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Tirs partout et de partout sur Mustapha Ben Jaâfar

Par Mansour Mhenni
Les membres des forces de l'ordre chargés d'assurer la sécurité du domicile (Lequel ?) du président de l'Assemblée Nationale Constituante ( ANC ) , Mustapha Ben Jaâfar, ont remarqué la présence d'individus suspects à proximité des lieux, dans la soirée du mardi à mercredi 20/21 août courant. Ils ont été contraints à des tirs de sommation, devant le refus des suspects d'obtempérer. N'en déplaise au directeur du cabinet du président de l'ANC, cette information en est bien une et publiée par le ministère tunisien de l'Intérieur. Donc pas la peine de se rabattre toujours sur les pauvres gens des médias, même quand on manque soi-même une information importante.

En même temps ou presque (en fait le lendemain matin), les élus qui n’ont pas adhéré à l’initiative de retrait de l’ANC, ont tiré directement sur Mustapha Ben Jaâfar, à coup de protestations en manifestant devant le bureau du président de l’ANC et en réclamant la reprise immédiate des travaux de celle-ci. Ils restent cependant partagés entre la revendication du limogeage pur et simple de « l'homme au marteau » et la simple réclamation de la reprise des travaux de l'ANC.

En fait, il faut croire que M.B.Jaâfar semble avoir l'art de se faire tirer dessus, partout et de toute part, de toutes les façons aussi. On a encore en mémoire la large campagne de dénigrement de celui qui a trahi tous les principes déclarés de son parti (certains se demandaient même s'ils étaient ses propres principes) : il y a laissé l'essentiel de sa crédibilité politique même s'il n'a cessé de crier à qui veut l'entendre que son choix d'entrer dans le gouvernement et de faire alliance, en contre nature, était le bon et ce qu'il fallait pour la Tunisie de la « transition démocratique » (sic !).

A plusieurs reprises pourtant, MBJ s'est trouvé dans des contradictions qui auraient dû l'amener à réviser sa position pour respecter sa cohérence et la cohésion de son parti. Il a choisi l'obstination, au prix d'un démantèlement progressif de son équipe, apparemment dans une stratégie calculée d'épier « l'opportunisme différemment agissant » de Moncef Marzougui et Mohamed Néjib Chebbi, ses deux principaux rivaux qui étaient ses principaux alliés d'hier. En tout cas, qu'il en soit ainsi ou non, pour de vrai, c'est l'impression qu'il laisse chez la plupart des observateurs.

Toutefois, après l'assassinat du député de l’opposition Mohamed Brahmi, Ben Jaâfar s'est trouvé devant le constat implacable du « trop, c'est trop » et il a senti la nécessité d'éviter le naufrage absolu de sa carrière politique. Force était donc pour lui de prendre la décision la moins préjudiciable pour lui en cette période de grande contestation de la troïka et de grande compromission de l'avenir de ses constituants, sauf peut-être Ennahdha de façon relative. On connaît la suite : le gel des travaux de l'ANC qui, en soi, peut être perçu par certains comme un moindre mal ; reste à savoir si Ben Jaâfar en tirera le profit escompté. En effet, il a sûrement perdu le soutien de ses alliés de la troïka qui voient en lui un traître à leur cause commune et à leur « gâteau » récemment partagé et pas assez savouré ; mais il n'a sans doute pas convaincu ses compagnons d'hier qui se méfieront toujours de celui qui a trahi une fois et qui pourra récidiver.

Evidemment, en tout politique qu'il croit être, il dira que tout ce qu'il a fait, il l'a fait pour la Tunisie ; mais tout le monde en dirait autant, depuis la nuit des temps, et, comme dirait l'autre, « ce qui est dans le c½ur est dans le c½ur ».

Pour tout dire, Mustapha Ben Jaâfar n'est aujourd'hui que l'illustration à petite échelle de la personnalité des politiques qui se veulent essentiellement comme tels, au-delà de toute éthique, pour autant qu'éthique et politique soit vraiment conciliables, aussi convenablement et aussi durablement que l'exigent l'amour de la patrie, l'intérêt de la société et l'ambition citoyenne.
Par Mansour Mhenni le 22 août 2013

Tunisie Focus

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