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Organisation des prochaines élections législatives : IBK ou les autorités de la transition comme chef d’orchestre?

S’il veut avoir une assise solide sur le pays, lui imprimer sa marque afin de maximiser ses chances de s’octroyer une majorité confortable à l’Assemblée nationale, le nouveau président de la République n’hésitera pas à prendre les rênes de l’organisation des prochaines législatives. Ce qui peut l’obliger à repousser les dates du  27 octobre et du 21 novembre que le dernier Conseil des ministres du 28 août pourrait  entériner. En revanche, si IBK, qui prend fonction le 4 septembre prochain, veut se mettre rapidement au travail, il peut laisser que les autorités de la transition pilotent l’élection des députés. Analyse des deux options.

 

Dans une récente confidence faite au lendemain de la proclamation des résultats du second tour de la présidentielle 2013, le président de la République par intérim, Pr Dioncounda Traoré, laissait entendre que  » la transition n’est pas terminée « . Ce qui signifie qu’il entend encore jouer un rôle dans les semaines, voire les mois à venir. Or, le président intérimaire passe la main à son successeur, le président Ibrahim Boubacar Kéita, le 4 septembre prochain. A priori, le nouveau président de la République doit, à compter de ce jour, exercer pleinement ses prérogatives constitutionnelles.

 

 

Conformément au droit constitutionnel et à la pratique politique, le Gouvernement Diango Cissoko doit démissionner dès la prise de fonction du nouveau chef de l’Etat. Celui-ci a alors la latitude d’autoriser, par décret, le Premier ministre et son gouvernement de rester en fonction pour  » évacuer les affaires courantes «  ou nommer un nouveau chef du gouvernement pour former une nouvelle équipe gouvernementale. Or, il est établi que la pratique démocratique recommande que le gouvernement soit formé en tenant compte de la représentativité des forces politiques dans le pays. Cette représentativité transparaît dans la configuration de l’Hémicycle. C’est pourquoi, dans les vieilles démocraties, le gouvernement est toujours réaménagé au lendemain des élections législatives.

 

 

Etant donné que le Premier ministre doit être issu de la majorité parlementaire (l’alliance des partis qui soutiennent le chef de l’Etat), le président de la République voudra se conformer à cette règle édictée par la Constitution, que le président ATT n’a jamais respectée. Le besoin de changement passe aussi par le respect des règles et principes démocratiques. Dans ce sens et pour ne pas décevoir certains de ses proches alliés, le président IBK sera bien embarrassé de précipiter les choses.

 

 

Toutefois, si le président de la République veut rapidement prendre les choses en main, il peut former un gouvernement et le réaménager le cas échéant après les législatives. Mais, par crainte de devoir remercier certains ministres, qui n’auront fait que quelque deux ou trois mois à leur poste, le chef de l’Etat peut reconduire l’équipe gouvernementale sortante et ne former un nouveau gouvernement qu’en se fondant sur les résultats des législatives.

 

 

Dans le contexte actuel du Mali, IBK est confronté à une extrême urgence dans tous les domaines dans un pays où tout est prioritaire, un pays dans lequel la demande sociale est forte, la soif du changement aussi. Il voudra rapidement prendre les rênes du pays en propulsant ses hommes de confiance sans oublier ses nombreux alliés politiques à des postes ministériels. Mais, en même temps, il n’oubliera pas que qui veut aller sûrement va lentement.

 

 

En outre, il ne sera pas aisé pour le nouvel homme fort du Mali de remercier rapidement les autorités de la transition, notamment le gouvernement sortant au sein duquel l’ex-junte joue un rôle prépondérant, avec près d’une dizaine de portefeuilles. Ayant eu des accointances plus ou moins poussées avec l’ex-junte, IBK ne voudra pas faire preuve d’une certaine ingratitude en congédiant le plus rapidement possible un gouvernement dont les ténors ont pour noms Moussa Sinko Coulibaly,  Yamoussa Camara, Tiéfing Konaté, Abdoulaye Koumaré, Malick Coulibaly, Hamèye Founé Mahalmadane, toutes des personnalités réputées très proches du pouvoir militaire de Kati.

 

 

Par ailleurs, quand bien même le nouveau locataire du palais de Koulouba annonçait récemment n’avoir rien marchandé avec aucun de ses alliés, ceux-ci s’impatienteront de se voir renvoyer l’ascenseur en entrant au gouvernement. On annonce de plus en plus Soumeylou Boubèye Maïga de l’ASMA-CFP comme virtuel prétendant à la primature, Tiéman Coulibaly de l’UDD toujours à la tête de la diplomatie malienne, Bocar Moussa Diarra de l’UM-RDA reconduit à son poste, Ousmane Ben Fana Traoré du PCR comme ministre de l’Agriculture, etc.

 

 

Par ailleurs, répondant récemment à des questions concernant la promotion du Capitaine Sanogo au rang de général de corps d’armée, le président intérimaire disait vouloir décharger le nouveau président élu de certaines tâches afin qu’il puisse s’occuper des nombreuses priorités. Cela veut-il dire que Dioncounda ambitionner d’épauler son jeune frère nouvellement élu à la tête du pays? Se donnera-t-il un rôle de conseiller occulte du nouveau chef de l’Etat avant de prendre sa retraite ?

Le ministre Moussa Sinko Coulibaly, visiblement satisfait de la bonne organisation de la présidentielle a-t-il reçu des assurances quant au rôle qu’il va jouer dans l’organisation des législatives à venir ?

 

Toutes ces questions taraudent les esprits.  Et selon certains proches collaborateurs du nouveau président de la République, IBK n’est pas du genre à être un président fantoche. Il usera de toutes ses prérogatives et dans les meilleurs délais. Pour peu que ce soit dans l’intérêt exclusif du... « Mali d’abord « .

Bruno D SEGBEDJI

Mali Web

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