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Diallo Fadimata Bintou Touré sur RFI:

Diallo Fadimata Bintou Touré, présidente du parti écologiste du Mali
DR

Les journées d’été d’Europe Ecologie-Les Verts, le parti écologiste français, se terminent ce soir de samedi 24 août à Marseille. Le Mali s'est invité à la table des débats. La construction de la paix et la stabilité ont ainsi été évoquées. Diallo Fadimata Bintou Touré, présidente du Parti écologiste du Mali était présente lors de ce débat. Au micro de RFI, elle explique la vision des écologistes pour arriver à une entente entre « tous les fils du pays » et insiste sur la participation des communautés pour la gestion des terroirs.

 

 

RFI : Quelle pourrait être la contribution des écologistes maliens à la reconstruction du Mali ?

Les écologistes du Mali peuvent intervenir à tous les niveaux pour la reconstruction du Mali, par des idées, par des actes. Parce que nous avons une vision, une autre manière de voir le développement.

 

 

Quelle est cette autre vision ?

Cette vision, c'est la vision écologiste. Cette vision qui va aboutir à un développement participatif des communautés, de toutes les communautés qui ont tant souffert par cette incompréhension ou bien cette situation créée de toutes pièces par des jihadistes, par la rébellion qui ne finit jamais.

 

 

La participation, c’est-à-dire au niveau local ?

Au niveau local, au niveau législatif et parlementaire, au niveau même de l'administration, de la gouvernance, si nous sommes appelés, pourquoi pas ?

 

 

Qu'attendez-vous, d'ailleurs, du nouveau ministre écologiste du futur gouvernement malien ?

Il faut dire ce qu’on attend plutôt du nouveau gouvernement malien. C'est de contribuer, de faire en sorte que l'entente règne, que tous les fils du pays puissent se parler, puissent se comprendre, s'asseoir et discuter vraiment de leur développement. Je pense que nous avons notre mot à dire. D'ailleurs le parti Vert malien gère une mairie à une trentaine de kilomètres de Bamako.

 

 

En quoi votre gestion se différencie-t-elle d'une gestion « classique » ?

La gestion « classique » voulait que ce que le gouvernement demande ou bien décide de faire, il l'exécute, quelle que soit la situation. Mais à Tienfala, où nous avons la chance de diriger la mairie, il y a une grande décharge qui a été décidée par le gouvernement d'antan, avant 2002. Et le gouvernement voulait venir déverser les ordures. Le maire de Tienfala et toute la commune ont refusé, parce que les conditions n'étaient pas réunies. C’est-à-dire qu'il y a un cahier des charges qu’il faut respecter pour protéger l'environnement, pour protéger la nappe phréatique. Et ils voulaient passer outre-mesure. Nous disons qu'il faut la participation des communautés pour leur gestion de leur terroir.

 

 

Les enjeux écologiques sur le continent africain, sur l'ensemble du continent, sont énormes évidemment. Comment expliquer que les partis Verts ne soient pas plus forts sur le continent ?

C'est à partir de 1990-91, avec la rencontre mondiale à Rio de Janeiro, que le monde africain ou bien les partis africains ont commencé à voir le jour. Il y a toujours eu des mouvements des ONG, il y a plein d'ONG, mais les partis ont réellement commencé à partir de 1992. Ce sont des partis jeunes. Nous avons à peu près vingt ans d'existence. Et il ne faut pas nous comparer par rapport aux partis très vieux ou bien aux partis qui ont eu une expérience, ou qui ont une écoute populaire. C'est une nouvelle vision ! Les gens ne comprenaient pas ce que c'est que l'écologie. Imaginez un peu : on nous comparait à ceux qui interdisaient qu'on coupe le bois, à ceux qui interdisaient qu'on aille tuer les animaux.

 

 

Vous voyez que nous avons un travail à faire ! Un travail de fond ! L'écologie ce n'est pas ça ! C'est l'action de l'homme sur la terre et la réponse de la terre à l'homme à son action ! C'est une nouvelle vision ! Avant, c'était le gouvernement qui décidait, les gouvernants qui décidaient et imputaient cela à la population qui exécutait. Mais maintenant, nous voulons que le développement parte de la base, des communautés.
On dit souvent que l'Afrique doit s'industrialiser pour se développer, justement. Mais qui dit industrialisation dit souvent pollution.

 

 

Quel est votre avis là-dessus ? L'Afrique doit-elle s'industrialiser ?

Nous devons nous industrialiser, mais d'une manière « clean », d'une manière propre. Le développement, c'est sûr, ça ne peut pas aller sans destruction. Mais nous devons nous développer. Les ressources sont là, mais nous devons nous développer pour que la population puisse profiter de ces ressources et pour que l'Etat aussi, cesse de tendre enfin la main.

 

 

Vous étiez aux journées d'été d'Europe Ecologie-Les-Verts. Que vous apporte le dialogue avec les partis verts européens ? Est-ce qu'ils vous aident, vous orientent ?

 

 

On fait des échanges. Ils apprennent de nous comme nous apprenons d'eux. Il y a eu le Global Green, les Verts mondiaux, qui se sont retrouvés à Dakar ! Et ça veut dire que ce n'est plus la relation colonisés et capitalistes, c'est d'homme à homme, de femme à femme, face à face, nous devons ensemble, travailler ensemble. Donc faire des échanges.

 

 

Par  RFI

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