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RDC: deux morts dans des bombardements près de Goma

Des bombardements ont frappé samedi les alentours de Goma, dans l'est de la République démocratique du Congo, faisant deux morts et provoquant une vive tension dans la ville, trois jours après la reprise des affrontements entre rebelles du M23 et armée gouvernementale, selon des témoins.

Dans la journée, les combats se sont poursuivis au nord de Goma entre le M23 et l'armée gouvernementale. Trois Casques bleus ont été blessés par des tirs d'obus à proximité de leurs positions, visées par le M23, a annoncé en début de soirée la Mission des Nations unies pour le Congo (Monusco).

Cette Mission avait en début de matinée été mise en cause par des habitants de la ville qui ont manifesté en l'accusant de passivité à l'égard du M23. Des véhicules ont été pris pour cible et le personnel des Nations unies a été invité à limiter ses déplacements dans la ville.

"Une bombe vient de tomber sur mon quartier de Ndosho" (à l'ouest de Goma), a dit à l'AFP un habitant de la capitale de la province instable du Nord-Kivu, Charles Paluku, faisant état de deux morts.

Des témoins ont ajouté que deux autres obus étaient tombés près de la ville, dont l'un sur le camp de réfugiés de Mugunga 3, à une dizaine de kilomètre de Goma, mais aucun bilan n'a été établi.

Les forces de la Monusco ont été aussitôt prises à partie par la population de Goma. Des manifestants ont porté le corps d'un enfant tué à Ndosho. Les boutiques étaient fermées et la circulation réduite. La police nationale congolaise a dispersé les manifestants à coups de gaz lacrymogènes.

Ces "agressions contre les populations civiles ne resteront pas impunies", a assuré le chef de la Monusco, Martin Kobler, à Goma depuis vendredi. Il a affirmé dans un communiqué avoir "donné l'ordre à la Force de la Monusco de réagir avec toute l'énergie nécessaire contre ces crimes effroyables et innommables".

L'émissaire de l'ONU pour les Grands Lacs Mary Robinson a jugé "inacceptables" les attaques contre des civils et des Casques bleus, appelant à éviter une escalade.

"Crimes de guerre"

Le porte-parole de la Monusco, le lieutenant-colonel Prosper Basse, avait auparavant assuré comprendre "la frustration de la population civile".

 

"Crimes de guerre"

 

Il a réitéré le "soutien indéfectible" de la Monusco aux forces armées de la République démocratique du Congo (FARDC), un jour après que les Casques bleus se sont déclarés engagés aux côtés de l'armée régulière contre la menace que fait peser le M23 sur Goma. Jeudi, des tirs d'artillerie avaent fait quatre morts, selon l'ONU, dans des faubourgs de la ville.

La Monusco avait annoncé il y a trois semaines la formation d'une zone de sécurité d'un périmètre de 30 km autour de Goma pour protéger les populations civiles des exactions du M23 et d'autres groupes armés.

Elle comptait notamment sur une nouvelle brigade d'intervention qui doit compter à terme quelque 3.000 hommes au mandat offensif venant renforcer les 17.000 soldats de la Monusco déjà présents en RDC depuis 1999.

Mais les affrontements ont repris mercredi au nord de Goma avec le M23, un groupe créé en 2012 par des Tutsi, l'ethnie au pouvoir au Rwanda, actif au Nord-Kivu, une région en proie à une instabilité chronique depuis deux décennies. Kinshasa et l'ONU ont accusé le Rwanda de soutenir la rébellion, ce que Kigali a toujours démenti.

Le porte-parole du M23, le lieutenant-colonel Vianney Kazarama, a mis en cause l'armée congolaise, affirmant que les tirs visaient la communauté rwandophone de Goma. Il a dénoncé "ce crime de guerre que les FARDC sont en train de commettre".

Samedi, le président du M23, Bertrand Bisimwa, a adressé une lettre ouverte au secrétaire général de l'ONU accusant Kinshasa de bombarder les populations civiles et demandant à Ban Ki-moon de former "une commission d'enquête indépendante".

De son côté, l'armée rwandaise a accusé la RDC d'avoir bombardé vendredi des villages situés du côté rwandais de la frontière et averti vendredi soir que ces "actes de provocation qui mettent en danger les vies de citoyens rwandais ne resteront pas sans réponse indéfiniment".

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