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Leader du MNLA-Sud : Général Amadou Haya Sanogo,

Auréolé de ses quatre étoiles de général de corps d'armée, président du Comité de réforme des forces armées et de sécurité du Mali, chef de la junte militaire, spécialiste de désobéissance des autorités d'une transition au motif que c'est suite à son débile coup d'Etat que ladite transition est survenue, Amadou Haya Sanogo, déjà alpagué dans cette même rubrique comme leader du Mnla-Sud,  est en passe de devenir son Guest Star. 

 

Hé oui, soldat, revendiquant volontiers ce titre, le capitaine promu général se découvre de plus en plus comme celui qui aura mieux profité du Mali depuis le 22 mars 2012. Reste qu'en acceptant tous les honneurs au titre d'une réconciliation nationale à odeur de frustration militaire, Amadou Haya Sanogo, s'identifie à ces personnes sans scrupule qui saisissent toute opportunité pour se hisser là où leur mérite et autres compétences ne leur permettent pas.  Le général Sanogo constitue, peut-être à cet effet, un facteur de frustration militaire, en tout cas de tant de questionnements sur sa contribution à l'apaisement politico-militaire du pays et surtout de sa capacité à penser à autrui, à ses éléments en tant que chef militaire. Décidément, le titre Guest star des leaders du Mnla-Sud, équivalant au grade de général de corps d'armée,  ne se décrète pas, mais se mérite. Et le général Sanogo le mérite à tous points de vue. Jugez-en  vous-même !

 

Le tout nouveau général confirme, en tout cas, tout le bien qu'on pensait de lui. En ce sens qu'il fut un instructeur à ne pas imiter. Un capitaine qui ne cherche qu'à se sauver lui-même quand le bateau coule. À se méfier évidement. Enfin, un chef militaire stratège qui ne pense qu'à lui-même. À ne pas donc suivre. Et qu'il a droit au titre de Guest star des leaders du Mnla-Sud,  show man télé, s'il en est un, Malien de droit et de devoir comme le dit si bien son bienfaiteur, le Professeur président. Qui oublie d'ajouter que le désormais général Sanogo peut considérer le Mali comme une vache à lait intarissable, tant que lui Dioncounda préside aux destinées du Mali. Bien peut-être. Mais, pas pour longtemps. Délit de sale gueule d'un président qui prêche la réconciliation et pose en même temps des actes pouvant frustrer un corps d'armée déjà démobilisé et démotivé par une gestion clanique de 20 ans. Qui les qualifie d'actes minimes, facilitant la tâche à un président élu et légitime, contrairement à lui qui a été  nommé. Un roi sans royaume, ce Pr. président.

 

Le Mali est vraiment l'éternel abonné aux exceptions, toujours incapable de réaliser deux exploits dans la surface des dix-huit mètres. Mais, en devenant général de corps d'armée par décret pris en Conseil des ministres, comme un attaché de ministre, pardon à eux, donc nommé, Amadou  Haya Sanogo, par sa capacité à ne rien refuser de ce que le pays lui offre,  comme primes ou récompenses de son acte du 22 mars 2012 et surtout, par sa fausse modestie, renforce le processus de sa chute libre dans l'estime du peuple malien, entamée depuis peu, du moins, de ceux pour qui il constituait une référence ; ceux-là mêmes qui lui vouaient respect et considération. Comme quoi, un leader du Mnla-Sud, même chef militaire, ne peut changer en posant un acte au profit de l'intérêt général.  Guest star des leaders du Mnla-Sud comme le général Sanogo, on mettra du temps à en trouver.

 

Habitués de cette rubrique, vous aviez compris, le général de corps d'armée est mieux que quiconque, en cette période où on cultive à souhait la réconciliation nationale, celui qui se sert du Mali, comme le fiston de cette vieille grand-mère qui vend des galettes à l'entrée tout juste à côté du Camp militaire de Kati. Un Camp militaire devenu alors l'épicentre du pouvoir politico-militaire au Mali depuis ce 22 mars 2012.  Ce jour-ci, un homme rencontre son destin, mais rate son entrée dans l'histoire du Mali.  Cet homme, un soldat, capitaine de son état, est chef d'une rébellion militaire. Laquelle composée de soldats non gradés, ont pris la mauvaise décision d'aller chercher un officier pour conduire leur acte. Mauvaise décision qui place le capitaine au-devant de la scène malienne et internationale. Mais, encore une mauvaise décision qui révèle au grand public un certain  Amadou Haya Sanogo. Les jeunes ont respecté là un engagement militaire qu'appréciera mal leur capitaine en le mettant au compte de ses qualités supposées d'officier militaire. Preuve, à une semaine d'existence publique, le capitaine endossa la peau d'un homme qui aura rêvé à de l'or la nuit et s'est réveillé le matin avec le métal précieux en main. Malheur alors à ceux qui trouvent que cet or vendu, doit mériter un partage commun. Malheur surtout à celui qui trouve que l'or de rêve est impur. Le voici avec son bâton mystique pour mieux impressionner. Le voici surtout dans ses actes au-delà des normes sur la route de son ambition nationale. Fondé qu'il est que son jour est alors arrivé ? Sauf que la route devant le mener à Koulouba, là où un président élu démocratiquement a été chassé, endroit de rêve doré de Sanogo depuis peu, n'est pas parallèle. Difficile surtout à atteindre, sauf par élection.

