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La perche tendue servira à pendre le secouriste

Par Zakaria Bouker
Pendant la campagne contre les médias , il y a de cela presque deux ans , des voyous ISLAMISTES d’Ennahdha ont tenté d’assassiner le patron de Nessma TV dans son domicile.

Ce soir R.Channouchi s’invite chez Nessma TVpour essayer en direct d’enterrer l’insurrection .

Mercredi 4 Septembre , quarante jours se seront écoulés depuis le troisième assassinat politique .Ennahdha nous installe dans l’habitude des assassinats .

Houcine Abassi lui, endosse le rôle un peu idiot de président de la république sans prérogatives en continuant de jouer à l’arbitre de moins en moins concerné par les assassinats .

Ce rôle de boite aux lettres , Abdessalem Jrad aurait bien pu le jouer il en a le profil de la fonction.

D’ailleurs , pourquoi secourir Ennahdha ? en a -t- elle vraiment besoin ?

A entendre Abdellatif EL-Mekki , Ellouz ou Laâreydh , on a l’impression que les tunisiens sont de trop sûrs le sol tunisien .. et que les 11 millions d’âmes ne pèsent pas plus les babouches jetables de l’un des 8 gardes du corps de H.khedher ou de R.Chlaka .

Ennahdha est en train de jouer sa dernière carte civile avant l’assaut final pour lequel elle s’est préparée depuis la chute de Morsi .

Ali laâreydh met en place ses 27 cavaliers dans l'échiquier , et le fou du roi vient de faire sa deuxième razzia dans les rangs de l’armée de plus en plus irritée .

La banqueroute annoncée mettra le gouvernement provisoire dans la seule logique possible qui reste : La razzia finale .

Houcine Abassi est inconscient des conséquences de son jeu périlleux en muselant l'UGTT, dernier rempart contre l’hégémonie des orients avant l’armée.

Car en dernière analyse , il s’agit ni plus ni moins d’un blanc-seing offert à R. ghannouchi pour disposer de la Tunisie pour une durée indéterminée alors que R ghannouchi compte les heures précieuses de préparation d’une grande razzia dont il connait le début mais pas la fin.

Pour la première fois dans l’histoire l’UGTT passe du statut de contestataire au statut opposé de conciliateur. C'est une aubaine.

Ghannouchi n'aurait rêvé mieux !

Ce soir Ghannouchi ira chez Nessma avec des réponses à des questions qu'on ne lui posera pas :
Il nous dira tout ce que nous voulons entendre : Sa secte Ennahdha a fait des concessions pour le bien du pays en plaçant l'intérêt général au-dessus de l'intérêt partisan ... et toute la panoplie des formules classiques de l'hypnose.

Sur le fond , il ira même jusqu’à révéler que la terre est ronde ou que le pays est en crise ...

A la place de ses contradicteurs je lui aurais posé ferment deux questions :

Comment pouvez-vous admettre qu'un homme non élu sans aucune expérience politique puisse diriger un pays à partir de son bureau personnel et qu’il puisse convaincre les tunisiens qu'il est capable d'éviter à la Tunisie la banqueroute ?

Quels sont vos choix macro-économiques ? Quelles mesures d’accompagnement avez vous prévu pour faire face à la verité des prix

Car en fin de compte, la vraie confrontation, celle qui n'a pas besoin d'une mobilisation pour éclater sera celle de la prochaine chute de la note souveraine qui placera la Tunisie sous tutelle et à laquelle aucun pays dans aucun régime n'a pu résister.

Même l'anesthésie générale de l'opposition n'ôtera pas sa douleur

Zakaria Bouker le 25 août 2013

Nous ajoutons à ce papier le commentaire suivant de notre ami Naceur Ben Cheikh

Nessma a été pour quelque chose dans la mobilisation de l'électorat nahdhaouiste, en jouant au média indépendant, proche des laïcs, par qui le scandale arrive. Cela pourrait s'expliquer par le fait que l'un des gros actionnaires de la chaîne, en plein été 2011, s'est déplacé, en Italie, pour assister à la présentation « discrète » de Hamadi Jbali à Franco Frattini, homme politique italien, membre du Parti « Peuple de la Liberté » (Centre droit), Ministre des Affaires étrangères dans le gouvernement Silvio Berlusconi, jusqu'au 12 Novembre 2011. Cette caution apportée par l'homme d'affaires tunisien à Hammadi Jbali, pressenti, bien avant les élections, pour assumer la charge de futur Chef du gouvernement tunisien, a été confirmée par l'intervention de ce même homme d'affaires, après les élections, dans une émission d'une chaîne de télévision française et dans laquelle ce dernier a tenu à rassurer l'opinion publique sur les bonnes intentions des Islamistes tunisiens quant au respect des libertés démocratiques et des acquis de la femme tunisienne. Ce qui semblait, pour le moins inexplicable, au moment où le procès de Nessma était déjà entamé.
Naceur Ben Cheikh