mis à jour le

Fraude électorale et législatives : Les 4 V du Parena au ministre Moussa Sinko

Aux grands maux, les grands remèdes. Après une partialité exaspérante qui n’a d’égal que le mépris impérial avec lequel il a conduit l’élection présidentielle, le ministre Moussa Sinko Coulibaly dont la démission a été vivement sollicitée pour faute grave, a encore du toupet à vouloir organiser les législatives. Mais, avertit le Parena, ça suffit monsieur le ministre qui a perdu la confiance de la classe politique combattante et imperturbable. Prêt Pour la Révolution (PPR), comme nous le surnommons, de son vrai nom Djiguiba Kéïta n’est pas parti avec le dos de la cuillère pour bloquer net celui qui croit que le Mali est devenu son terrain conquis, ou celui de ses commanditaires. Tenez-vous bien !

Djiguiba Keita, dit PPR

L’élection présidentielle, comme nous l’avions souligné, a connu avec la bénédiction du ministre Moussa Sinko Coulibaly de multiples dysfonctionnements et nombre d’opérations frauduleuses. Au niveau des matériels : fichier électronique parallèle avec 962 bureaux de vote additionnels soit un réservoir de 481.000 électeurs fictifs, cartes parallèles NINA et NINAA dont 1 956 012 de cartes sans photos… Et pour la procédure : votes multiples, urnes dans des lieux de culte, bourrage d’urnes avant même le début des opérations électorales, harcèlement et intimidation des mandataires et délégués du candidat Soumaila Cissé par les forces de l’ordre, instrumentalisation de l’armée, utilisation de l’appareil de commandement à des fins partisanes...

Au lieu de songer à corriger ces insanités, le ministre dans son envolée putschiste à davantage accomplir sa mission d’usurpation du pouvoir veut organiser les législatives. C’est alors que le porte parole du Parena, à l’occasion de la rencontre du ministre de l’Administration territoriale, de la Décentralisation et de l’Aménagement du Territoire avec les partis politiques pour les préparatifs de ces élections, a adressé à son excellence une lettre qui fera date dans les annales politiques. Cette lettre ne manque de baliser une fois pour toute la supercherie qui a prévalu lors de la présidentielle à travers un temps de vote injustifiable, un scrutin qui a laissé sur le quai des milliers de Maliens incapables d’exprimer leur droit civique, etc. Lisez plutôt la lettre !

 A
MONSIEUR
LE MINISTRE DE
L’ADMINISTRATION TERRITORIALE
 
                Monsieur le Ministre,
Nous faisons la politique il y a longtemps. Moi qui ai plus d’un aîné dans cette salle, mes premiers pas remontent à 1975, à l’occasion de la visite du Président Ahmed Sékou Touré au Mali et de son historique meeting au stade omnisports Modibo Keita du 13 juillet 1975. C’est dire que nous ne sommes donc pas des néophytes. Il y a longtemps que le cadre de concertation des partis politiques ne s’est pas réuni. Vous avez toujours affiché le plus souverain des mépris envers les partis politiques or, il n’y a pas de démocratie sans partis politiques viables. Sous l’ère ATT nous l’avons dénoncé dès le 25 janvier 2003, aujourd’hui nous le clamons haut et fort à l’entame de la nouvelle ère ATT qui ne dit pas son nom, c’est-à-dire une ère de grand opportunisme où la conviction n’a aucune place. Je voudrais vous demander donc d’avoir à l’esprit que c’est par un coup d’Etat, c’est-a-dire la plus grande effraction qu’on puisse commettre dans un pays, un crime imprescriptible, que vous êtes là. Donc même si par trahison de la nation et ingratitude envers les patriotes le Président Dioncounda vous a élevé au grade de Général, comme prime au coup d’Etat et à l’impunité, cela ne change pas les données de ce problème d’illégitimité que vous trainez. Cessez donc d’avoir du mépris ou de la condescendance envers les partis politiques. Pendant tout ce qui a précédé la présidentielle, vous avez mis une croix sur le cadre de concertation et vous ne nous recevez aujourd’hui qu’après l’injonction de Monsieur Koeunders -patron de l’ONU  au Mali- injonction faite au Premier ministre Django Sissoko. Sinon, comme à votre habitude, c’est depuis hier que nous devrions être informés par communiqué du conseil des Ministres que vous avez décidé des 27 octobre et 17 novembre comme dates des prochaines législatives.

