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Economie, hélas on ne mange pas les bons chiffres !

Aux dires des spécialistes, l'Economie burkinabè produit de bons résultats. Avec notamment et pour 2013, un taux de croissance positif en prévision. De quoi susciter le satisfécit des institutions internationales parmi lesquelles le Fonds Monétaire International (FMI). Il reste, comme l'a dit le ministre de l'Economie et des Finances, Lucien Marie Noël Bembamba lui-même, que les résultats sont (trop) lents. Inversement proportionnels aux besoins et aux attentes d'une population en nette augmentation.

C'est une croissance assez molle que connaît l'Economie Burkinabè. Autour de 5% ! Mais qui demande à être consolidée sur le long terme par une véritable politique d'industrialisation afin de pouvoir atteindre le seuil d'une croissance à deux chiffres. Et espérer ainsi inverser de façon significative, la courbe de la pauvreté qui touche plus de 40% des burkinabè.

Mais, elle (cette croissance) est tout- de même positive, si l'on en juge par le bilan qui en est fait. Ce qui dénote sans doute des efforts entrepris par le gouvernement en matière de mobilisation et de gestion des ressources budgétaires.

Sauf que pour le citoyen ordinaire qui constate tous les jours l'inflation lui tomber à la figure, contrairement à son pouvoir d'achat qui est en chute libre, la réalité est bien différente de celle qui lui est décrite à travers les courbes et les diagrammes. Surtout s'il est parfois établi que les problèmes actuels sont moins le fait d'une disponibilité en richesses qu' une mauvaise redistribution.

Mauvaise presse

L'on peut ajouter que les institutions de Bretton woods, qu'il s'agisse de la Banque Mondiale ou du Fonds monétaire international (FMI) ont ceci de commun, qu'elles ne jouissent pas d'une bonne image dans les pays en développement.

Programmes d'ajustement structurels (PAS), austérité, rigueur budgétaire et lutte contre toute forme d'Etat providence, privatisations... Ce sont-là quelques étiquettes qui leur sont attribuées.

Et qui ont convaincu à tort ou à raison une bonne partie des populations, que ce qui les intéresse principalement, c'est moins le développement des pays dans lesquels elles interviennent que ceux de leurs mandants.

L'Economiste zambienne, Dombissa Moyo, une ancienne employée de la Banque mondiale, dans un ouvrage au ton très offensif avait rudement chargé ses anciens patrons. Tentant ainsi de démontrer que les actions de la Banque Mondiale, contrairement à ce que l'on avait laissé croire, n'avaient jamais contribué à passer le cap de l'aide. Traduction : l'aide n'a servi qu'à maintenir les pays qui en ont bénéficié dans l'assistanat...

Par conséquent un bon point ou une bonne note attribuée à tel ou tel pays, peut avoir un effet pervers au plan interne. En particulier, et comme cela a été souligné plus haut, si les populations ne ressentent pas réellement les effets positifs de la gouvernance économique et financière dans leurs assiettes et autour d'elles. Mais constatent au contraire que le fossé se creuse sans cesse entre une minorité et une majorité, en l'absence d'une classe moyenne digne de ce nom.

Le Français Dominique Strauss Kahn, dès sa prise de fonction à la tête du FMI, s'était employé à améliorer les relations entre l'institution et les PVD. Conscient sans doute des retombées qu'il y aurait à rendre l'image du Fonds plus acceptable. Mais aussi et surtout en réorientant effectivement ses actions dans un sens moins coercitif que celui que l'on avait l'habitude de voir jusque-là... Depuis son départ mouvementé, un certain naturel semble être revenu au galop.

Juvénal Somé

Lefaso.net

Le Faso

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