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Madagascar: l'élection présidentielle aura lieu le 25 octobre

Pour la troisième fois cette année, la commission électorale malgache a fixé jeudi des dates pour les élections censées sortir la Grande Ile de la crise, mais des troubles et un boycott massif du scrutin sont à craindre après l'élimination des principaux candidats.

Le premier tour de l'élection présidentielle aura lieu le 25 octobre et un éventuel second tour jumelé avec les élections législatives sera organisé le 20 décembre. Il devra départager 33 candidats.

Cette annonce attendue depuis trois mois constitue une avancée majeure dans le processus électoral à Madagascar.

Celui-ci était bloqué jusqu'ici en raison de la présence de trois candidats contestés par la communauté internationale: le président de la Transition Andry Rajoelina, qui avait promis de ne pas se présenter, Lalao Ravalomanana, l'épouse de l'ex-président Marc Ravalomanana, et l'ancien président Didier Ratsiraka. Aucun des trois ne respectaient les critères d'éligibilité. 

Leur disqualification samedi par une nouvelle Cour électorale et l'annonce de nouvelles dates d'élection jeudi ont été saluées par tous les représentants de la communauté internationale à Madagascar.

"Nous sommes contents du dénouement du processus électoral. (...) Nous avons pris ensemble la décision d'établir un nouveau calendrier qui tienne compte de tous les délais légaux", a déclaré Fatma Samoura, la coordinatrice du Système des Nations Unies à Madagascar. 

Elle espère que cela permettra "de sortir de la crise dans laquelle (le pays) est enlisé depuis plus de quatre années".

Mais cette décision ne réjouit pas les candidats éliminés, qui représentaient a priori une majorité de l'électorat, et leurs partisans. 

La mouvance Ravalomanana a annoncé deux manifestations cette semaine pour protester contre l'élimination de Lalao Ravalomanana. Elle a dû y renoncer en raison des examens du baccalauréat en cours à Madagascar, mais a réitéré son intention de ne pas en rester là. Des troubles ne sont donc pas à exclure dans les semaines à venir.

 

Ne pas être totalement exclu du pouvoir

 

"J'espère que la sagesse malgache va continuer à prendre le dessus sur tout ce qui est passion", a prévenu Fatma Samoura, tandis que l'Union africaine a mis en garde "tous ceux qui seraient tentés, pour des intérêts étroits, d'entraver les efforts en cours et de chercher à remettre en cause les décisions prises par la Cour électorale, notamment en portant atteinte à l'ordre public".

Depuis l'élimination de Didier Ratsiraka et de Lalao Ravalomanana, leurs deux mouvances sont privées de leur candidat et leurs partisans déçus risquent de boycotter les élections. 

"Le grand perdant c'est la mouvance Ravalomanana qui a fait une erreur de casting en proposant Lalao Ravalomanana. (...) Mais s'ils ne veulent pas être discrédités davantage en perturbant le processus, la stratégie la plus raisonnable serait d'appeler au boycott des élections plutôt que de créer des troubles", estime Jean-Eric Rakotoarisoa, juriste malgache.

De son côté, Andry Rajoelina, qui n'a pas proposé de remplaçant direct, n'a toutefois pas dit son dernier mot. 

Parmi les huit candidats disqualifiés samedi par la Cour électorale, deux ont porté leur choix sur le ministre des Finances et du Budget, Hery Rajaonarimampianina, un proche de M. Rajoelina.

Par ailleurs, plusieurs candidats toujours dans la course, dont le maire de la capitale Edgard Razafindravahy, sont issus de sa mouvance.

Cette configuration pourrait permettre à M. Rajoelina de ne pas être totalement exclu du pouvoir après les élections.

"Ce qui nous donnerait satisfaction c'est que deux candidats issus de la mouvance Rajoelina soient au deuxième tour", a expliqué Norbert Lala Ratsirahonana, un très proche conseiller d'Andry Rajoelina, dévoilant la stratégie de l'homme qui dirige Madagascar depuis qu'il a renversé Marc Ravalomanana en 2009.

De nombreux électeurs disent avoir été privés de leur choix et doutent que l'exclusion des principaux protagonistes de la crise soit une solution.

"Est-ce que retirer les trois va calmer les choses, je ne le pense pas", estime Noro, une habitante d'Antananarivo. "La communauté internationale a imposé l'élimination des trois et ce n'était pas une bonne idée", ajoute-t-elle.

"Je ne pense pas que les 33 autres soient capables, j'aurais voté pour l'un des deux (Andry Rajoelina ou Lalao Ravalomanana), maintenant je vais voter blanc", ajoute Lalaina, un autre électeur.

AFP

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