 

Et un coup d'Etat, même débile, n'est pas égal à une élection. Il n'y a surtout pas un passeport pour un titre présidentiel acceptable par tous. Le capitaine l'apprendra à ses dépens. Son rêve, truffé d'embûches, est difficilement réalisable. Et il le sait. Mais, acclamé par les opportunistes qui lui octroient un titre de sauveur national, il se doit de mériter cette réputation soudaine. Amadou Haya Sanogo confond alors chance et destinée. Même de façade, le Mali vit un régime démocratique. Contraint et sous pression internationale, le capitaine croit dur comme fer que le Mali est en marge de l'humanité entière, de l'évolution de la société planétaire. Souvenez-vous-en alors.

 

L'officier militaire refuse les opportunités pouvant conditionner son ambition, favoriser sa bonne entrée dans l'histoire du Mali. Bienvenue aux «Hayades», ces tirs meurtriers et déshonorants pour lui-même et pour  le Mali.

 

Premier «Hayade». Les présidents  de la Cédéao, dans une démarche de bon voisinage pour sortir le Mali du trou dans lequel le coup d'Etat l'enfonce, décident de considérer Sanogo comme un des leurs en venant prendre langue avec lui au Mali. Trop vraie, une telle démarche, pour être comprise par le capitaine au faîte de son pouvoir. À sa demande, ses fans d'alors transforment l'Aéroport en un bouclier humain, empêchant ainsi l'atterrissage de l'avion des représentants des présidents de la Cédéao. Un peu plus tard, une déclaration est faite par le capitaine. Elle  présente les excuses du Mali à la sous-région avec un projet de solution maliano-malienne à une crise qui s'emballe. Le Mali est en passe de devenir un «Sanogo-land». Un «Hayade» déshonorant pour lui et pour le Mali. Par cette opportunité manquée, le capitaine rate l'offre d'estime des présidents élus de la sous-région qui le considèrent, sans pourtant le lui signifier, comme un danger social. Le Mali inquiète.

 

Pourtant, la crise malienne sera accordée au violon de cette même sous-région, appuyée en cela par le reste de l'Afrique et la Communauté internationale.  Un Accord-cadre est signé un peu plus tard sous l'égide de la Cédéao. Avec une possibilité existentielle du capitaine à travers la désignation, par lui, d'un Premier ministre de pleins pouvoirs pour conduire une transition sous conduite d'un président intérimaire. L'Accord-cadre est relu par l'homme du Mali en ce moment-là,  à la violence et  à la désobéissance des autorités installées. Tout passe : scène de tapage du président par intérim, attaque du camp des commandos parachutistes, brutalités sur tous ceux qui se dressent sur son chemin, humiliation et détention arbitraire des responsables militaires et politiques. Le vocabulaire au Mali a désormais ses deux vocables : front anti-putschiste symbolisé par le Fdr et pro-putschiste porté par la Copam. Les activistes et autres opportunistes s'en mêlent. La rumeur a atteint un tel degré que la nuit, en se couchant au Mali, aucune personne  ne sait comment il va se réveiller le matin. Le  Mali n'inquiète plus. Il est dans le chaos total.

 

Tout soldat qu'il est, chantant à tout bout de champ que le Nord du Mali sous occupation, est sa priorité n°1, il se voit féliciter par les assaillants, au motif qu'il leur a facilité la tâche, car n'ayant posé aucun acte pour confronter leur progression. Les historiens auront plein d'amertumes un jour,  en contant aux enfants le règne de Sanogo au Mali.

 

Second «Hayade». Le capitaine Sanogo est au firmament de son pouvoir. Ses fan's clubs et  gadgets de promotion sont visibles. L'homme fort de Kati, croit de plus en plus à son destin national. Sa vocation de sauver la Nation est prise au sérieux. Le Mali a son De Gaulle. Sanogaulle, comme dit l'autre. Ainsi, pour mener à bien son destin dans un environnement hostile, il choisit comme second pivot le Navigateur interplanétaire Cheick Modibo Diarra. Histoire de bien faire planer son destin. Erreur, car celui-ci se révèle indomptable et fait montre de son ambition pour le pays. Le capitaine regrette son choix. Il vient de comprendre que les honneurs du pouvoir ne s'accommodent pas avec une gestion associée. Il décide de sévir. Le Premier ministre CMD est forcé à démissionner. Ce second  tir «Hayade» est  parfaitement réussi, avec une force haineuse contre le Premier ministre démissionnaire. Comme à ses habitudes, Sanogaulle veut justifier son acte. CMD est traité de tous les noms d'oiseaux ; vit à résidence surveillée, considéré désormais par lui comme un danger social. Raison invoquée, il refusait de donner les moyens à l'armée. Une armée qu'il doit remercier.

