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- Le réseau algérien de lutte contre le sida ANAA, dont vous êtes le coordinateur veut s'attaquer à la stigmatisation des malades du sida pour une meilleure lutte contre cette épidémie. Quel est votre plan d'action ?   Après un fléchissement du partenariat associatif ces dernières années, nous avons décidé de redynamiser notre réseau pour plus d'efficacité sur le terrain. Nous avons décidé d'opter, dans un premier lieu, pour une mobilisation nationale ce vendredi 23 août. Une quinzaine d'associations algériennes parmi celles spécialisées dans la thématique mais aussi celles d'envergure nationale, en partenariat avec les pouvoirs publics, prendront part à 51 activités de solidarité et de sensibilisation prévues ce vendredi à travers toute l'Algérie. Le tout sous le thème de la lutte contre la stigmatisation.   - Pensez-vous justement que la stigmatisation ainsi que les tabous qui entourent cette maladie participent à la progression du VIH en Algérie ?   Oui, effectivement. Les tabous freinent la prise en charge de l'épidémie. Par exemple, dans nos hôpitaux, parfois le personnel refuse de leur prodiguer des soins ; nous avons rencontré récemment plusieurs cas de ce genre. Il y a parfois des discours religieux qui n'incitent pas à la tolérance. Alors que la lutte contre le sida doit se baser sur un discours cohérent et scientifique. Le discours moralisateur n'a pas lieu d'être. Comment pourrait-on culpabiliser des enfants porteurs de VIH, des personnes infectées accidentellement ? La moralisation de cette question peut être contreproductive et même dangereuse.   - Qu'en est-il de la pénurie de médicaments, récurrente ces dernières années, qui complique la prise en charge des malades du sida ?   Beaucoup d'efforts ont été consentis et ces ruptures sont passagères et contrôlées à présent. Il y a une nette amélioration. Visiblement, le circuit de distribution a été revu. Les gens ne meurent plus du sida dans le monde et la prise en charge médicale ne cesse de s'améliorer. Nous n'en sommes malheureusement pas là en Algérie, où il y a une progression du nombre de contaminations. La qualité du traitement n'est pas ce qu'il y a de meilleur. Il reste beaucoup à faire.