Monsieur le Ministre, nous réunir ce matin ne sera donc pas qu’une simple formalité, il nous faut discuter sérieusement de l’organisation des futures législatives. Pour ce faire, nous ne pouvons pas faire l’impasse sur les dysfonctionnements  du scrutin présidentiel, les ratés, le cafouillage, etc car, comme l’a si bien dit l’Homme politique, « l’arbre de la mobilisation ne doit pas cacher la forêt des imperfections et dysfonctionnements » et des choses à rattraper pour le bien de notre démocratie. Ainsi, Monsieur le Ministre, avant les législatives, il faut que :

- Cesse l’errance des centaines de milliers de Maliens à l’intérieur comme à l’extérieur (Cas des Réfugiés) qui pour chercher leurs noms, qui pour chercher leurs cartes NINA ou leurs bureaux de vote;
- VOTENT les électeurs des 475 à 500 villages où il n’y a eu qu’1 à 5 citoyens pour voter ;
- VOTENT pour les législatives les 350 mille jeunes privés de leurs droits lors de la présidentielle;
- La stabilité revienne dans les circonscriptions du Nord et qu’on ne se limite pas au seul vote des centres urbains;

- Le retour des déplacés internes chez eux soit effectif.
Il nous faudra donc du temps pour résoudre ces problèmes, qui ne relèvent plus d’une équipe de Transition empêtrée dans des histoires de marchés et autres. Vous avez assez fait. Laissez nous avec notre nouveau Président, c’est à lui de prendre les dispositions idoines pour une bonne organisation de ces législatives. Et, en tout état de cause, n’eût été le fait que nous soyons absolument dans une république bannière, vous devriez démissionner ou être démis lorsque vous avez commis l’impair de proclamer les résultats avant les résultats. Maintenant que la page de la République bananière est tournée avec l’élection d’IBK, de grâce, rendez le tablier, Monsieur le Ministre ! Ce n’est pas à vous d’organiser les législatives de l’ère nouvelle.

Pour terminer, on devra tous tenter de résoudre l’équation suivante : comment 300 citoyens Maliens de Bamako peuvent voter en 10 heures, soit 2 mn par électeur ? Si 200 électeurs avaient voté dans un bureau de vote cela signifierait qu’il aura fallu 3 mn à chacun. A Titre de comparaison, en France, le temps de vote par électeur est estimé à 4 minutes 45 secondes.

Je vous remercie
Djiguiba KEITA/PPR
NDLR : C'est à nous de te remercier, très cher PPR. Là, nous te reconnaissons.
Mamadou DABO

Mali Web

Ses derniers articles: Atelier de concertation du HCR sur le retour des réfugiés et déplacés du Mali : Les acteurs en conclave pour la facilitation du processus  ORTM / Journal TV 20h du 15 Septembre 2013  L’étrangleur de Bagadadji étranglé 

fraude

AFP

Algérie: les islamistes dénoncent une fraude massive aux législatives

Algérie: les islamistes dénoncent une fraude massive aux législatives

AFP

Nigeria: plus de 200 agents électoraux accusés de fraude en 2015

Nigeria: plus de 200 agents électoraux accusés de fraude en 2015

Football

Samuel Eto'o est-il définitivement hors-jeu?

Samuel Eto'o est-il définitivement hors-jeu?

législatives

AFP

Législatives en Algérie: du FLN aux islamistes, les forces en lice

Législatives en Algérie: du FLN aux islamistes, les forces en lice

AFP

Dans la plus grande cité d’Alger, les législatives ne sont pas une priorité

Dans la plus grande cité d’Alger, les législatives ne sont pas une priorité

AFP

Législatives en Algérie: les forces en présence

Législatives en Algérie: les forces en présence

ministre

AFP

Soudan: premier gouvernement dirigé par un Premier ministre depuis 1989

Soudan: premier gouvernement dirigé par un Premier ministre depuis 1989

AFP

Guinée-Bissau: l'ONU exhorte le président

Guinée-Bissau: l'ONU exhorte le président

AFP

Somalie: un haut responsable limogé après la mort d'un ministre

Somalie: un haut responsable limogé après la mort d'un ministre