat général qui se dégage après les entretiens que nous avons eus sur le terrain, est que la pratique est d'ordre socio culturel. Au dire de notre premier interlocuteur vivant dans une famille assez nombreuse dans la périphérie de Niono, le lavage collectif des mains avant et après le repas est une manière d'éduquer les enfants notamment dans le domaine de la socialisation. Avez-vous constaté en s'adressant à moi, que le bord du récipient contenant l'eau est tenu par les enfants ? Savez- vous que cela a un sens ? N'est- ce pas que c'est le plus jeune qui est le dernier à se laver les mains ? C'est là, la source de la soumission dans la famille dit-il avec force. Mais à la question de savoir si cette eau est consommée par les enfants dans certaines familles comme l'a affirmé notre premier interlocuteur, il dit n'avoir pas rencontré pareil cas, mais que ce n'est pas exclu car chaque famille a ses principes, et certaines d'entre elles sont rattachées fermement aux coutumes que leur ont léguées leurs ancêtres. En poussant notre enquête dans la périphérie de Niono, nous sommes tombés sur un chef de famille d'âgé de près de 75 ans. Selon lui de nos jours, nous devons nous interroger pourquoi nos familles se disloquent. Pourquoi les enfants de même père et de même mère se convoquent à la justice ? Pourquoi ils ne nourrissent aucun amour familial les uns pour les autres ? C'est le piétinement de nos valeurs ancestrales, de nos traditions et coutumes qui sont à la base de l'effritement de l'autorité parentale, de la mauvaise éducation de nos progénitures. Le rassemblement des membres de la famille autour du même plat, le lavage des mains dans la même calebasse, le silence que tout le monde observe autour du plat la tête baissée pour ne pas croiser le regard du chef de la famille et la main gauche tenant respectueusement le rebord du récipient contenant le repas, sont entre autres repères en matière d'éducation en famille qui ont disparu. Aujourd'hui les enfants parlent autour du plat sans tenir compte de la présence du père, de l'oncle ou du grand frère. Un enfant qui finit de manger aujourd'hui lave ses mains et disparaît sans même dire merci souvent. Il est bon d'être propre je n'en disconviens pas, mais pas au détriment de l'éducation dit-il. Le lavage collectif des mains à l'eau simple avant de manger et après avoir fini de manger obéit à une règle, une tradition dans la famille que nul ne doit transgresser. Nous devons encrer cette culture dans l'esprit de nos enfants en vue de la cohésion, de la solidarité et de l'amour entre tous les enfants dans la famille. Aussi nous ont appris nos grands parents, que celui qui se lave les mains avec du savon ne gagnera jamais de l'argent. Aussi avons-nous les moyens d'acheter régulièrement du savon pour se laver les mains à chaque repas ? Cette idée est partagée par un grand nombre de personnes que nous avons rencontrées à Niono ville. Rare sont les familles qui disposent de dispositifs de lavage des mains avec du savon avant et après le repas, et qui suivent à la règle le geste qui sauve comme on le dit. C'est à dire se laver les mains à l'eau propre et au savon aux moments critiques : au sortir des toilettes, avant de manger ou de donner à manger, après le nettoyage anal des enfants et avant de préparer les repas. Le comble est que même dans certaines familles lettrées cette règle n'est pas totalement suivie. Mais à quelles maladies s'expose-t- on en pratiquant le lavage collectif des mains ? Selon le docteur Moussa Modibo Diarra du centre de santé de référence de Niono que nous avons rencontré, la pratique provoque chez l'homme les diarrhées, les vers intestinaux, la grippe, les maladies oculaires entre autres. Pour y mettre fin il faut davantage de sensibilisation et continuer à doter les familles de dispositifs de lavage des mains avec du savon, vu le faible revenu des familles. Le docteur Diarra a rappelé les distributions faites par son service dans ce sens lors de la commémoration de la journée mondiale du lavage des mains au savon le 16 Octobre 2012 à Niono. Cette distribution a été suivie récemment par une autre, effectuée par l'Association Protestante de la santé au Mali (APSM), en faveur des personnes déplacées des régions Nord du pays et leurs familles d'accueil. Mais la lutte doit être permanente pour amener les populations à bien comprendre les risques liés à la pratique. Les seuls agents de la santé ne peuvent pas réussir à amener les populations à un changement de comportement tant la pratique est fortement encrée dans l'esprit de certaines couches sociales. Il faut l'implication de tous les acteurs dans nos contrées notamment celle des leaders communautaires.

C. O. DIALLO

AMAP-Niono

 

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Mopti : FEMMES DANS LES SPHERES DE DECISION

Une rencontre du comité régional de mise en ½uvre de la stratégie nationale de participation et de représentativité accrues des femmes aux élections générales, présidée par le représentant du gouverneur, M. Boucari Diallo, s'est récemment déroulée à a maison de la femme à Mopti. Cette rencontre a été l'occasion de présenter aux participants la stratégie nationale de participation du plan d'action régional 2013/2016 pour sa mise en ½uvre en 5ème région. Les deux documents ont été présentés par la directrice régionale de la famille, de la promotion de la femme et de l'enfant de Mopti, Mme Diallo Mama Diarra qui pour la première présentation, a explicité la stratégie nationale à travers son contexte/justification, ses objectifs, les axes opérationnels et les mécanismes de coordination et de gestion de la stratégie. Elle a ensuite expliqué que la stratégie nationale pour une participation et une représentativité accrues des femmes aux élections générales est la traduction des potentialités des femmes et des hommes dans le développement du pays par leur participation égale aux sphères des décisions.

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