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Acte 3 de la Décentralisation Les élus locaux de Diouloulou et de Tendouck s’entre-déchirent

Devant être une vraie réforme institutionnelle, l'Acte 3 de la décentralisation risque d'être un projet mort-né, à l'image de celui de la provincialisation initiée par un certain Me Abdoulaye Wade. A preuve, la tension est montée, hier, d'un cran dans la commune de Diouloulou. Sur place, les élus locaux - auxquels se sont joints les les Pcr de Djignaki et de Kafountine - s'opposent farouchement à ce que le village de Tendouck, chef lieu d'arrondissement, soit érigé en département à leur détriment. La même réaction de rejet est notée un peu partout à travers le pays. C'est dire...

Un cheveu dans la soupe. Au moment où tous les regards sont fixés sur des négociations pour le retour de la paix en Casamance, notamment, dans le département de Bignona, zone à forte concentration de rebelles comme en attestent des attaques et autres braquages imputés aux éléments supposés appartenir au Mdfc, les germes d'une autre crise font craindre le pire. En effet, après avoir eu vent des réformes institutionnelles, dans le cadre de l'acte 3 de la décentralisation, faisant de Tendouck le deuxième département dans le Bignona, la commune de Diouloulou, les communautés rurales de Djignaki et de Kaffountine se sont opposées catégoriquement. «Hier, en tant qu'élus locaux de la commune de Diouloulou, avec le maire à la tête, ceux des communautés rurales de Djignaki et de Kafountine, nous nous sommes réunis dans les locaux de la mairie pour avertir les autorités étatiques sur le danger que va engendrer la mesure de faire de Tendouck, le deuxième département, après Bignona. Nous n'accepterons pas cette forfaiture. S'il y aura un second département dans la zone, il doit revenir de facto à Diouloulou, non seulement, par son éloignement -située à une cinquantaine de kilomètres de Bignona-, mais surtout, par l'étendue de son territoire englobant des localités lointaines comme Kafountine, alors que Tendouck se trouve à moins de 30 kilomètres du chef-lieu de l'actuel département, Bignona. On nous parle de l'acte 3 de la décentralisation. Nous nous opposons à cet acte. Il doit être corrigé avant qu'il soit tard», confie un élu local sous le sceau de l'anonymat.

Levée de boucliers

Et de regretter : «Ce sont des actes de cette nature qui ont accentué la frustration des populations de la zone, au point que certains ont trouvé mieux de rejoindre le maquis. Si les autorités font la sourde oreille, en laissant cet acte passer, le pire est à craindre car, nous n'allons pas abdiquer». Avant la suspicion qui s'est installée au sein des élus locaux du département de Bignona, dans la partie sud du pays, c'était au tour des populations de la région de Matam de tirer la sonnette d'alarme. Les élus locaux de la localité avaient tout bonnement rejeté à l'unanimité la proposition faite par le gouvernement de rattacher cette région à celle du fleuve, pour la constitution d'un pôle de développement, dans la mise en ½uvre de l'Acte 3 de la décentralisation. Ce rejet a été exprimé, au cours d'un Comité régional de développement présidé par le gouverneur Cheikh Kane, en présence de tous les élus locaux, de l'administration territoriale. Les élus locaux proposent le maintien de la configuration actuelle de la région, en y ajoutant la communauté rurale de Mbolo Birane, qui se situe dans le département de Podor, et les communautés rurales de Moudéri et de Diawara, dans le département de Bakel.

Projet mort-né ?

A ce rythme, il n'est pas exagéré de parler de projet mort-né de l'acte 3 de la décentralisation. Ayant à peine pris forme, cet acte suscite de vives polémiques dans beaucoup de localités du pays. Les exemples de la région de Matam au nord du pays et de Bignona dans la partie méridionale en sont une parfaite illustration. A l'mage du fameux projet de provincialisation du prédécesseur de Macky Sall à la magistrature suprême, l'acte 3 de la décentralisation de l'actuel chef de l'Etat risque de suivre le même chemin. Annoncée en grande pompe, quelques années après son arrivée au pouvoir, la provincialisation, une nécessité : un pas concret vers une confirmation de la perspective territoriale, une structure pour une application des théories économiques régionales et urbaines pour Me Abdoulaye Wade, avait fondu comme beurre au soleil. Elle s'est heurtée à la réalité du pays. Au finish, Me Wade était convaincu de la complexité des dynamiques spatiales et sociales qui font les territoires de nos jours. Les notions de territoire, de distance, de région comme des économies d'agglomération montrent les difficultés à définir, avec exactitude, les structures territoires. En introduisant des activités économiques dans un espace régional, il est impératif de faire des analyses approfondies dans les domaines économique, social, environnemental, politique, institutionnel ou culturel. Ces différents aspects, en lien avec les relations entre les acteurs territoriaux, peuvent être des sources d'écarts de développement entre et au sein des régions. C'est effectivement tout l'enjeu de cet acte 3 de la décentralisation. Même s'il comporte des avantages institutionnels, il peut, en d'autres termes, être sources de polémiques entres les populations de même zone.

Sekou Dianko DIATTA

Rewmi

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