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Ouganda - Museveni veut sacrifier la forêt Mabira

La forêt de Mabira, située à environ 50 kilomètres de Kampala, la capitale Ougandaise, est l’une des dernières réserves de la biodiversité du pays.

Mais une partie de cette forêt pourrait bientôt être cédée à la Scoul, une société indienne spécialisée dans la culture de la canne à sucre. C’est ce que révèle Radio Nederland Wereldomroep Afrique qui présente le projet du président Yoweri Museveni qui souhaite réduire le déficit en sucre du pays.

«La compagnie sucrière à Lugazi devrait s’élargir en obtenant une partie de la réserve de la forêt de Mabira, qu’elle a demandée par le passé», a déclaré le président.

Mais cette annonce a immédiatement suscité la réaction des défenseurs de l’environnement:

«Cette forêt date de bien plus longtemps que l’Ouganda en tant que pays, donc on devrait la laisser intacte. Elle constitue une importante source d’eau pour le lac Victoria, pour le Nil mais aussi pour les pays en amont. Mabira fournit aussi des herbes médicinales pour de nombreuses personnes qui ne peuvent se permettre d’avoir recours à la médecine moderne», déclare le professeur Oweyegha Afunaduula.

Les mouvements d’oppositions se sont multipliés et certains ont même créé sur le réseau social Facebook des groupes dont Save Mabira now, pour empêcher la destruction de cette forêt. Les opposants au projet présidentiel sont d’autant plus sceptiques qu’ils s’interrogent sur les motivations réelles du chef de l’Etat:

«Pourquoi le président veut-il tellement donner Mabira au groupe Mehta (actionnaire de la Scoul) pour quelques millions de dollars et plus de sucre? Se peut-il que le président et Mehta fassent des affaires ensemble en coulisses? Une enquête sur les participations financières de Mehta à la Scoul ainsi que d’autres investissements devrait être faite. J’ai comme l’impression qu’on y découvrirait pourquoi M7 (surnom de Museveni), s’obstine à décimer Mabira», note Osotto Denis, un internaute.

La cession de la forêt de Mabira soulève aussi l’épineuse question des «vieilles inimitiés entre Ougandais et Ougandais d’origine indienne». Pour les internautes, cette décision du président a pour but de détourner l’attention des citoyens des vraies questions, comme la crise économique, le coût de la vie et les grèves qui en découlent.

En 2007 déjà, les Ougandais s’étaient déjà mobilisés contre la première tentative de cession de cette forêt. Les manifestations avaient alors provoqué trois décès.

Lu sur RNW Afrique, Global Voices