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Douala : Une usine d'exploitation de gaz crée des désagréments

En plein c½ur de la ville de Douala est installé un site d'exploitation de gaz. Les procédures déguerpissement et les montants des indemnisations des populations résidentes autour du site d'extraction irritent les organisations de la société civile camerounaise. Une visite sur le site a permis de s'imprégner de la réalité.

Samedi 17 aout 2013, vers 10 heures, le car qui transporte les participants aux cours d'été sur la gouvernance des industries extractives à l'Institution catholique de Yaoundé marque un arrêt devant une grille. A l'intérieur, on remarque aisément des hommes en tenues militaires tenant des armes. Ils jettent un coup d'½il sur les passagers qui descendent du car avec indifférence. Un homme en tenue fluorescente s'approche et lance : « les prises de vue photo et vidéo ne sont pas autorisées. Pas d'enregistrement, pas de téléphone ». Aux femmes, il leur demande de déposer leur sac à main dans le car avant d'ajouter : « Ne faites pas attention la Brigade d'intervention républicaine (BIR). Ils assurent la sécurité du site et ils sont d'ailleurs assez nombreux sur le site ». Selon les participants camerounais, la BIR est une brigade d'élite mise en place pour lutter contre l'insécurité dans le pays. Le chef de la sécurité de l'entreprise, dans un français avec un accent anglophone s'approche du groupe. Il invite les uns et les autres à respecter les consignes de sécurité. « Pour ce faire, laissez vos papiers d'identité pour les enregistrements », dit-il. Le groupe est scindé en deux pour l'accès à l'intérieur de l'usine. « A l'issue de la visite des installations, nous ferons un briefing à tous » ajoute-t-il. A l'intérieur du site, Honoré Dairou, directeur adjoint de l'entreprise conduit chaque groupe vers les installations. Les participants sont stoppés à une cinquantaine de mètres. « Vous ne pouvez pas aller plus loin parce que vous ne portez pas de matériel de sécurité. Cependant, au moindre problème, la sirène se déclenche. Dirigez-vous alors vers la sortie. Nous sommes sur un site de gaz, qui est très sensible. Comprenez nous », a-t-il fait savoir. Il fait signe à un des techniciens qui explique le processus d'extraction. Ce dernier nous apprend que le gaz est extrait à plus de 3 Km. Un filtre permet de séparer le gaz à l'eau et aux hydrocarbures. Le gaz est ensuite conduit dans des citernes à travers les tuyaux vers le distributeur. Du parfum y est ensuite ajouté afin de permettre de détecter les fuites. L'eau et les hydrocarbures qui sont conduites dans d'autres citernes sont enlevées pour être traitées par d'autres sociétés.

La société qui exploite le site s'appelle Rodeo. L'histoire de ce gaz remonte en 1952. Le groupe Shell découvre un gisement de gaz et signe un contrat de 45 ans avec l'Etat camerounais. Shell n'exploitera jamais ce gaz jusqu'à l'expiration de son contrat. En 2009, le gouvernement camerounais attribue un permis d'exploiter de ce gaz à une société britannique, Redeo qui va détenir 95 % du capital contre 5 % pour l'Etat. Ainsi débutait le projet gazier de Logbaba, une zone à forte densité humaine. Environ 60 000 personnes vivent à proximité du site.

Que de « magouilles » dans les indemnisations

Selon Simo Mathieu Djimbissi porte parole des populations affectées par le site, le processus d'indemnisation s'est fait sans le moindre respect des normes. « Un individu est passé évaluer nos maisons sans que l'on soit associé », dit-il. Il poursuit en disant que l'entreprise a débuté ses travaux sans que les populations ne soient informées. Les travaux ont créé des désagréments comme la coupure d'adduction d'eau potable, les nuisances sonores. Et, a-t-il poursuivi : « C'est au mois de d'avril 2013, soit 4 ans après le début des travaux que les indemnisations sont intervenues. Au total, 1 311 797 045 FCFA ont été débloqués par l'Etat pour les indemnisations ». Ces indemnisations ne tiendront pas compte des investissements réalisés sur les parcelles. « Nous avons été déguerpis du site 3 mois après sous la menace des éléments de la BIR. Le préjudice de ce déguerpissement est incalculable », confie M. Simo. « Plusieurs familles se sont vu obligées de retourner dans leur village. Trois chefs de famille ont perdu la vie en un mois suite au stress », fait-il apprendre. Les populations ont adressé des correspondances au président de la République camerounaise, au Premier ministre.... Malheureusement, ces correspondances sont restées sans suite. A l'issue de la visite, les participants ont été informés que les organisations de la société civile comme le Centre pour l'environnement et le développement (CED) se sont intéressé de la peine de ces populations. Elles ont par exemple saisi un avocat qui se chargera d'amener l'Etat à réparer le préjudice matériel et moral causé par ce déguerpissement.

Encadré

Une première « oneshore » au Cameroun

Le projet gazier de RODEO est une première au Cameroun en ce sens qu'il est le premier site d'exploitation de gaz hors de la mer (sur terre). Aucun chiffre n'a été donné à propos de la production annuelle. L'entreprise compte 16 clients et plus de la moitié des travailleurs sont des nationaux.

Bassératou KINDO à Yaoundé

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