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MBAGNICK DIOP, PRESIDENT DU MOUVEMENT DES ENTREPRISES DU SENEGAL (MEDS) Les 5 commandements pour un secteur privé fort, au service d’un Sénégal émergent

Dans le cadre de sa série de rencontres avec le secteur privé national, le ministre du Commerce et de l'Industrie, Alioune Sarr, était hier au siège du Mouvement des entreprises du Sénégal (Meds). Occasion saisie par le président de cette organisation patronale, Mbagnick Diop, pour décliner les cinq mesures urgentes à prendre par l'Etat pour favoriser l'avènement d'un secteur privé fort, au service d'un Sénégal prospère. Une sorte de Nouveau testament du partenariat public-privé, incontournable dans une économie en quête de croissance, pour un pays en marche vers le développement.

1. Etat, tu ne concurrenceras point le privé

«Le commerce ne doit pas être considéré comme une simple activité marchande, sous sa formule classique achat-vente. Mais il doit être vu sous un angle transversal qui intègre dans son fonctionnement tous les aspects de la vie économique et sociale. A ce titre, le secteur privé s'attend à l'élaboration d'une véritable stratégie de politique commerciale réfléchie, pertinente, efficiente, efficace et adaptée à notre contexte local. L'Etat ne doit pas être un concurrent de l'entreprise, mais se désengager de la gestion de certains services publics au bénéfice du secteur privé. C'est d'ailleurs toute la pertinence du partenariat public-privé et nous nous attendons ainsi à une délégation de quelques services publics qui peuvent être gérés par nos entreprises nationales, car elles en ont les capacités managériales et techniques. Cette approche devrait pousser l'Etat à inciter le secteur privé, particulièrement les Pme/Pmi, à se structurer davantage et à investir les zones de l'intérieur du pays où les activités économiques sont encore marginales du fait de l'absence d'un tissu industriel conséquent et de mesures incitatives. Si l'Etat détient la souveraineté politique, le secteur privé a la souveraineté économique. Si l'entreprise ne crée pas de la richesse et des emplois, point d'Etat, car il lui sera difficile, à lui seul, d'assurer le développement social et économique du pays, et par ricochet, l'Etat aura du mal à remplir ses engagements sociaux et politiques. Comme l'un ne peut aller sans l'autre, il nous faut sceller une alliance stratégique sous format gagnant-gagnant pour une bonne gouvernance économique. Car pour qu'une économie nationale soit compétitive, il faut d'abord que ses entreprises nationales restent performantes.

2. Banque, tu baisseras tes taux d'intérêt

«Nous nous offusquons de la tyrannie et la cruauté des «3F» (Financement, Fiscalité et Foncier), qui plombent sérieusement la compétitivité et la survie des entreprises sénégalaises. Ces trois facteurs constituent la clef de voûte pour assurer la performance d'une entreprise, quel que soit son secteur d'activité.
Pour les financements, il y a une exigence de garanties trop élevées par les banques, des taux d'intérêt surréalistes de 12 à 14% qui sont incompatibles avec la nature de nos entreprises, notamment nos Pme/Pmi. Lesquelles font face à une absence de lignes de crédits adaptées à leur spécificité. Il faut noter également le manque d'accompagnement des banques et établissements financiers aux Pme/Pmi. Voilà autant de contraintes qui justifient la mise en place de mécanismes financiers durables et soutenables par les entreprises nationales. Car le développement économique et social de notre pays passe nécessairement par une densification et une extension de notre tissu industriel et semi-industriel en multipliant les Pme/Pmi.

3. Fiscalité, tu seras plus juste

«S'agissant de la fiscalité, nous dénonçons aussi le langage et la complexité du Code des impôts qui, à certains égards, est difficile à comprendre par les entrepreneurs, obligés de se faire accompagner par un expert fiscal, augmentant ainsi les charges de l'entreprise. Face à cette lourde fiscalité, des avancées significatives ont été enregistrées dans le nouveau code des impôts, même si beaucoup de choses restent à parfaire. La fiscalité ne doit-il pas avoir deux finalités majeures pour nos entreprises, à savoir une fiscalité incitative à l'investissement et une autre soutenant la production à l'exportation des biens et services. Sur ce point, nous suggérons que les conditions d'allègement et d'exonération d'impôts en faveur des entreprises soient sérieusement discutées entre l'Etat et le secteur privé national.
En outre, nous demandons à l'Etat de résoudre la question du quitus fiscal qui constitue un réel frein au développement et à l'épanouissement des Pme et Pmi. En effet, plusieurs centaines de milliards de nos francs sont dus aux petites et moyennes entreprises par des structures publiques et parapubliques qui imposent le dépôt du quitus fiscal avant tout règlement de facture.

4. Foncier, tu seras plus accessible

«L'accès au foncier demeure une problématique pour nos entreprises nationales. L'accès à la terre et la sécurisation foncière sont les premières garanties que demandent les entreprises nationales pour se lancer à l'exploitation des filières commerciales d'exportation porteuses de croissance. Mais, en réalité, les Pme/Pmi sont les plus exposées à cette insécurité foncière du fait de leur faible autonomie organisationnelle et de production. Cette vulnérabilité desdites entreprises doit susciter des réformes foncières appropriées, conformément aux directives du chef de l'Etat.

5. Cellule de l'entreprise, tu iras à la Direction des Pme

«La cellule de l'entreprise, logée à l'Adpme, doit être délocalisée à la direction des Pme pour une politique de proximité et pour plus d'opérationnalité. Elle existe depuis 10 ans sans aucun résultat probant. On ne peut pas gérer une structure étatique en regardant d'en haut et gérer les gens d'en bas. Il y a des partenaires qui ne le sont que de nom. Nous avons travaillé sur la loi d'orientation des Pme et cela fait quatre ans qu'on n'a eu aucun contact avec l'Adpme. On ne peut pas prendre des gens pour diriger une structure et snober les acteurs ou les traiter comme des moins que rien. Nous avons investi en prenant des risques. Par ailleurs, nous saluons la mise en place du Fonds souverain d'investissement stratégique (Fongis), du Fonds de garantie des investissements prioritaires (Fongip) et de la Banque nationale de développement des Pme (Bnde). Ces instruments sont une réponse aux préoccupations du secteur privé. Mais nous avons des craintes pour la réussite de ces politiques car les logiques financières et bancaires sont aux antipodes des exigences des entrepreneurs qui subissent des pressions diverses issues du milieu social et politique, mais aussi de la fiscalité et du manque d'encadrement.»

Propos rassemblés par
Mouhamadou BA

Rewmi

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