mis à jour le

Tunisie: les islamistes disent faire une concession clé

Les islamistes dirigeant le gouvernement tunisien ont dit jeudi être prêts à négocier avec l'opposition sur la base d'un document prévoyant leur retrait du pouvoir pour sortir de la crise politique qui mine la Tunisie depuis un mois.

A l'issue de pourparlers avec le puissant syndicat UGTT, le parti islamiste Ennahda a admis pour la première fois que le gouvernement actuel pouvait être amené à démissionner mais seulement à l'issue d'un "dialogue national" ayant dégagé une solution consensuelle.

"Ennahda annonce accepter l'initiative du syndicat UGTT (prévoyant une démission du gouvernement, ndlr) comme point de départ pour un dialogue national", a indiqué le parti dans un communiqué.

"Le gouvernement ne va pas démissionner et poursuivra sa mission jusqu'à ce que le dialogue national aboutisse à une solution de compromis qui garantisse l'aboutissement de la transition démocratique et l'organisation d'élections libres et justes", a-t-il ajouté.

Pour l'UGTT, médiateur dans le bras de fer entre Ennahda et une coalition d'opposants, les islamistes ont fait une concession importante.

"Nous savons qu'il y a des difficultés mais des lignes rouges qui étaient dressées par Ennahda ont été levées", a jugé Sami Tahri, un représentant du syndicat.

L'UGTT soumettra "des propositions" du chef d'Ennahda Rached Ghannouchi à la coalition d'opposition, le Front de salut national (FSN), vendredi matin vers 08H00 GMT.

Par ailleurs, le groupe islamiste Ennahda à la Constituante a indiqué avoir accepté de changer des articles controversés du projet de Constitution. L'un d'entre eux, très critiqué par l'opposition, prévoyait qu'aucune révision constitutionnelle ne pouvait porter atteinte à "l'islam en tant que religion de l'État".

Le FSN, une alliance très hétéroclite, a jusqu'à présent refusé le principe même d'un dialogue avec les islamistes tant que le gouvernement n'était pas remplacé par un cabinet apolitique.

"A l'issue de la réunion avec l'UGTT, Ennahda ne prévoit pas de remplacer son gouvernement (...) mon avis, en tant qu'élue du parti Al Massar, est qu'Ennahda tente de gagner du temps, de man½uvrer", a dit à l'AFP Karima Souid, une députée d'opposition.

Les détracteurs du pouvoir prévoient toujours une "semaine du départ" à compter de samedi pour tenter d'arracher, via des manifestations pacifiques, le départ du gouvernement.

Le premier grand rassemblement est prévu samedi à partir de 17H00 GMT (18H00 locale) face à la Constituante, où depuis près d'un mois manifestants et députés d'opposition observent un sit-in. Les 6 et 13 août, les détracteurs d'Ennahda avaient déjà mobilisé des dizaines de milliers de personnes à cet endroit.

Le Premier ministre Ali Larayedh a mis en garde mardi contre toute "atteinte aux institutions de l'État", alors que la contestation a été, excepté quelques heurts fin juillet, largement non violente.

L'initiative de l'UGTT, qu'Ennahda a accepté "comme base" de négociations pour sortir de la crise provoquée par l'assassinat de l'opposant Mohamed Brahmi le 25 juillet, préconise un gouvernement apolitique, le maintien de la Constituante et la mise en place d'un calendrier électoral et d'adoption de la Constitution.

L'UGTT, forte de ses 500.000 membres et capable de paralyser le pays par des grèves, conduit une médiation entre opposants et islamistes pour les amener à accepter de négocier.

La centrale syndicale, qui entretient des relations tendues avec le pouvoir, s'est retrouvée à contrec½ur dans cette position après que le président de la Constituante a gelé les travaux de l'Assemblée en demandant au syndicat d'amener les islamistes et les opposants vers un compromis.

Le gouvernement est accusé d'avoir failli sur le plan sécuritaire face à l'essor de la mouvance jihadiste, mais aussi dans le domaine économique, alors que les revendications sociales étaient au c½ur de la révolution de janvier 2011.

Un premier cabinet dirigé par Ennahda avait déjà été poussé à la démission après l'assassinat d'un autre opposant en février.

Les islamistes considèrent avoir la légitimité pour diriger le pays depuis l'élection de la constituante en octobre 2011 et bien que les travaux de cette assemblée aient près d'un an de retard.

Des dirigeants islamistes ont même estimé que les revendications de l'opposition constituaient une tentative "de coup d'État" modelée sur le renversement par l'armée égyptienne du président islamiste Mohamed Morsi.

 

AFP

Ses derniers articles: Le président égyptien appelle les Palestiniens  A l'ONU, la Centrafrique en crise craint de retomber dans l'oubli  La population de l'Afrique devrait doubler d'ici 2050, quadrupler d'ici 2100 

islamistes

AFP

Egypte: 10 islamistes présumés tués dans un raid policier

Egypte: 10 islamistes présumés tués dans un raid policier

AFP

Algérie: les islamistes dénoncent une fraude massive aux législatives

Algérie: les islamistes dénoncent une fraude massive aux législatives

AFP

Libye: des groupes islamistes s'emparent d'un site pétrolier

Libye: des groupes islamistes s'emparent d'un site pétrolier