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RECTO-VERSO NDEYE MARIE DIAW, MISS HUMANITAIRE

C'est dans un restaurant huppé du paisible quartier Point E que Miss humanitaire reçoit Rewmi. En toute simplicité, en mode naturel : ni fard ni rouge à lèvres. Avec son sourire éclatant, qui ferait pâlir de jalousie toute égérie de dentifrice, l'ex-miss Kaolack et deuxième dauphine de miss Sénégal (2012) évoque ses projets dans le social, ses études et ses amours.

Qu'est-ce qui a changé dans votre vie depuis que vous portez la couronne de miss humanitaire ?

Je ne dirais pas que rien n'a changé, car mon carnet d'adresses est devenu plus fourni. A l'école, au lieu de m'appeler par mon nom, les gens m'appellent MH (Miss humanitaire). Sur le plan humanitaire aussi, il y a eu des changements. Dans le milieu où j'évolue, peut-être les gens prêtent plus d'attention à moi aujourd'hui qu'avant. Et avec mon titre, quand je me présente, on fait plus attention à ce que je dis. A part cela, je n'ai pas une autre vie, je suis restée la même Ndèye Marie Diaw.

Comment se passe la journée d'une miss ?

La journée de Ndèye Marie Diaw en tant que miss, c'est simple : elle se réveille de bonne heure, part à l'école, suit ses cours correctement et revient à la maison. Mais en tant que miss humanitaire, il y a les rendez-vous, les projets, les réunions avec mon équipe de travail, etc.

Un an après votre sacre, qu'avez-vous réalisé concrètement ?

Avec les organisateurs de miss humanitaire, il n'y a pas eu de suite. Jusqu'à présent avec eux, il n'y a pas eu de programme. C'est juste l'équipe que j'ai constituée, qui est composée d'un coordonnateur, d'un chargé de communication et de moi-même, qui assure le suivi. On cherche à aller de l'avant avec les projets sociaux que nous tentons, tant bien que mal, de mener. Dans ces projets, il y a la pouponnière de Kaolack par où j'ai commencé et maintenant, celle de Tambacounda pour laquelle je collecte des dons pour les bébés et les enfants qui y sont. Et durant le concours de miss humanitaire, il y avait le soutien qu'il fallait apporter aux insuffisants rénaux. L'année dernière, face aux dégâts causés par les inondations, j'ai accompagné certains rappeurs comme ceux de Y'en a marre, Dj Awadi et Da Brains. C'était pour des actions sociales dans la banlieue.

Qu'est-ce qui vous a le plus marqué durant ces tournées ?

Les insuffisants rénaux m'ont beaucoup marquée, parce que je ne connaissais pas cette maladie. Cela m'a permis de comprendre que c'était une maladie très douloureuse et coûteuse. Aussi durant les inondations, j'ai ressenti énormément de tristesse, en voyant des familles qui vivaient dans l'eau, et là c'était vraiment autre chose. Pour les pouponnières de Kaolack et de Tambacounda, face à ces innocents sans protection, j'ai été beaucoup émue. Donc, je peux dire que toutes ces expériences dans l'humanitaire étaient riches en émotion.

«Certains politiciens ne sont pas intéressés par l'humanitaire. Ils vous accueillent avec le sourire au premier rendez-vous, après ils ne vous prennent plus au téléphone»

Comment se passe la collecte de fonds ?

Ce n'est pas facile. Au début, j'avais juste approché les bonnes volontés que je connaissais, comme les parents, les amis et certaines personnes qui m'avaient été présentées et qui se sont investies à fond pour m'aider. Aussi, j'ai rencontré des gens qui n'étaient pas du tout prêts à faire quelque chose pour les plus démunis. Ils ne vous répondent pas par un niet catégorique mais, après le premier rendez vous, au cours duquel ils vous accueillent avec le sourire et vous écoute, ils ne répondent plus au coup de fil. Et là, vous finissez par comprendre que la personne n'est pas du tout intéressée par ce que vous faites. Parmi ces personnes, il y a des politiques comme des personnalités d'autres secteurs. Je ne les blâme pas, parce que c'est leur conception des choses.

Vous avez dit que les organisateurs de miss humanitaire n'avaient pas donné suite. Est-ce à dire qu'ils ont fait des promesses qu'ils n'ont pas tenues ?

C'est vrai qu'ils n'ont pas tenu certaines promesses, mais ce n'était pas le plus important. Et avec ou sans eux, je suis en train de mener mes activités. Je n'ai pas été tellement déçue, parce que je ne me basais pas sur les cadeaux qu'on devait me donner pour pouvoir continuer. Pour l'humanitaire, il faut un c½ur bien rempli de volonté d'abord et d'humanisme.

Vous êtes de plain-pied dans le mannequinat. Votre titre de Miss humanitaire vous ouvre-t-il plus facilement les portes de ce milieu ?

C'est un métier que je fais occasionnellement. Je ne cours pas derrière les stylistes ou les photographes pour décrocher un défilé ou une séance-photos. Et quand j'entends un casting qui m'intéresse et que le temps me le permet, j'y vais. Si on me prend, tant mieux, sinon tant pis.

Vous arrive-t-il de rencontrer des difficultés ?

