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Abdelkader Bensalah de plus en plus contesté

Guerre sourde et grenouillage protéiforme au Rassemblement national démocratique. Le RND, sans leader depuis la démission d'Ahmed Ouyahia en janvier dernier, craquelle à quatre mois de la tenue de son congrès - du 26 au 28 décembre 2013 - qui verra, statutairement, l'«élection» d'un nouveau secrétaire général. Très remontés contre un Abdelkader Bensalah, secrétaire général par intérim du RND et président du Sénat, accusé de «rouler» pour l'ex-secrétaire général du parti, les «redresseurs», coiffés par l'ancien ministre Yahia Guidoum, multiplient les sorties et déclarations incendiaires. Les enjeux sont multiples : d'abord celui de la composante des commissions régionales chargées de préparer les 9 congrès régionaux prévus à la mi-novembre ; ensuite l'adoption, le 7 septembre, des listes du corps électoral au niveau de chaque wilaya, qui déchaînent d'ores et déjà les passions des adeptes de la théorie du «redressement permanent». Prévue le 3 septembre prochain, la réunion de coordination entre les membres du bureau permanent avec ceux de la commission nationale de préparation du congrès, présidée par Bensalah, s'annonce houleuse. Dans une déclaration au vitriol, rendue publique hier, Tahir Mohamed, ancien sénateur et président du groupe parlementaire RND du Sénat (1998), s'en prend, avec véhémence, à Abdelkader Bensalah qu'il invite à cesser de suite ses «contorsions de néo Khelat», de trublion ; à rassembler sa «cohorte constituée de vos anciens collaborateurs et certains nouveaux ralliés (...) et de rejoindre collectivement les clapiers (...)». Tahir, membre fondateur du RND, qui a rejoint le mouvement de «redressement» en décembre 2012, pointe du doigt l'action de Bensalah qui tend, selon lui, à verrouiller l'issue du prochain congrès. Le souci premier du secrétaire général par intérim étant, selon lui, d'éviter, par le contrôle de la «composante des différentes commissions qu'il a dû mettre sur pied, de mauvaises surprises sur la liste définitive des futurs congressistes». S'adressant aux «militants dépités», Tahir assure que le personnage, un «homme, dit-il, préfabriqué de cendres mouillées et qui a escaladé toutes les marches de la hiérarchie politicienne par ses multiples reniements (...), ne méritait pas vos états d'âme (...)».