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Armes chimiques: Damas, sous pression, autorise l’ONU à enquêter

Damas – Les experts de l’ONU doivent commencer à enquêter lundi sur les lieux d’une attaque chimique présumée mercredi près de Damas, après avoir obtenu un feu vert du régime syrien que Washington a jugé trop tardif.

Alors que des pays occidentaux, Etats-Unis en tête, examinent une option militaire en réponse à l’attaque, la Russie, puissant allié du régime syrien, a mis en garde les Occidentaux contre une répétition de l’”aventure” en Irak.

“Nous appelons vigoureusement ceux qui, en essayant à l’avance d’imposer aux experts de l’ONU les résultats de leur enquête, évoquent la possibilité de mener une opération militaire en Syrie, à faire preuve de bon sens et à ne pas commettre d’erreur tragique”, a déclaré le porte-parole de la diplomatie russe, Alexandre Loukachevitch.

“Tout cela ne peut que nous rappeler les événements d’il y a dix ans, quand, en prenant pour prétexte des informations mensongères sur la présence en Irak d’armes de destruction massive, les Etats-Unis, en contournant l’ONU, se sont lancés dans une aventure dont tout le monde connaît maintenant les conséquences”, a-t-il ajouté.

Forces américaines prêtes

Moscou a aussi accusé les Occidentaux d’ignorer “une multitude de faits montrant que cette action était une provocation de l’opposition radicale”.

Parallèlement, le président américain Barack Obama semblait se rapprocher d’une possible action militaire limitée en Syrie. Il a mené samedi des consultations au plus haut niveau à la Maison Blanche et eu une conversation avec son allié britannique, le Premier ministre David Cameron afin d’apporter “une réponse sérieuse” au massacre du 21 août.

Le secrétaire américain à la Défense Chuck Hagel a déclaré que les forces américaines étaient prêtes à agir contre le régime syrien si nécessaire. “Nous avons préparé toutes les options (si M. Obama) décidait de choisir l’une d’elles”, a-t-il dit.

Menaces de l’Iran

Mais l’Iran, allié du régime syrien et bête noire de Washington, a une nouvelle fois menacé les Etats-Unis de “dures conséquences” en cas d’intervention.

Après l’attaque meurtrière de mercredi près de la capitale, où l’opposition syrienne affirme malgré les nombreux démentis de Damas que le régime a utilisé des armes chimiques pour tuer des centaines de civils, l’ONU a confirmé que ses experts se rendraient lundi sur les lieux, en donnant une “priorité absolue” à cette enquête.

Mais un responsable américain a affirmé à l’AFP que compte tenu du nombre présumé de morts, de leurs symptômes et des informations rassemblées par le renseignement américain, il restait “très peu de doutes” sur l’usage d’armes chimiques, longtemps considéré par Washington comme une “ligne rouge”.

En outre, pour ce responsable, le feu vert de Damas arrive “trop tard pour être crédible, notamment parce que les preuves disponibles ont été largement altérées par les bombardements continus menés par le régime et d’autres actes délibérés ces cinq derniers jours”.

En visite à Jérusalem, le chef de la diplomatie française, Laurent Fabius, a pour sa part estimé qu’il n’avait “aucun doute sur la matérialité des faits” et sur “la responsabilité écrasante” du régime syrien dans cette attaque à l’arme chimique.

Assurant que le feu vert de Damas était le résultat de son “travail acharné”, la Russie a appelé la communauté internationale et l’opposition syrienne à laisser les experts faire leur travail.

Le Front jihadiste al-Nosra, lié à Al-Qaïda, a promis de se venger après cette attaque chimique présumée, en s’en prenant aux villages alaouites, la confession de la plupart des cadres de son régime.

Médecins sans frontières a fait état samedi du décès de 355 patients “présentant des symptômes neurotoxiques” dans la région de Damas depuis mercredi, sans pouvoir “confirmer scientifiquement la cause de ces symptômes ni établir la responsabilité de cette attaque”.

Les équipes de MSF ont été en contact avec le personnel médical de trois hôpitaux qui ont “reçu, en moins de trois heures le mercredi matin 21 août, environ 3.600 patients présentant des symptômes neurotoxiques” (convulsions, hypersalivation, pupilles contractées, vision trouble et détresse respiratoire).

Se basant sur des rapports médicaux, l’Observatoire syrien des droits de l’Homme (OSDH) a comptabilisé plus de 300 morts par gaz toxique, dont des dizaines de rebelles.

Ralf Trapp, consultant indépendant qui fut de 1998 à 2006 expert à l’Organisation pour l’interdiction des armes chimiques (OIAC), avait déclaré jeudi à l’AFP que les enquêteurs devaient au plus vite “parler aux témoins, aux victimes, procéder à des examens médicaux, prélever des échantillons”.

Selon lui, les agents neurotoxiques sont détectables seulement quelques jours dans les urines mais ils restent “plusieurs semaines” dans le sang. “Il n’est absolument pas trop tard! Les inspecteurs de l’ONU (…) ont de bonnes chances” de découvrir ce qui s’est passé.

A Rome, le pape François a appelé dimanche à faire “cesser le bruit des armes” en Syrie, où le conflit a fait selon l’ONU plus de 100.000 morts en près de deux ans et demi.

Sur le terrain, le gouverneur de la province de Hama (centre) a été assassiné dimanche dans un attentat à la voiture piégée, ont annoncé les médias officiels en imputant l’attaque aux rebelles.

Il avait été nommé en juillet 2012 pour reprendre en main la zone après des manifestations massives contre le régime dans la ville de Hama, théâtre en 1982 d’une terrible répression contre les Frères musulmans (20.000 morts).

LNT

Crédits AFP

La Nouvelle Tribune

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