C'est vrai qu'il y a des inconvénients, mais depuis que je suis dans ce milieu, je n'ai pas encore vécu une expérience difficile. Peut-être à mes débuts : lors de mon premier tournage, la dame qui nous avait engagées pour une journée de travail, nous avaient remis 5000 francs Cfa chacune, en guise de paye. Depuis lors, je prends la peine de m'informer sur les conditions financières des prestations que je dois faire. Si cela m'arrange, je prends. Dans le cas contraire, je décline l'offre. L'expérience avec la dame a été une leçon bien sue.

Mannequinat ou études : c'est quoi votre priorité ?

Je suis mannequin, mais je poursuis mes études. Les études sont ma priorité. Si je dis cela, c'est parce que j'aspire à avoir un travail, à me caser, c'est-à-dire à avoir un mari et fonder une famille. Donc, si j'ai un travail qui ne me permet pas de défiler ou un mari qui ne veut pas que je défile, je ne le ferai pas. Si mon mari ne veut pas que je défile, j'arrête.

«Au lieu d'aider les mendiants et les délinquants, il vaut mieux s'occuper des bébés. Ces mendiants et ces délinquants ont été bébés»

Vous êtes fan de basket et actuellement, le Sénégal participe à l'Afrobasket. Qu'avez-vous envie de dire aux «Lions» ?

Moi-même, j'ai été basketteuse. J'ai commencé à pratiquer cette discipline depuis la classe de CE 2. A Kaolack, j'étais à Sos basket club et à Dakar, au club de Bopp. De temps en temps, j'enfile mes pumps pour une partie. J'encourage les «Lions», parce que ce n'est pas facile de représenter toute une nation. Je demande aussi à la fédération de faire plus d'efforts en leur faveur. Je crois en eux et j'espère qu'ils iront très loin dans cette compétition. C'est une belle équipe, très forte, j'en connais quelques uns et j'ai confiance.

Qui est votre joueur préféré dans cette équipe ?

(Elle éclate de rire) Tout le monde. Vous savez, quand je regarde un sport, la plupart du temps, celui qui fait un bon match ou joue mieux est le plus remarqué, c'est évident. Mais, du moment qu'ils sont tous en équipe nationale, cela veut dire qu'ils sont tous forts. (Elle étouffe la suite de sa phrase dans un éclat de rire) Je salue le capitaine (Malèye Ndoye), ainsi que tous les autres joueurs. Ah pour ne pas faire d'amalgame, je ne le (le capitaine) connais même pas.

Le projet à court terme qui vous tient le plus à c½ur ?

C'est la pouponnière de Tambacounda. J'ai opté d'aller au chevet des pouponnières, parce que je me suis dit qu'au lieu de concentrer mon énergie sur les mendiants et les petits délinquants, il vaut mieux s'occuper des bébés. Ces mendiants et ces délinquants ont été bébés. Autant essayer de couper le mal à la racine. Si on avait pris la peine de bien s'occuper d'eux à bas âge et de les couver d'amour, ils n'en seraient pas à ce stade.

Pourquoi la pouponnière de Tambacounda ?

C'est que cette pouponnière n'a aucun soutien. Pour leur venir en aide, j'ai lancé une campagne de collecte de dons à durée indéterminée. La dame qui s'occupe de cette pouponnière aura toujours besoin d'aide. Avec mon équipe, on prépare une caravane qui ira jusqu'à Tambacounda pour remettre les dons qu'on aura à collecter. Ceux qui voudront travailler avec moi dans ce projet, sont les bienvenus. Mais, ils devront accepter de le faire bénévolement. Je lance un appel aux psychologues, pour qu'ils viennent nous accompagner. Pour le moment, il y a pas mal de bonnes volontés qui nous accompagnent, comme la fondation de la première dame, «Servir le Sénégal», Sadiya Guèye, Paco Jackson Thiam, l'ancien international de football, Thierno Youm. Le styliste Mike Sylla, qui vit à Paris, a décidé d'organiser deux défilés dont les recettes seront reversées à la pouponnière. Mon frère Lamine Diaw, qui est artiste plasticien, nous a offert un grand tableau qui va être mis aux enchères. Cela ne fait que commencer, on espère que d'autres bonnes volontés nous accompagneront dans ce combat.

«Le jour où j'ai pris un ex-petit ami en flagrant délit d'infidélité»

Question rituelle : c½ur à prendre ou déjà pris ?

Déjà pris. Entre nous, c'est l'amour. Et comme on dit, «meuna boram bou bakh sakh» (il sait tenir une femme, en wolof : Ndlr).

Quelle est votre pire souvenir d'un homme ?

J'étais un peu plus jeune, en classe de seconde. J'avais pris un ex-petit ami en flagrant délit d'infidélité. Cette histoire m'a fait autant rire que mal. Cette histoire ne m'a pas déprimée. Vous savez, je suis une guerrière.

La partie de votre corps que vous aimez le plus ?

Mon visage. Mes mains aussi et mes ongles me plaisent beaucoup. Aussi, je tiens beaucoup à ma noirceur. En un mot, si je devais changer une partie de mon corps, je ne changerais rien. Je suis bien comme je suis.

Propos recueillis par
Christine MENDY



Rewmi

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