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Des résultats de moins en moins rassurants

A ArcelorMittal Annaba (AMA), la situation financière actuelle est de moins en moins rassurante. Le repli des ventes des produits sidérurgiques, se poursuivant à un rythme soutenu, y est pour beaucoup. A peine 18 598 tonnes de produits sidérurgiques - fonte en gueuse, bobines laminées et billettes déclassées - ont pu être placées sur le marché international pour un chiffre d'affaires de près de 7,5 millions de dollars, font ressortir les statistiques officielles, du premier semestre 2013, de la Chambre de commerce et d'industrie (CCI) Seybouse Annaba. A la même période de 2012, la filiale algérienne du géant mondial de l'acier avait fait nettement mieux. Ses exportations s'étaient établies à plus de 25 000 tonnes, l'équivalent de près de 12 millions de dollars. La crise européenne a pesé et continue de peser sur le comportement du marché international de l'acier. Car ce fléchissement, un cadre du complexe sidérurgique l'impute, en grande partie, au surstockage enregistré dans certains pays de la Méditerranée, comme l'Espagne et l'Italie. Partant, la saturation de leurs marchés respectifs n'a pas tardé à se répercuter sur le marché mondial, provoquant un sérieux déséquilibre entre l'offre et la demande avec une expansion vers l'Asie de plus en plus perceptible, la Chine en tête du peloton, en devenant, ces trois dernières années, l'un des plus grands importateurs d'acier au monde. «Ce déséquilibre a poussé les usines les plus performantes vers le quasi-bradage de leurs produits, en vendant au niveau limite de leurs coûts de revient», a souligné notre interlocuteur qui est également syndicaliste. A ses yeux, cette décrue du marché de l'acier n'est pas près de s'estomper et affectera davantage la filière des produits plats, à forte valeur ajoutée, où le mastodonte indien ArcelorMittal détient les plus grosses parts, il est pourvoyeur de 100 millions de tonnes, et où l'Algérie est quasi inexistante. Car depuis la reprise du complexe d'El Hadjar, ses business-plans ont toujours été essentiellement orientés vers les produits longs, à faible valeur ajoutée. En effet, sur le million de tonnes/an d'acier qu'il réalise, bon an, mal an, dans notre pays, les produits plats pèsent à peine 200 000 tonnes. Pourquoi une telle démarche ? Plusieurs facteurs peuvent l'expliquer. Primo : «Si le propriétaire optait pour la révision à la hausse de la production du complexe sidérurgique d'El Hadjar en produits plats, il serait très difficile de trouver des débouchés», soutient le sidérurgiste. En cause : sur le marché européen, sous le quasi-contrôle d'ArcelorMittal et où la consommation est la plus élevée au monde, les besoins en termes relatifs sont suffisamment satisfaits. En effet, argumentera-t-il, fort de ses cinq usines européennes, très performantes, le leader indien assure, à lui seul, 6 à 8 millions de tonnes. Secundo, renchérit notre source, ArcelorMittal Annaba ne peut franchir le cap des 200 000 t du fait de l'inexistence d'industries automobile et de l'électroménager, les deux secteurs qui absorbent une bonne partie des volumes échangés sur le marché international. Tertio : «Le processus de fabrication des produits plats est lent, complexe. Il requiert un savoir-faire particulier et des critères spécifiques au double plan technique et humain afin de garantir une qualité irréprochable.» Des contraintes auxquelles vient se greffer la complexité du système logistique se rapportant au transport des bobines depuis l'usine et leur acheminement vers les clients d'outre-frontières étrangers de la filiale algérienne de l'aciériste indien. Mabrouk Zane, cadre supérieur à la CCI Seybouse et conseiller certifié à l'export, estime que les difficultés auxquelles se heurte ArcelorMittal Annaba pour augmenter ses ventes à l'étranger sont surtout le fait des prolongements de l'impact de la crise mondiale, ils sont néanmoins de plus en plus perceptibles sur le marché de l'acier. La folie, qui s'est emparée des prix depuis le déclenchement de la crise septembre 2008, persiste encore. Le marché crude-steel, matière première entrant dans la fabrication de l'acier, tous types confondus, et dont la production mondiale s'élève à 1330 millions de tonnes, n'a pas pu y échapper. Face à tous ces bouleversements et pour pouvoir les surmonter, un ambitieux plan d'action concerté a tout récemment été mis au point par les pays de l'UE, fera savoir M. Zane. Par ce plan où Lakshmi aura son mot à dire, l'Europe, anticipant une reprise à moyen terme de la demande mondiale d'acier, entend axer ses efforts sur la réduction des coûts supportés par son industrie sidérurgique, notamment ceux énergétiques ainsi que l'accompagnement des restructurations en cours ou à venir. Comme elle ambitionne, ajoute-t-il, de recouvrer ses performances d'avant-crise : 177 millions de tonnes d'acier/an, soit plus de 10% de la production mondiale et pas moins de 170 milliards d'euros engrangés en chiffre d'affaires. «La reprise attendue de la demande mondiale d'acier et la mise en ½uvre de ce plan européen auront inéluctablement des effets d'entraînement sur les activités d'ArcelorMittal Annaba à l'export», rassure le responsable.    

El Watan

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