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Ennahdha et l’UGTT d’accord pour…”continuer le dialogue”

Le secrétaire général de l'UGTT, Houcine Abassi, s'entretient ce jeudi avec le chef du mouvement Ennahdha, Rached Ghannouchi.

Après deux heures de discussion ce matin du jeudi 22 août, dans le local de l’Union maghrébine à Tunis, avec le chef du parti islamiste, la page officielle de l’UGTT annonce que “le mouvement Ennahdha accepte l’initiative de l’Union fédérale tunisienne du travail.” Or le point principal de l’initiative de la centrale syndicale était la dissolution du gouvernement, notamment le changement du chef de gouvernement Ali Laaridh, sauf que il n’en est rien. En sortant de la réunion, Rached Ghannouchi a en réalité déclaré :

Nous avons accepté l’initiative de l’UGTT de continuer le dialogue afin de sortir de la crise. nous a précisé M. Ajmi Lourimi, deuxième homme après Chourou dans le Conseil de la Choura.

D’après un communiqué publié aujourd’hui par Ennahdha, M. Ghannouchi a donné de nouvelles propositions qui seront présentées demain 23 août par le secrétaire général de l’UGTT, Houcine Abassi, à l’opposition.

Les points d’accord essentiels entre l’UGTT et Ennahdha

D’après M. Lourimi, les points d’accord principaux entre l’UGTT et Ennahdha sont :

  • Garder l'Assemblée nationale constituante
  • Accélérer le travail de l’ANC (comité d’experts déjà existant)
  • Garantir des conditions favorables pour des élections démocratiques et transparentes

Cependant, ces point d’accord étaient déjà connus puisque l’UGTT et Ennahdha en avaient parlé dans leurs communiqués respectifs avec quelques petites différences, comme le fait que la centrale syndicale ait demandé que la loi électorale soit préparée “dans un délai de 15 jours” ainsi que l’adoption d’une loi organique pour permettre à l'ANC de valider le comité d'experts.

Pour l’opposition, tout dialogue avec Ennahdha serait vain si le poste de chef du gouvernement reste “une ligne rouge”

En réalité, ce que le chef du parti islamiste a déclaré à l’issue de la réunion de ce jeudi 22 août mettait en évidence “la continuation du dialogue avec l’UGTT“, chose qu’une partie de la composante du Front de salut national, exceptée Nidaa Tounes ( Al Jomhouri, Front populaire et Al Massar) a refusé.

Pour cette partie de l’opposition soutenue par les 60 députés en retrait de l’ANC depuis l’assassinat politique de Mohamed Brahmi le 25 juillet, tout dialogue avec Ennahdha serait vain si le poste de chef du gouvernement reste “une ligne rouge” comme le dit Ennhadha, nous a confié le député Noomen Fehri.

Pour Zeineb Turki, du bureau politique d’Al Jomhouri, “le chef du gouvernement se doit d’être indépendant, compétent et non partisan”. En filigrane, le problème des nominations dans l’administration tunisienne reste un point de divergence avec Ennahdha.

Rappelons qu’Ettakatol, son partenaire au sein de la Troïka, n’a pas pu avoir gain de cause à ce sujet lors de la dernière crise politique sous l’égide de l’ex- chef du gouvernement Hamadi Jebali.

La conversation de Rached Ghannouchi avec les salafistes en 2012, où il leur demande d’être patient avant de s’implanter dans l’administration et de la contrôler, reste encore dans les mémoires et constitue en toute évidence le point noir qui prive les partis au pouvoir et ceux de l’opposition d’un lien de confiance.

Quant au dernier point important sur la dissolution des “ligues” dites de “protection de la révolution”, dont les activités ont été gelées depuis plus de trois semaines, “ce sera à la justice de trancher”, nous a affirmé M. Lourimi.

Ennahdha, pour un gouvernement politique

Les pourparlers pour un gouvernement d’union nationale, et non de “compétences” comme le demande l’UGTT, continuent.

” Ces demandes pas très réalistes qui exigent un nombre de ministères réduit sont irréalisables vu les obstacles administratifs et procéduraux que cela engendre, surtout dans cette période délicate”, nous confie Ajmi Lourimi.

Pour Fathi Ayadi, président du Conseil de la Choura d’Ennahdha, son parti est pour “le maintien d’un gouvernement politique, contrairement à son partenaire à la Troïka, Ettakatol”, a-t-il précisé sur la page Facebook officielle de son parti le 19 août 2013. Les deux autres partenaires de Nidaa dans l’Union pour la Tunisie, Al Jomhouri et Al Massar, sont pour une personnalité indépendante à la tête de l’exécutif, nous confirme Zeineb Turki.

Les partis Al Mahaba (Ex-Al Aridh) et Al Moubadara restent les favoris pour les négociations en cours. M. Lourimi ne nous a pas confirmé si des portefeuilles ministériels ou diplomatiques avaient été promis à ces deux partis.

En attendant l’arrivée de Béji Caid Essebsi, le 24 août !

Les sujets de conversation et accords lors de la rencontre à Paris, le 15 août, entre Rached Ghannouchi, Béji Caïd Essebsi et Slim Riahi (chef du parti Union patriotique libre) n’ont pas été encore révélés.

Je ne peux parler des différentes initiatives et propositions, pour qu’il n’y ait pas de brouillage. Sinon, on attend le retour de M. Beji Caïd Essebsi le 24 août de Paris. a déclaré le 20 août sur les ondes d’Express FM Slim Riahi, l’un des instigateurs de la rencontre du 15 août

En réaction à l’assassinat de Brahmi, qui a ébranlé encore plus la scène politique, les rendez-vous se succèdent entre les tenants du pouvoir, l'opposition, les forces syndicales et les diplomates étrangers (États-Unis et Allemagne) en Tunisie et à Paris.

Par ailleurs, depuis le début du sit-in Errahil au Bardo le 25 juillet, Ennahdha et ses partisans ne parlent que d’une chose : l’Égypte ! (Cf. communiqué d’Ennahdha du 18 août ) Absurde pour certains puisque cela ne concerne pas le pays…

Sauf que le fantôme du scénario du coup d’État militaire contre Morsi hante le parti islamiste en Tunisie. Plus spécialement à la veille de “la semaine de la colère”, initiative du Front du Salut National et qui appelle au départ du gouvernement et la dissolution de l’Assemblée constituante. Cette nouvelle man½uvre tendant à prolonger “le dialogue national”, serait selon certains une manière pour Ennhadha de contrecarrer les manifestations prévues à partir du 24 août.

Nawaat

Ses derniers articles: Peut-on (encore) se passer des banques au quotidien en Tunisie?  En Tunisie, le "plus grand drapeau au monde" ne fait pas l’unanimité  Tunisie-Union européenne: une mise sous tutelle déguisée 

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