 

Mais, le capitaine en humiliant un Premier ministre nommé par ses soins, aura beau s'expliquer, convainc peu sur son acte. Peu importe, pour lui, l'essentiel est de faire dégager un handicap sur le chemin de son destin en cours de réalisation au Mali. En parfait accord avec les politiques, il  entend maintenant composer avec eux pour ce faire. Les initiés lui prédisent une parfaite réussite. Mais, en sa défaveur.

 

Troisième «Hayade». Début de la bienfaisance du président Dioncounda en faveur du capitaine. Il est bombardé par celui-ci au poste pompeux comme président d'un Comité de réforme des forces armées et de sécurité du Mali. Celui qui aura brillé jusque-là par ses capacités à ne pas respecter l'ordre disciplinaire, élément fondamental de l'armée,  qui aura surtout affiché une volonté à désobéir l'autorité institutionnelle, doit réformer,  redonner une bonne image à une armée affaiblie, en lui dotant d'une capacité de réponse aux attaques des assaillants. Il bénéficie à ce titre d'un traitement exceptionnel conforme à son rang d'ancien chef d'Etat, quand bien même il ne l'a jamais été dans les faits. On  croit rêver. Mais, le comble est ailleurs. L'avantage accordé à lui encore là aussi par décret pris en Conseil des ministres, dépasse tout entendement. Le capitaine s'expliquera plus tard en disant qu'il n'a rien demandé. On objectera tout simplement qu'il n'a rien refusé, non plus. Et de surcroît, il n'a rien à demander à des gens qui lui doivent leur fauteuil d'homme public. Il est évident que si le 22 mars 2012 n'avait pas été, ceux qui lui ont accordé ce poste avec ses primes, n'auront pas existé. Or, au Mali, la tradition publique veut que l'on entretienne la poule qui pond des ½ufs.

 

Quatrième «Hayade». Celui du confort du capitaine Amadou Haya Sanogo qui, depuis de peu, est considéré par l'imagerie populaire comme faisant désormais parti du club des milliardaires. La barre des millions en sa possession ayant été déjà franchie, selon les mauvaises langues. Peu importe. Milliardaire ou millionnaire, c'est du pareil au même, car le capitaine est désormais perçu comme un homme riche. Le nombre de ses courtisans en témoigne, avec une générosité supposée, devenue sujet de discussion des Grins de Bamako. Elle divise, oppose et fait des heureux. Comme par exemple le cas de cette secrétaire dans une rédaction à Bamako, amie d'enfance de Mme Sanogo. D'une permission de dix jours, elle revient dans une voiture 4X4, neuve, dire à son patron de Directeur de publication qu'elle arrête le boulot. Sans indemnités. Imperturbable, décidé qu'il est,  depuis son installation médiatique à Koulouba dans son fauteuil de réformateur des forces armées et de sécurité du Mali, le capitaine s'attèle à sa mission de déformation militaire. Tout volontaire qu'il est, il lui manque de compétences réelles. On voit alors des capitaines superviser ou identifier le besoin de formation des généraux et autres colonels. Le projet de réforme des forces armées et de sécurité au Mali est bien parti. Pendant ce temps, la transition avance. Elle est en passe de réussir une de ses missions fondamentales. L'élection présidentielle prévue, aura lieu avec une forte participation citoyenne. Un nouveau président est élu.

 

Alors conscient que la fin de la transition marque le début du déclin de sa force dans un Mali, qui se trouve dans ce sale trou creusé par lui, le capitaine  Sanogo  passe à la vitesse supérieure. Son bienfaiteur est mis sous pression. Ce dernier finira par le nommer général de corps d'armée par un décret pris en Conseil des ministres. Impuissant et au nom de la réconciliation nationale, le peuple l'accepte comme tel. Lui qui justifiait son coup d'Etat, entre autres raisons, par le trop grand nombre de généraux non méritants, en devient un par décret. Comme toujours le président Dioncounda défend son nouveau général, en voyant dans sa promotion un acte majeur de réconciliation nationale. Acte jugé minime par le président intérimaire,  pouvant faciliter ainsi  la tâche du président élu. De quoi je me mêle ! Ce quatrième tir «Hayade» est tout simplement phénoménal.

 

En somme, les tirs «Hayades» nous poussent à dire qu'au nom de la réconciliation nationale, Amadou Haya Sanogo aura eu sa dose au Mali durant cette transition. Une forte dose qui lui vaut le titre de Guest star des leaders du Mnla-Sud. Ceux-là qui ont pour ambition de mettre ce pays à genoux, en se servant de leur intelligence et de leur position de force du jour. Félicitations mon général, grade mérité. Amplement mérité, vu les efforts. Et veuillez associer à nos félicitations, le Pr président. Comme lui, tout comme vous d'ailleurs et tous ceux qui aiment ce pays, personne n'a intérêt à remuer le couteau dans une plaie béante. Mais, nous sommes tous convaincus qu'aucune plaie ne se guérit jamais sur ses pues puantes.

 

Békaye DEMBELE

 

 

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