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Rencontre ministre de l’administration territoriale- partis politiques

Le secrétaire général du Parena

 

A

Djiguiba Keita, dit PPR

Monsieur le ministre de l'administration territoriale

 

Monsieur le Ministre,

 

Nous faisons la politique il y a longtemps. Moi qui ai plus d'un aîné dans cette salle, mes premiers pas remontent à 1975, à l'occasion de la visite du Président Ahmed Sékou Touré au Mali et de son historique meeting au stade omnisports Modibo Keita du 13 juillet 1975. C'est dire que nous ne sommes donc pas des néophytes.

 

Il y a longtemps que le cadre de concertation des partis politiques ne  s'est pas réuni. Vous avez toujours affiché le plus souverain des mépris envers les partis politiques or, il n'y a pas de démocratie sans partis politiques viables. Sous l'ère ATT nous l'avons dénoncé dès le 25 janvier 2003, aujourd'hui nous le clamons haut et fort à l'entame de la nouvelle ère ATT qui ne dit pas son nom, c’est-à-dire une ère de grand opportunisme où la conviction n'a aucune place. Je voudrais vous demander donc d'avoir à l'esprit que c'est par un coup d'état, c’est-a-dire la plus grande effraction qu'on puisse commettre dans un pays, un crime imprescriptible, que vous êtes là. Donc même si par trahison de la nation et ingratitude envers les patriotes le Président Dioncounda  vous a élevé au grade de Général, comme prime au coup d'Etat et à l'impunité, cela ne change pas les données de ce problème d'illégitimité que vous trainez. Cessez donc d'avoir du mépris ou de la condescendance envers les partis politiques.  Pendant tout ce qui a précédé la présidentielle, vous avez mis une croix sur le cadre de concertation et vous ne nous recevez aujourd'hui qu'après l'injonction de Monsieur Koeunders -patron de l'ONU  au Mali- injonction faite au Premier ministre Django Sissoko. Sinon, comme à votre habitude, c'est depuis hier que nous devrions être informés par communiqué du conseil des Ministres que  vous avez décidé des 27 octobre et 17 novembre comme dates des prochaines législatives.

 

 

Monsieur le Ministre, nous réunir ce matin ne sera donc pas qu'une simple formalité, il nous faut discuter sérieusement de l'organisation des futures législatives. Pour ce faire, nous ne pouvons pas faire l'impasse sur les dysfonctionnements du scrutin présidentiel, les ratés, le cafouillage etc car, comme l'a si bien dit l'Homme politique, «l'arbre de la mobilisation ne doit pas cacher la forêt des imperfections et dysfonctionnements» et des choses à rattraper pour le bien de notre démocratie. Ainsi, Monsieur le Ministre, avant les législatives, il faut que :

 

  • Cesse l'errance des centaines de milliers de Maliens à l'intérieur comme à l'extérieur (Cas des Réfugiés) qui pour chercher leurs noms, qui pour chercher leurs cartes NINA ou leurs bureaux de vote ;
  • VOTENT les électeurs des 475 à 500 villages où il n'y a eu  qu'1 à 5 citoyens pour voter ;
  • VOTENT pour les législatives les 350 mille jeunes privés de leurs droits lors de la présidentielle ;
  • La stabilité revienne dans les circonscriptions du Nord  et qu'on ne se limite pas au seul vote des centres urbains ;
  • Le retour des déplacés internes chez eux soit effectif.

 

Il nous faudra donc du temps pour résoudre ces problèmes, qui ne relèvent plus d'une équipe de Transition empêtrée dans des histoires de marchés et autres. Vous avez assez fait. Laissez nous avec notre nouveau Président, c'est à lui à prendre les dispositions idoines pour une bonne organisation de ces législatives. Et, en tout état de cause, n'eût été le fait que nous soyons absolument dans une république bannière, vous devriez démissionner ou être démis lorsque vous avez commis l'impair de proclamer les résultats avant les résultats. Maintenant que la page de la République bananière est tournée avec l'élection d'IBK, de grâce, rendez le tablier, Monsieur le Ministre ! Ce n'est pas à vous d'organiser les législatives de l'ère nouvelle.

 

 

Pour terminer, on devra tous tenter de résoudre l'équation suivante : comment 300 citoyens Maliens de Bamako peuvent voter en 10 heures, soit 2mn par électeur ? Si 200 électeurs avaient voté dans un bureau de vote cela signifierait qu'il aura fallu 3 mn à chacun. A Titre de comparaison, en France, le temps de vote par électeur est estimé à 4 minutes 45 secondes.

 

 

Bamako, 22 août 2013

 

 

Je vous remercie

 

Djiguiba KEITA/PPR   pour maliweb.net

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