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50% de l’or circulent dans l’informel

Les bijoutiers tirent la sonnette d'alarme concernant la concurrence «inéquitable» des produits en or importés.                            Lors d'une conférence tenue hier à Alger, les représentants des artisans bijoutiers ont fait part des problèmes qu'affronte la corporation et qui menacent sérieusement cette filière. Selon Amar Bahtat, secrétaire général du Comité des bijoutiers, le système fiscal en vigueur «favorise plutôt les importations». Les bijoutiers artisans payent plus de taxes que les importateurs de bijoux finis.   Selon M. Bahtat, l'importation de matière première destinée à la transformation est soumise à une taxation de 15%, qui s'ajoute au paiement de la taxe sur la valeur ajoutée (TVA) de 17%, au moment où les bijoux importés d'Italie, de Singapour ou de Turquie sont soumis à une taxe douanière de 12% seulement. «Il est clair que le bijou fabriqué localement revient plus cher. Les artisans qui ont le souci de préserver ce métier ne savent plus à quelle porte frapper pour affronter cette injustice», a affirmé le représentant des bijoutiers, qui appelle les autorités en charge du dossier à «revoir leur copie» et à réparer cette erreur «qui porte préjudice au produit national». Ces taxes, jugées exagérées, favorisent le développement du marché informel de l'or. Ainsi, selon les représentants des bijoutiers et artisans bijoutiers, 50% du produit circulent dans le marché informel. Le circuit englobe toutes les catégories d'intervenants, «des détaillants aux fournisseurs et distributeurs», explique-t-on également. Le circuit informel compte des ateliers qui préfèrent écouler leur marchandise sans avoir à honorer leurs redevances fiscales. Certains ateliers s'arrangent pour écouler une partie de leurs produits légalement et faire échapper une autre partie dans l'informel, «une manière d'éviter les difficultés financières», expliquent les bijoutiers. Fraude Si durant plusieurs années, le marché parallèle de l'or a été à l'abri de la contrefaçon et autres formes de fraude sur le contenu des objets, depuis quelque temps, la situation a changé, expliquent les représentants des artisans. Il existe plusieurs types de fraude qui discréditent la valeur des objets vendus en dehors du circuit légal. Il s'agit, entre autres, de la tromperie sur la pureté de l'or et le volume de l'alliage. En Algérie, la réglementation stipule qu'un bijou en or doit avoir entre 18 et 21 carats. Le carat est une unité de mesure utilisée en joaillerie ; pour l'or, il désigne le degré de sa pureté. Les bijoux en or sont vraiment purs lorsqu'ils ont près de 24 carats, mais à partir de 18 carats, le pourcentage d'or dans un alliage est acceptable, souligne-t-on également. Or, selon le comité des bijoutiers, des quantités de bijoux non conformes à ces mesures circulent. Ils ne comptent même pas 16 carats et sont vendus en tant qu'objets purs et conformes, ce qui est totalement frauduleux. Le collectif des bijoutiers dénonce par la même occasion des vendeurs de bijoux contenant en majorité d'autres alliages comme l'argent ou le cuivre. Les clients ne peuvent deviner la fraude puisque ces bijoux sont des imitations parfaites des modèles conformes en Algérie. Les artisans dénoncent l'importation illégale des bijoux «qui prend des proportions alarmantes». Selon les conférenciers, des commerçants sont approvisionnés en produits qui passent illégalement les frontières. Ces marchandises, qui ne sont pas soumises aux taxes, font de la concurrence déloyale aux bijoux confectionnés localement. Les bijoutiers font face également aux «entraves bureaucratiques et administratives qui rendent difficile l'approvisionnement en matière première chez le fournisseur local, Agenor. Ce fournisseur pratique des prix aussi élevés que ceux à l'importation», dénoncent les artisans. L'Algérie compte 30 000 bijoutiers et artisans. Les ateliers emploient un à quatre artisans en moyenne. Depuis quelques mois, les prix de l'or se sont stabilisés entre 4500 et 6000 DA le gramme. Le prix dépend des cours mondiaux de la matière première.

El Watan

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