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Enregistrement biométrique des réfugiés : Le HCR entend raffiner sa base de données

Le centre communautaire de Zogona à Ouagadougou, accueille depuis ce 19 août 2013, les réfugiés et les personnes vivant en asile au Burkina. Objectif, se faire enregistrer dans la base de données du Haut-commissariat pour les réfugiés (HCR).

En collaboration avec la Commission nationale pour les réfugiés (CONAREF), le HCR a entrepris d'enregistrer au moyen de la biométrie, les réfugiés et bénéficiaires d'asile vivant au Burkina. Et les locaux du centre communautaire ont été pris d'assaut ce 19 août 2013. Ce qui laisse présager d'un engouement de la part des populations cibles, pour l'opération qui comporte plusieurs étapes. Et c'est un dispositif assez important, en termes de personnel et de matériel, qui est mis en place à cet effet.

Le scénario de l'opération

L'opération d'enrôlement biométrique des réfugiés connaît plusieurs étapes. Et « comme c'est le début, pour enregistrer une famille, il faut environ 45 mn dans le circuit », a confié Bénédicte Ahawo, chargée de l'enregistrement au HCR/Burkina. « Mais avec le temps, ça pourrait aller plus vite », a-t-elle ajouté.

L'enregistrement concerne tous les membres d'une même famille à la fois. Quand une famille arrive, il est d'abord procédé à la vérification du document de réfugié ou de bénéficiaire d'asile dont elle est menue. L'on s'assure également que tous les membres de la famille sont présents.

Elle est ensuite conduite au poste de vérification d'identité où l'empreinte digitale est prise, après s'être assuré qu'aucun membre de la famille n'est déjà dans la base de données. Si un seul membre de la famille y est déjà, cela constitue un cas de litige qui sera soumis au poste de litige. Et ce matin, le poste de litige a été saisi d'un cas de « couple mixte qui, au moment de l'enregistrement au niveau 2, n'avait pas été correctement enregistré », relevé Peggy Maneng, administratrice principale de protection au sein du HCR/ Burkina. En effet, lorsqu'un couple mixte se présente au niveau de l'enregistrement niveau 2, la personne de nationalité burkinabè doit être enregistrée comme réfugiée.

Les enregistreurs vérifient si toutes les informations sont correctes. S'il y a des modifications comme un enfant qui est passé en classe supérieur, un enfant nouvellement né qui a un document de naissance, on met à jour. A l'occasion, il est également demandé aux personnes de 18 ans et plus, si elles aimeraient rentrer un jour, a confié Mme Ahawo. Et de poursuivre, « si elles disent non, on leur demande pourquoi ; c'est juste à titre indicatif, ce n'est pas faire un rapatriement ».

Après ce poste, la famille passe au poste de besoins spécifiques qui enregistre d'éventuels besoins particuliers. De là, elle passe au poste de santé. A ce poste, on collecte principalement des informations relatives à ceux qui ont des maladies chroniques, aux enfants et femmes enceintes malnutris, à l'état de vaccination des nouveau-nés.

Du poste de santé, elle arrive au poste de contrôle de qualité où on vérifie si toutes les informations sont correctes jusque-là. Les ajustements nécessaires faits, il est procédé à la saisie de toutes les données qui ont été collectées, et la famille continue au poste d'empreintes digitales. Là, on fait la capture et l'enrôlement et on sauvegarde les empreintes à ce niveau.

A l'issue de cela, on imprime la nouvelle attestation qui a une validité de plus d'un an, jusqu'au 31 décembre 2014. Une copie est délivrée à la famille, une autre est classée au profit du gouvernement, et le HCR garde la fiche où toutes les informations ont été corrigées. Le réfugié signe sur la copie du gouvernement, attestant qu'il a effectivement pris son attestation, et est raccompagné à la porte.

De l'utilité de l'opération

Cette opération permettra, à en croire Angèle Djohossou, représentante adjointe du HCR au Burkina Faso, de « raffiner » la base de données du CHR qui pourra désormais mieux cibler les bénéficiaires de ses services. En sus, elle permettra de faciliter déploiement des efforts du gouvernement à l'endroit de ces personnes, a relevé Mamadou Sangaré, coordonnateur national du Conaref.

Quant aux enregistrés eux-mêmes, ils peuvent désormais attendre une meilleure protection internationale, et une assistance multisectorielle qui couvre la protection juridique, la documentation, la reconnaissance du statut de réfugié conformément aux conventions internationales en la matière, la santé, l'éducation, les moyens de subsistance, l'appui aux femmes et aux enfants à besoins spécifiques, notamment les enfants séparés de leur famille et bien d'autres besoins spécifiques. Concomitamment, le HCR s'attèlera à préparer « des solutions durables, en l'occurrence, le retour au pays d'origine », a confié Mme Djohossou.

A ce jour, la population des réfugiés est estimée à environ 49 975 personnes sur le territoire burkinabè ; la planification pour 2013 étant de 50 000 personnes. Bien évidemment, de tels chiffres connaissent toujours des fluctuations tenant entre autres aux cas de naissances, de décès, de l'arrivée de nouveaux réfugiés. Mais la biométrie « permettra à la fin de l'exercice, d'avoir un chiffre beaucoup plus conforme à la réalité », espère Mme Djohossou.

L'opération se poursuivra jusqu'à fin octobre 2013, en principe. Les données recueillies vont être analysées, et les résultats définitifs sont attendus pour début novembre 2013.

Fulbert Paré

Lefaso.net

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