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Syrie : les experts de l’ONU à pied d’

Des inspecteurs de l’Onu se sont rendus lundi dans la banlieue est de Damas où des armes chimiques auraient fait des centaines de morts, soulevant une vague d’indignation dans les capitales occidentales qui réfléchissent depuis à une riposte militaire.

Les autorités syriennes ont donné leur feu vert dimanche à l’inspection du site. Les Etats-Unis et leurs alliés jugent toutefois cette autorisation tardive et craignent que les preuves n’aient disparu sous les bombes qui ont continué à s’abattre sur le secteur au cours des cinq derniers jours.

Vêtus de gilets pare-balles aux couleurs de l’Onu, les experts ont quitté le centre de la capitale à bord de six voitures escortées par un véhicule des services de sécurité et une ambulance. Ils ont pris la direction de la Ghouta orientale, où un gaz neurotoxique a fait de 500 à un millier de morts, mercredi matin, selon l’opposition.

Dénonçant des allégations mensongères, Bachar al Assad a quant à lui lancé un avertissement aux Etats-Unis. « Est-ce qu’un Etat emploierait des armes chimiques ou toute autre arme de destruction massive là où ses propres forces sont concentrées? Ce serait contraire à la logique la plus élémentaire. De telles accusations sont donc entièrement politiques », dit-il dans un entretien publié lundi par le quotidien russe Izvestia. « L’échec attend les Etats-Unis, comme dans toutes les autres guerres qu’ils ont lancées, à commencer par le Vietnam et jusqu’à ce jour », ajoute-t-il.

Selon les Nations unies, Damas a accepté le principe d’un cessez-le-feu pendant l’inspection du site. Les rebelles de la Ghouta ont également promis de suspendre leurs opérations et plusieurs brigades ont offert leur protection aux inspecteurs. « Nous avons accepté de cesser nos actions et la matinée a été beaucoup plus calme, mais il y a encore des tirs de mortier et un raid aérien a été mené », a déclaré un insurgé joint via Skype. On pouvait entendre des explosions en arrière plan.

Les appels en faveur d’une initiative militaire se multiplient depuis mercredi et tous les regards sont tournés vers les Etats-Unis, où Barack Obama a parlé il y a un an de « ligne rouge » à ne pas franchir au sujet des armes chimiques.

La Russie, dernier allié de poids de la Syrie et aussi son premier fournisseur d’armes, soupçonne ouvertement les insurgés d’avoir eux-mêmes eu recours aux armes chimiques pour déclencher une réaction internationale et juge que toute conclusion hâtive en ce qui concerne les auteurs du bombardement de mercredi serait « une tragique erreur ». Le ministère russe des Affaires étrangères a dit redouter un recours à la force de la part des Etats-Unis, qu’il a invités à ne pas céder aux « provocations ».

Exprimant son hostilité à l’emploi d’armes chimiques, la Chine a quant à elle apporté son soutien à une enquête indépendante et objective.

Quant à l’Iran, qui soutient fermement le régime baassiste, il a lui même tracé sa « ligne rouge » dimanche, menaçant l’administration Obama de « graves conséquences » en cas d’intervention militaire en Syrie.

A Washington, on souligne qu’aucune décision n’a été prise. Selon le sénateur Bob Corker, Barack Obama demanderait au Congrès l’autorisation de recourir à la force à la reprise des travaux parlementaires, début septembre. « La décision n’est pas encore prise », a lui aussi déclaré lundi le ministre français des Affaires étrangères. « Il faut proportionner les réactions, mesurer, agir à la fois avec détermination et avec sang-froid, et c’est ça qui va être arbitré au cours des jours qui viennent.

« Les options sont ouvertes, la seule option que je n’envisage pas, c’est de ne rien faire », a poursuivi Laurent Fabius, selon lequel Moscou et Pékin opposeraient probablement leur veto à toute résolution de l’Onu autorisant le recours à la force. Pour son homologue britannique, William Hague, un tel mandat n’est pas indispensable. « Est-il possible de répondre aux armes chimiques sans une unité complète du Conseil de sécurité de l’Onu? Je soutiens que oui car dans le cas contraire il serait impossible de répondre à de tels scandales, de tels crimes et je ne pense pas que cela soit une situation acceptable », a-t-il estimé sur les ondes de la BBC.

La Turquie, jadis proche d’Assad et aujourd’hui l’un des ses plus virulents adversaires, a fait savoir lundi qu’elle était prête à s’associer à une opération militaire internationale.

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